29 juillet 2006
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22 juillet 2006
Echouage
On se reverra bientôt, juste après que j'ai séché le dernier point
de suspension. Je pointille mes vacances. Petits points qui me déposent
sous des pins, juste entre le bassin et l'océan.
Je n'ai rien
oublié ; j'ai la crème solaire et les bouquins. Le papier, le crayon,
les enveloppes et les timbres. Les serviettes, les tampons, les
maillots, les tubas. Les sandales plastiques, l'appareil photo et le
chargeur de batterie. La gomme. Le pull et le ciré.
Je n'ai rien oublié, j'en suis sûre.
J'aurai
pour vous des pensées salées, des bouffées d'air iodé, des algues et
des coquilles d'huître. Des grains de sable dans les chaussures et la
résine des pins sur la voiture.

Merci Nadaiya pour ton tableau échoué sur cette p(l)age ...il y a même le bon nombre d'oiseaux !
21 juillet 2006
Masque
Rien n'a changé. Rien. Il n'est pas le premier.
Juillet 2005
Il y eut Naja, mon ami de correspondances, qui écrivit, il y a un an...
"J'ai lu. Consterné. Si cela vous aide à vivre de faire flamber vos
douleurs aux vents publics, alors bon ; c'est vous et chacun fait ce
qu'il veut/peut de soi."
Octobre 2005
Il y eut ces mots que j'écrivis, après, le temps de moins souffrir
(...) il ne voyait donc
pas ? Non, bien sûr, il ne pouvait pas voir. Elle le savait bien. Que les mots étaient pour lui du superflu. Il ne voyait
pas qu'elle rétrécissait de son silence.
Qu'elle se perdait dans un monde où elle aurait tant donné pour des
mots, même inutiles et faux. Des paroles qui ne l'auraient pas renvoyée
dans son imaginaire. Là où des femmes se font payer pour que des Hommes
les fouillent.
En silence.
Le silence, en cadeau à s'offrir, en espèces sonnantes. Regarde, je te prends et te paye en silences. Ta valeur est ailleurs. Pourquoi un dépot de mots doux ? Pourquoi pas de mots de peau ? Douce. Mots-dépots. Dépotoir.
Ils ne te suffisent donc pas ? Mais que veux-tu d'autre ? Être rassurée
? En dégoulinements de mots mielleux ? C'est cela que tu veux ?
Elle secouait la tête, disait non. Que dire d'autre ? Allait-elle
poursuivre toute sa vie cette quête insensée ? Se donner en patûre pour
quelques âneries qu'elle serait seule à croire vraies. Elle le savait
bien que certains avaient entendu l'écho de cet abîme de silence, avaient ouvert la brêche, l'avaient
emplie de mots-doux. Pour rien. Rien que son sourire qui les
éclaboussait alors ? Troc stupide et vain. Elle bradait son bonheur.
Elle se bradait. (...)
Juillet 2006
Neuf mois, comme pour mettre au monde un enfant. Neuf mois, pour que je me retourne. Et relise les mots anciens.
Ouvrir ma messagerie et y lire les mots reçus aujourd'hui.
Des mots d'un, d'un en qui je croyais.
C'est
con, d'avoir mal comme ça. C'est con d'avoir ce besoin viscéral
d'écrire. Je croyais être à nu ici. Je croyais être sincère, je vous
l'assure. Mes mots doivent m'habiller bien plus encore que ma peau..
"Je ne regarderai plus ton blog où tu confies "à tout vent" tout ce que
tu vis. Je n'aime pas du
tout ce jeu de masque avec ton public"
Merci de ne pas commenter cette note.
Si vous voulez m'écrire, faites le par mail, s'il vous plaît.
Par
respect pour la personne qui, même si elle n'ira plus sur ce blog, a
malgré tout le droit de ne pas être exposée davantage que par ses
mots que je lui ai volés, pour les écrire ici.
Valises pour eux
Pieds ; Elle a oublié, encore une fois !
Mains ; oui, on sait, on a vu, ça nous concerne aussi, mais bon, qu'y faire ?
Pieds ; un jour, on se vengera.
Mains ; vous avez une idée ?
Pied gauche ; pour l'ongle incarné, j'arrête pas de le dire à Droit, mais il ne veut pas.
Pied droit ; mais t'as qu'à le faire toi même, non mais !
Pied gauche ; Elle est droitière, donc Elle appuie davantage avec toi, c'est à droite que ça portera ses fruits.
Pied droit ; les "fruits" d'un ongle incarné... bêêêrk, tu me dégoûtes !
