Motus et bouche cousue

Mots jetés à tout vent, mots libres, tout simplement.

06 juillet 2006

Oui, mais avant...

Déshabille-moi.
Dépouille-moi du coton et de la soie, du nylon et du chanvre.
Je ne sais même plus ce qui me recouvre d'oripeaux.
Tu sauras arracher ceux qui rayent ma peau.
Démaquille-moi.
Dissous mes mensonges et mes faux-semblants.
Frotte les couleurs de mes artifices et le masque de mes principes.
Tu trouveras dans quels replis secrets passer le savon noir.
Dépouille-moi.
De ma pudeur, de mon impudeur. Doucement surtout.
Tu trouveras alors ma nudité.
Ouverte pour toi en bractées colorées, en coeur parfumé.
Découvre-moi.
De tes doigts légers que tu sauras retenir de leur impatience.
Prends mon empreinte à la paume de tes mains.
Tu me sculpteras de frissons, tel un enfant qui modèle un bloc d'argile.
Je me glisserai dans la forme de notre désir.
Et tu lisseras, de ton doigt mouillé de salive, mes aspérités.
Aime-moi.
De ton corps voilé de sueur salée.
De ta bouche affamée, de ta langue assoiffée.
De ton sexe, impatient de sa force jaillissante.
Parle-moi.
Parle à ma nudité impudique, pour ne pas effrayer mon intimité.
Aime-moi de mots de volupté, de mots insensés, pour moi seule.
Que le souffle de ta voix me couvre de musiques.
Je serai ta clé de sol et danserai les yeux fermés sur les lignes de la partition recréée.
Papillon envoûté par le parfum que tu feras éclore de tes murmures mauves.

lilas_et_papillon

Merci Mandraxx, pour cette belle photo.

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22 juin 2006

Tourneboulée

Il y avait mes sens, tourneboulés au frais vin blanc. A peine sucré. Et le chèvre frais pour tapisser le palais. Avec le pain au parfum de levain.
Et ma peau qui crépitait de vouloir être mise à nu. Et qui frémissait d'imaginer sentir le vent doux de ton souffle lui croquer le plaisir, de deux lèvres humides. Et mes cuisses qui s'écartaient en lancements aigus de se loger autour de ta taille. Puis mes hanches qui dansaient un air de samba dans le brouhaha, en ondes profondes.
Il y avait le comptoir du petit bistrot, au coeur de la halle du marché. Et le brouhaha et le parfum d'abricots. Et les gouttes condensées qui retombaient sur le bois. Oui, sers moi encore un autre verre à boire. J'ai soif de cette sensualité qui oublie la raison.
Et ma langue qui se frottait au palais, possédée de vouloir écarter ta bouche et s'humecter de ta salive. Et mes mains qui pétrissaient ta taille, sans frémir d'une seule phalange.
Il y avait les vélos enchaînés et mes sens en déroute qui pédalaient au bord de la route. Les pieds appuyés sur les pédales, et tes fesses qui chaloupaient en mouvements ordonnés devant mes yeux qui pétillaient. Du haut en bas tu t'élançais, et mes reins se creusaient.
Il y avait mes sens.
Et ma décence.
Qui m'interdisait de te culbuter sur le comptoir de bois.
Parmi les gouttes d'eau qui suintaient des verres de vin blanc bien frais.

chagall
Chagall

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20 juin 2006

Grain de feu

Je t’ai perdu au détour de mes errances.
Tu t’es décollé des saveurs douces de mes désirs, et ma langue cherche le goût de poire verte de ton souvenir. Mes mots partis en lambeaux rayent le nuage noir de ton absence. Et mes bras impuissants broient le souffle perdu de ton plaisir disparu.
Je me suis perdue aux contours de ta vie.

La nuit dissout mes murmures qui s'offrent à toi.
Quand la lune éclaire en halo perlé la voûte parsemée de ma peine, quand les feuilles perdent leur nervures et ne sont plus que formes pleines, quand la nuit noire étouffe la couleur, pourquoi n’es-tu pas là ?
Le jour aveugle mes soupirs qui déchiraient le silence.

