13 juillet 2006
Encore et encore
Cela avait
commencé après qu'il ait croqué sa chocolatine. Il s'était arrêté de
mâcher, avait passé sa langue sur ses lèvres, pour en suçotter les
miettes, l'avait regardée et n'avait pu se contenir. Elle en trembla des pieds à la tête. L'instant fut bref et intense.
Quand elle reprit ses esprits elle lui resservit un café. Qu'il but en souriant.
Il l'obligea à se glisser dans son habit de cuir dont l'odeur était si pénétrante sur sa peau échauffée.
Il
l'empêcha de se bouger, l'attachant à sa taille. Elle tremblait un peu.
Pas de peur, elle avait confiance en lui, comme un enfant qui croit que
la vie ne peut être dangereuse... Elle se laissait aller aux mouvements
souples qu'il maîtrisait parfaitement, soudant son bassin au sien. Quand il
s'arrêta brutalement, sans crier gare, elle eut un sursaut. Il la força
à ouvrir les yeux pour qu'elle voit leurs corps enlacés dans le reflet.
Ils étaient beaux, il avait raison.
Puis elle reprit ses esprits. Il lui tendit un verre, l'obligeant d'un sourire à boire jusqu'à la lie.
Il
la déposa dans un champ, parmi l'envol des papillons. Dans l'air
brûlant, les jets puissants des arrosages automatiques accompagnaient
l'éclat chuchoté de leurs voix. Elle tentait de se contenir ; elle
avait les pommettes rougies de ...encore.... Elle voulait se reposer un
peu. Dormir, dans les herbes parfumées. Mais il l'en empêchait.
Quand elle reprit ses esprits ils surent qu'ils avaient faim.
Ils
mangèrent, avec les doigts, sans se soucier du lieu, des regards
obliques des passants honnêtes. Puis repartirent, rentrèrent dans la
maison. Il lui conseilla de se dévêtir, enfin, et de ne voiler sa
pudeur que d'un bout de tissu noir. Il avait choisi pour elle. Le noir.
Celui qui la protégeait le mieux. Elle sourit de son attention.
La
soirée avançait, masquant les reflets étincelant de l'eau de la piscine
en miroir du soleil. Elle trempait ses chevilles dans l'eau fraîche. Il
fendait la masse bleue en poisson-chat. Évitant le robot qui continuait
ses va-et-vient sans se soucier de lui. Elle était envahie, apaisée,
heureuse. Elle le regardait, il la regardait.
Leurs yeux brillaient d'envie de recommencer.
Encore et encore.
Ils l’avaient fait toute la journée.
Leurs corps à l’unisson.
Alors ils recommencèrent.
Encore et encore.
À faire l'humour.
Ils avaient secoué leurs corps d'éclats de rire.
Ils avaient secoué leurs corps des vibrations de la route, sur la moto, tout de cuir vêtus.
Et ils recommencèrent.
Encore et encore.
Merci monsieur bloggueur qui avez croisé ma route ce week-end.
Vous avez fait revivre un côté de moi que j'avais oublié au fonds de mes cartons de mots.
09 juillet 2006
Enchantement cucurbitacéen (en forme de conte)
Le petit garçon pleurait au bord de la piscine. Bon, s'il pleurait, c'est aussi parce qu'il était un sale gosse, mais dans les contes, ça ne se dit pas; il faut laisser place au rêve. Tenez, vous n'avez qu'à imaginer qu'il était pourvu d'une horrible belle-mère malfaisante, ou de poil au nez, si ça vous arrange.
Soudain, dans un slurp terrifiant, son parrain, Jack l'enchanteur, apparut. Dans une gerbe d'eau salée (ben oui, de nos jours les piscines sont à filtration au sel, faut vous adapter, et je vous rappelle que le petit garçon était au bord d'une grande flaque au liner bleu.).
"Qu'y a-t-il, ptit caillou ? (vous avez vu comme il est gentil, son parrain ? ) Faut pas pleurer comme ça, tu sais, moi je suis là...(oui, l'enchanteur aimait beaucoup Daniel Guichard)."
Entre deux sanglots le petit garçon lui hoqueta qu'il serait sympa de la lui refaire (son arrivée dans un slurp terrifiant) avec un arrangement de Poppa Chubby, que vraiment ce serait mieux, mais que, bon, il voulait bien aussi savoir pourquoi il s'était dérangé, le parrain.
