Mon fils,
je sais, je sais, quand on a deux fils et deux filles, il est parfois difficile de savoir duquel on parle...
Mon ado-fils,
tu as 17 ans. Depuis trois ans, tu mènes tes études au lycée de façon à atteindre ton but.
Depuis un an et demi, tu tisses avec ta demoiselle de coeur une histoire belle et forte.
Des écoles que tu avais choisies pour tes études à venir, tu viens d'avoir les résultats. Tu es admis à ton premier voeu, l'INSA (Institut National des Sciences Appliquées) à Toulouse. Ce qui va te permettre de rester encore parmi nous (ce que tu souhaitais), et pas loin d'elle (ce que tu désirais). Tu peux être fier de toi, et d'elle aussi. Parce que tu as su faire des choix, et qu'elle a su ne jamais te demander d'y renoncer, puis te donner les moyens de les réaliser.
Tu sais aussi que j'aurais eu beaucoup de mal à gérer deux enfants en études supérieures si tu avais du partir loin d'ici, et je sais que tu as tenu compte de ma situation. (Mais j'y serais arrivée, tu le savais aussi ! )
Ta grand-mère n'a pu résister à me parler de ton grand-père, dont tu as hérité du caractère et de la volonté. Ton fameux Papy-Robert ! C'est vrai, je sais qu'il aurait été fier de toi, surtout avec ta spécialité en physique ; le seul petit-fils à avoir eu ce même penchant que lui. Quelle tête de mule celui là ! Quand il avait 16 ans, son père a voulu le faire rentrer comme cheminot... son sang n'a du faire qu'un tour, tel que je le connais ! Il a donc décidé de se prendre en main. Et a réussi, bien évidemment. De la seconde, il est passé en terminale, zappant une année, et a réussi les deux bacs tentés. Non, il n'était pas surdoué, juste diablement intelligent et doté d'une volonté de fer. Voilà, c'est aussi ton histoire, cela.
Même si ton caractère bien trempé me flanque parfois de la flotte dans les yeux, je me dis que c'est ta façon de m'aimer que de vouloir me remuer un peu trop fort !
Bonnes vacances, fils, en compagnie d'elle. Profitez-en bien... l'an prochain une année bien remplie t'attend !
Et dans ma cuisine le fait-tout bouillonnera de ton plat préféré... des pâtes... encore des pâtes... toujours des pâtes...
Tient, il faut que j'aille faire du pistou, le basilic est magnifique ! Je vais en congeler, et aurais une pensée pour cette note là, quand tu en mettras une grosse cuillérée dans ton assiette, tout en râlant contre tel ou tel prof....