Dans mes rêves aux parfums sucrés, ma bouche est en feu de ce grain de piment oublié.
J'attends la lame de tes désirs, qui fendrait ma chair lisse, pour en découvrir le coeur brûlant. J'attends ta main qui détacherait un à un les grains blancs de mes humeurs moroses. J'attends.
Mes nuits sont lourdes du parfum enfui de mes rêves.

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14 juin 2006

Cède, gratis

Pas à vendre, gratis, je vous le dis ! stock inépuisable de baisers.
A céder, en troc, au kilo, bon poids, sans bulles d'air. A pêcher à l'épuisette ou à la cane à pêche, au filet aux papillons. Les téméraires les saisiront à pleine bouche, les timides du bout des lèvres.
Livraison assurée pour les handicapés des sentiments. Et aux fâcheux aux lèvres pincées qui ne savent ni donner ni prendre. Choisissez dans la catégorie qui vous plaît ; classement aléatoire, fouillis à provoquer, les étiquettes se sont décollées, à vous de chiner. Allez-y, c'est jour de marché.
Baisers froids, du bout joint de lèvres serrées. Pour collectionneur chafouin seulement.
Baisers sucrés pour gourmands de cristaux de sucre à pourlécher. Attention, l'excés est recommandé.
Baisers salés aux amateurs de goût de larmes séchées. Pour marchands de mouchoirs de lin.
Baisers voluptueux. Réservés aux plaisants en devenir.
Baisers mouillés de salive, aux amants féroces, soyez prudents ils déclenchent l'addiction.
Baisers saphiques, de femme à femme. Non, messieurs, vraiment non, ils ne supportent pas les joues à raser.
Baisers claqués, pour les avocats en divorces.
Baisers envolés, pour les tisseurs d'amours lointaines. Une ancre est également disponible au stand. 
Baisers murmurés. Attention, le téléphone est l'accessoire indispensable.
Baisers dessinés, pastels, craie ou encres, pour doigts émerveillés. Prévoir cadres et sous-verre.
Baisers smackés, joues enfantines ne pas s'abstenir.
Baisers en langues enjouées, pour amants entreprenants. Cours du soir préconisés pour les débutants.
Baisers volés, mais chutttt, il ne faut pas dire que vous les avez trouvés, chipez les.
Baisers papillon du bout des cils. Mesdames, évitez le mascara.
Baisers interdits, qui enflamment la bouche comme piment adoré. Pour adultes avertis.
Baisers familiers, réservés aux coeurs fatigués.
Baisers fruités, accompagnés de Jurançon, domaine de Cauhapé, ballet d'octobre, 2003.
Baisers exotiques, du bout de nez inuit. Enrhumés, fouillez plus loin.
Baisers sempiternels, à emporter au travail. Stock inépuisable, sont comme neufs, juste poussiéreux d'ennui..
Baisers langoureux. Public averti, une certaine sensualité est préconisée.
Baisers passionnés. Attention, ils sont brûlants, mais...je vous laisse les découvrir...
Ses baisers. Si vous les trouvez, soyez gentils, rendez les moi. Merci. Ils ne sont trésors que pour moi, vous le savez bien.

le_baiser__picasso__1925

Le baiser, Picasso, 1925

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02 juin 2006

Volupté

lysanthium

Les volutes en dentelles,
de ses sens indécents
elle...

se déshabille le coeur
et dévoile ses rondeurs
elle...

s'offre du bout des yeux,
se froisse à la pulpe du doigt,
elle...

ose, toute poudrée de rose,
son teint enfin velouté,
elle...

...
n'ose
non
...

elle n'ose se parfumer.
...
Virginale affriolante,
sa pudeur exquise veut,
aux seuls papillons,
offrir la volupté.

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21 mai 2006

Lascive à Pise

A Pise, la belle tour se penche à la recherche du sol. Où se reposer.
A Pise, il y a une belle lascive, dans une cour ombragée, près d'une fontaine.
A Pise, cette racine qui m'a touchée d'une pensée pour ...