Là, vous avez bien compris que je vous raconte l'histoire d'un sale gosse, mais vous gardez ça pour vous, hein ! On ne sait jamais, il y a peut-être des enfants qui me lisent.
Jack l'enchanteur prit alors son tuyau magique, celui qui faisait des tours et des détours au fond de la piscine, et parfois aussi au-dessus, quand il avait envie d'entendre les gens à la peau brûlante de soleil hurler de se faire arroser. Donc, disais-je, Jack prit son tuyau magique et dit au petit garçon (qui reniflait de façon pourtant dégoûtante, mais quand on est parrain, hein, on ne fait pas attention à ça, hein ! );
"Tu n'as qu'à faire un voeu, et hop, je te l'exauce d'un coup de tuyau. Elle est pas belle la vie ? "
Sale Gosse regarda Jack comme s'il avait vu Batman avec des protection rollers sur les genoux. Bref avec des yeux très très étonnés.
"Z'y va, maladie, t'as pris un coup d'chaud ou quoi ? Un voeu, tu l'veux le voeu ? Ok, j'te le fais. Alors, là, avec ton tuyau, tu m'en transformes mon Vtt en Gros cube, méga vibrant, maxi cm3.OK ? Et tu m' fournis l'casque, hein, et les protections. Faut pas croire, hein, j'suis pas fou. J'veux être le Batman du bitume, moi. Alors, qu'est-ce t'en dit, avec ton tuyau, parrain ? "
Jack l'enchanteur faillit flanquer un coup de tuyau sur la tête du morveux, mais il se souvint qu'il était dans un conte, et il sourit de toutes ses 31 dents. (ben oui, on venait de lui en enlever une, de dent, et ça le contrariait drôlement. Mais bon, le règlement édicté par le GrandNico du royaume des emberlificoteurs interdisait qu'il utilise son tuyau magique pour lui.) Donc, voila, il avait 31 dents. Et ça ne l'empêchait pas de sourire, même s'il n'avait pas appris quand il était petit.
Il attrapa donc le premier cucurbitacé qu'il vit dans un saladier émaillé du meilleur goût, et lui éclata presque les rondeurs d'un coup de tuyau. Et soudain, dans une gerbe de... rien, merde alors, il y avait eu un bug dans la magie. Hop, sous les yeux émerveillés du petit garçon....qui bégaya...
"Z'y va ! Z'y crois pas..."
Jack l'enchanteur prit ces quelques mots pour un compliment. Et il avait raison. Mais il n'eut pas le temps d'expliquer à son filleul les consignes qui vont toujours de pair avec les voeux qui se réalisent au bord des piscines. Dans un vombrissement terrifiant le mioche filait déjà sur la route.
Il aurait du attendre un peu. Vous le savez bien, vous, qu'à minuit, quand le douxième coup sonne....
Le lendemain, un entrefilet parut dans le quotidien régional,
"On a retrouvé le cadavre d'une citrouille dans la piscine.
Les parents du cucurbitacé sont priés de venir récupérer les protections rollers qu'il portait autour de ses genoux". Accompagné de cette photo poignante ...

Je vous prie de bien vouloir pardonner cette fin si triste.
Mais les plus jolis contes de fée ne finissent pas toujours de la même façon.
C'est vrai quoi, m'enfin ! Z'y va, hé, maladie !
D'une mouette à une citrouille
(qui lui pardonnera de ne pas avoir retenu toutes les expressions qui manquaient à son vocabulaire)
05 mars 2006
Dia-logues de blogs en vrai !
Elle est venue. Avec les rires de ses Dia-blotins. Elle est venue, avec les prunes salées qui ont râpées la langue de mon enfance. Il y a eu le temps, si trop-vite, trop-court, trop-pas-assez.
Une Dia-blottine a voulu rendre hommage à ma nouvelle chambre, et a joué au caméléon sur mon lit. 
Nous avons mangé les petits chous farcis qu'elle m'avait dit aimer (pôôvres enfants, heureusement qu'il y avait les pâtes et le dessert !).
Vite, vite, ils sont partis faire de l'équilibre sur le jeu favori que j'appelle "banane".... en réalité Ikéa la nomme "cheval à bascule". Franchement, je vous assure que c'est une banane géante. Sur laquelle les enfants glissent comme le chocolat chaud qui nappe le banana split...
Elle reviendra, je le sais bien, elle a oublié un biberon dans mon évier !