Leucocytes ; un peu de respect pour nos morts, s'il vous plaît. On se tue à la tâche pour éviter le pire.
Pieds ;
c'est vrai, excusez nous, on vous en fait voir, hein ! avec sa manie de
marcher pieds nus ! Entre les débris de verre et les agrafes qui
traînent....on s'en ramasse plein la plante.
Mains ; oh, et en ce moment Elle jardine
à la sauvage en plus, heureusement que Leucocytes sont en pleine forme,
parce qu'il y a plein de cochonneries qui passent ! Tenez, hier soir,
Elle a voulu rempoter quelques cactus.... Pfffft, Elle a compris, pour
les épines !
Yeux ; ah, ça, Elle nous a mis des
loupes devant et à la lumière rasante les doigts... Une heure pour enlever tous
les trucs quasi invisibles fichés dans la peau....et Elle n'a même pas désinfecté après ! Au fait, Pieds, c'est du désinfectant dont vous parliez, au début, pour la valise ?
Pieds ; mais non, ça Elle l'a pris, Elle part avec les enfants. On parlait des limes, polissoirs, des trucs pour nous râper la corne, nous faire beaux, quoi !
Ongles ; et du vernis, hein, faites lui penser au vernis ! Pourquoi toutes les Elles ont des jolis ongles et pas nous ?
Yeux ; vous n'avez pas de chance... pour nous Elle a pris le Kôhl et le crayon vert. On aime quand Elle nous fait tout maquillés ! Pourtant ça prend pas longtemps, c'est vrai qu'Elle pourrait s'occuper de vous, mes pauvres choux.
Poils ; et la pince à épiler aussi Elle y a pensé ! Les mouettines vont devoir s'occuper de la broussaille de Sourcils.
Sourcils ; ça fera pas de mal, parce qu'avec la presbytie, Elle en oublie la moitié....
Elle ; c'est pas un peu fini les messes basses ?
Ego ; ne les grondez pas, c'est pour votre bien-être. Pour que vous soyez encore plus ... enfin... rien ....
Elle ; encore plus quoi ? Tu peux préciser ta pensée ?
Ego ; ben....
Elle ; séduisante ? Il faudrait que je plaise par mon apparence, monsieur Ego ?
Ego ; je vous en prie, Elle, cessez de parler de vous comme si....
Elle ; comme si quoi ? Tu veux des adjectifs pour pouvoir terminer tes phrases ? Aigrie, amère ?
Ego ; ça promet les vacances, ça promet....
Elle ; mais non, allez, je suis vilaine. Efface, va. Et les autres, là, les Pieds, les Mains.... regardez.... j'attrape la râpe et le polissoir, vous êtes contents ?
Pieds, Mains ; merci, Elle ! Vous penserez à vous en servir, hein ?
20 juillet 2006
Cachette de saison
Avant la fin de l'été... avant.
T'en fais pas, va, ça va passer. Mes reniflements et mes yeux décomposés. Je vais la décaper, la mélancolie de mon regard, comme tu frottais le trait de crayon noir qui cernait mes paupières.
Ne t'inquiète pas, c'est du blues, tu sais bien que ça rend l'âme triste de l'écouter dans la nuit. L'été. Je vais éteindre ça, vite fait.
Non, je ne te dérangerai pas, va. Ne te téléphonerai pas. Ne t'écrirai pas. Mes paroles sans voix, juste ici, pour les autres, pas pour toi. Comme ça, tu ne sauras pas le ver qui ronge mon aubier des mots.
Mais je t'écrivais, avant.
Les feuillets noircis ont été passés sous l'orage. L'encre a fait des rigoles. Tu vois, je rigole. Tu es rassuré ? C'est bien. Je vais bien. Bien sûr. Pourquoi voudrais-tu que je sois mal ? Parce que je me tais ? Mais non, regarde, j'ai les mots qui crient ! Hi hi ! Comment ? tu me trouves amère et acide ? Le soleil me mûrira, va, je le sais bien. Tous les fruits mûrissent, même les poires dont j'aime tant la verdeur. C'est l'été de ma vie. Et je hais les hivers.
Je t'écrirai en automne.
Quand je serai bien vieille le soir à la chandelle... je relirai encore ceux qui m'ont portée dans leur poésie écartelée de leurs vies. Et j'écrirai. Des mots tremblants et doux comme mes cheveux blancs. Je tracerai des sillons tendres comme des rides, peindrai à l'aquarelle pour tout estomper. Quand je serai vieille et que je serai fatiguée. De me cacher d'avoir mal.
Avant. Quand je ne savais pas les hivers.