Pour Toi, qui me disais ; "regarde les arbres, les amoureux y voient des formes que nul ne perçoit."

racine_lascive_de_pise
Photo Berlioz

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18 mai 2006

Prends

Délaisse les heures qui se secondent.
Saisis le temps, doux écoulement d’ondes
Impalpables grains de sable
Source indéfinissable.

Prends mes mots qui s'y déposent
Ne crains rien et ose.
Ecailles déchiquetées
Blessures émiettées.

Ouvre tes bras, saisis-moi.
Et provoque mon émoi.
Le désir nous embrase
Tel un voile de gaze.

Range tes remords et tes regrets
Savoure ce moment sucré.
Le temps s’oublie en délices
Le temps est l’émoi que tu tisses.

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11 mai 2006

Ce n'est qu'une vague...

Je voulais t'écrire les mots bleus de la mer. Et ceux friables des pâtés de sable. Je voulais te caresser d'écume si douce, et te chanter le coquillage en collimaçon.
Et j'ai cherché au fonds de moi cette douceur étrange qui s'en fût, qui s'enfuit.
Je voulais te dire les mots soyeux en volupté suave. Et déposer le brûlant sur ta langue qui enflammerait ton corps. Je voulais te surprendre de mes hanches polies comme galets, et de mon goût salé.
Mais j'ai creusé le puits de mon coeur, sans atteindre le fonds où se cache ton écho.
Je voulais te parler les mots passion de Rimbaud. Et le vieux françoys de Villon. Même te lire Cohen ou te bercer des parfums  de ce temps perdu.
Puis j'ai reposé, sur la plume de l'oreiller, la source brûlante qui s'y enterre.
Je te dirai, tu sais, je te dirai, de ma langue, la parole retrouvée. Mais que j'ai oubliée, quelque part, entre Toi et Moi.

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02 mai 2006

Cadeau empoisonné

Je t'offre...
ma peau en soie froissée
mais pas le fer à repasser.
Je te donne...
mes cicatrices débiles
si indélébiles.
J'ai caché...
au creux de mes mots
tous mes maux.
Je te les offre,
à découvrir sous leurs papiers violets,
aux couleurs si gaies.
Je te les donne,
à lisser de tes doigts dont la pulpe douce
laisse l'empreinte de tes pouces.
Je me suis découverte...
de ma peau qui frissonne
de mes mots qui résonnent.

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29 avril 2006

Neptune

Libertinement inspirée par « Testostérone émoi » de Y. Jamait
Il me parle d’Océans et de courants…
...je ne pense qu’à ta chute… de reins.
Méditerranée, Atlantique, Eole…
...je te l’avoue ? je m’en fous….
Il termine ses phrases par « tu vois ? »…
Mais oui, je vois ! tes fossettes au creux de ses reins. Et tes fesses si joliment pommées. Cela en devient lancinant.
Je réponds poliment « humm humm », clignant des yeux pensivement, rêvant de polir tes courbes. C’est pas ma faute, c’est mon instinct biologique. Guidée par mes hormones, mon oestradiol. Femme-guignol, aux sangs-interdits homonaux.
Il me parle de gravité, de marées, de flux ma-rins…
je ne rêve que de tes reins. Sont-ils aussi creusés quand tu te tiens penché ?
Il discoure de titans antiques, s’empare de pieuvres géantes de légende.
Je suis du regard assoiffé la ligne creusée, et les délices promis des vallons sculptés. Vite, les lèvres ouvertes au jet de la fontaine. Oublier la langue qui se colle au palais. Oui, tu disais ? Non, laisse-moi d’abord m’abreuver.
Pardon ? tu me parlais ? des naïades ? est-ce un nom d’hormones ? ta testostérone en émoi et moi ? et moi ? non ?
Laisse moi me creuser sur ton dos, je t’enserrerai de mon oestradiol qui m’innocente. Laisse moi devenir la wonderbra de ton torse à galber de mes mains. Laisse moi agrafer ma peau à tes muscles si lisses. A tes fesses en délices.

neptune

Posté par Mouette rieuse à 13:06 - île des sens (24) - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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