Elle sera obligée, sinon... j'irai ! Je connais le chemin ! C'est celui qui mène rue de l'amitié, première à droite après la route de l'é-mot-ion.
26 février 2006
Mon savon bleu de Marseille
Pour sûr, cela ressemble à un savon. De Marseille.
C'est gravé dessus ! Mais c'est une bougie. Qui sent bon le savon de Marseille !
Et,
comme je m'étais fait prendre au leurre, j'ai voulu tester le pouvoir
nettoyant de l'eau bleue des toilettes de Rainette. Enfin, pas moi,
mais mon bracelet en argent. Plouf, dans de l'eau fraîche (ce qui m'a évité un repêchage périlleux).
Et bien, vous savez quoi ? Ne sortez plus vos produits de nettoyage
pour retrouver des objets en argent comme neufs ; rien ne vaut les
blocs eau-bleue... Il est scintillant, mon bracelet, je vous l'affirme.
(Rainette, arrête de rire je te prie).
25 février 2006
Marseille, mosaïque....
Arcadia a su faire vivre en images ce que j'ai ressenti de Marseille. Peut-être
parce que son enfance en a dévalé les ruelles étroites. Peut-être parce
la Bonne Mère est dans son coeur, comme le parfum de fleur d'orangers
dans les navettes que l'on croque avec un café.
Pour moi,
Marseille, ce sont d'abord ces falaises blanches, que mes yeux équarquillés
voyaient s'approcher, accrochée aux passerelles. Revoir, quarante ans après ces quais... non, je
ne peux même pas en parler...
Quand le paquebot a amerri, atterri,
accosté (merci les filles, je ne savais plus où mes mots s'étaient
envolés devant le quai de mon enfance !)
j'avais l'émerveillement de ma
nouvelle vie qui se dessinait. Avec ses bruits, ses odeurs. Oui, j'aime
les odeurs de gasoil, d'algues, de poissons éventrés que les oiseaux picorent, au
milieu des chaussées. J'aime la vie grouillante, et même les papiers
sales. J'aime cette jeunesse incroyable de la ville, ses habitations en
cubes bétonnés et ses maisons du vallon d'Auffes, au milieu des filets.
J'aime ses ruelles étroites et ses rues embouteillées. J'aime ces
parfums bon marché des ados colorés et trop vivants parfois. J'aime le
ferry boat qui traverse le vieux ports en quelques secondes, parce que,
parfois, on a la flemme.... J'aime devoir faire attention aux dernières
minutes du match de l'OM, parce que, sinon, on ne sortira plus de la
ville. J'aime cette folie douce. Marseille, comme un pays à elle toute
seule. Avec ses riches et ses pauvres. Son accent du Nord et du Sud. Ses spécialités aussi nombreuses que les croûtons d'une bouillabaisse.
Je reviendrai.
Pour
marcher dans les rues en pentes, boire encore et encore des cafés sur
le vieux port, marcher le nez en l'air, saluant les drapeaux des linges
qui sèchent au mistral. Entrer dans ces boutiques où le savon se
décline d'Alep à Marseille, en parfum de lavande ou de figue. Peuchère,
c'était si bien. Dire que ce n'est qu'à 3/4 heures de train....
24 février 2006
Violette de Marseille ?
Elle a des couleurs au bout des doigts, et a posé sa baguette magique sur mon blog.
En cadeau ( un de plus ! ), ma nouvelle bannière !
Aux couleurs des violettes de Toulouse.
Et oui, la ville rose a pour fleur cette délicate timide, qui tente de se cacher sous un feuillage vert.
Merci Arcadia !
Et si vous voulez des nouvelles de mon séjour à Marseille, c'est ici, chez la grenouille, que ça se passe. Un post à six mains, de quoi se sentir chenille.
23 février 2006
Marseille, peuchère !
Me croirez-vous ? Je suis là, en Provence-Alpes-Côte d'Azur (ça, c'est juste pour faire rager ceux qui sont dans le Nord, c'est à dire au-dessus de Poitiers). Ma chambre était prête (Arcadia, tu es un ange),
avec une connexion Internet illimitée à portée de main. Des murs
m'entourent, dont l'enduit ciré vert d'eau laisse transparaître des
ailes d'oiseaux. Je sais, je pourrais être n'importe où, mais je suis
bien, ici ! A Marseille ! A midi, elle était bien là, sur le quai
de la gare. Nous avons du illico sortir nos lunettes de soleil :
Rainette nous avait prévenue ;
"Les filles, ils sont au courant : il y a la télévision à la sortie du métro, faites vous discrètes..."
Et
c'était vrai. Caméraman et preneur de sons, l'oeil aux aguets, étaient
bien là. Vous vous doutez bien qu'avec nos lunettes, personne ne nous a
reconnues. Arcadia et la Mouette se sont faufilées en douce. Ouf, la
première heure se déroulait à merveille; la ptite grenouille piaffait
d'impatience que midi trente sonne, pour nous faire découvrir sa
cantine. Et quelle cantine... Elle y fut accueillie comme une
princesse, et nous reçûmes les mêmes égards, en honneur de notre
bloggueuse aux goûts culinaires d'excellente référence.... Tenez, même
la purée de carottes était parfumée à la cardamone. Et si vous aviez
goûté la salade de melon aux raisins et à la rose.... Hummm ! Trois
heures. Seulement trois petites heures que j'étais arrivée....
La bonne mère, le port des pêcheurs, le ferry-boâât, j'ai fait aussi... Je vous raconterai.....
22 février 2006
J'arrive
Partir. Quelques jours.
Laisser le train me faire traverser les régions.
Partir, et savoir qu'Arcadia sera là, sur le quai de la gare.
Partir, et savoir que Rainette a dégotté un petit restaurant "spécial"....
Glisser dans le sac l'essentiel (mes moules à cannelés), le superflu.
Quelques lunes de verre irisé à partager, comme un personnage de conte qui sèmerait sur son chemin.
Partir et se retrouver un peu de découvrir l'autre.
A bientôt.
24 janvier 2006
Berlioz à Toulouse (3)
Dimanche finit par nous voir émerger, les yeux vifs et les pieds
prêts à nous promener. Plusieurs kilomètres. Il y avait un soleil
magnifique, le même qu'à Paris - hélas - fit Berlioz qui aurait aimé faire bisquer ses amis restés dans la capitale!
En
suivant le canal du Midi nous arrivâmes sur la place Saint-Aubin, où se
tient le plus joli des marchés. Les stands n'y exèdent pas parfois 50
cm de large, et l'on y croise même des poulets vivants... Sans compter
ce monsieur à la longue barbe grise et au bonnet de feutre pointu,
entouré de petits enfants qui s'amusaient des dizaines d'instruments
abracadabrants accrochés ci et là.
La journée était consacrée à flâner dans les rues, tout simplement.
Sales, très sales, il faut le reconnaître, les crottoirs sont une
spécialité toulousaine.
Mes deux touristes ont donc croisé des fontaines -sans eau, dans le midi on a toujours peur des gelées
-, quelques briques en ruines qui sont peut-être celles de la demeure
des comtes de Toulouse, la façade de briques de l'ancienne prison
Saint-Michel. Et j'ai enfin trouvé le monument que j'ai oublié de leur
faire découvrir... la Halle aux grains... nous étions pourtant à moins
de cent mètres ! Un détour par le musée d'antiquités égyptiennes créé
par M. Labit dans sa demeure orientale ne pouvait compenser mon oubli
!!.
En fin d'après-midi un détour vers les anciens abattoirs de
Toulouse, transformés en musée d'art moderne, musée que je trouve si
mesquin que je leur en ai déconseillé la visite... Mais une pause juste
derrière, devant la Garonne où deux têtes ont emmêlé leurs boucles.
Avant un dernier regard sur notre jardin japonais, afin qu'ils s'imprègnent un peu de zen après tant d'heures en ma compagnie !
Quand je les ai ramenés à l'aéroport, il y a eu comme un grand vide à mes côtés.
Alors je vais le lire là-bas,
en grignotant les derniers rochers à la noix de coco qu'il avait
préparé pour moi, et en écoutant le merveilleux CD offert ; "Musiques
pour les funérailles de la Reine Marie-Thérèse", de Charpentier.
23 janvier 2006
Berlioz à Toulouse (2)
Samedi matin nous sommes allés chercher à la descente de l'avion
celui qui serait le troisième larron de notre épopée, le fils de
Berlioz. Le trio qui partira en Toscane en avril était enfin réuni. Il
nous manquait, celui qui repère toutes les mouettes quand il se ballade
et qui imite très bien leur cri. Et me fait même piquer des crises de
fou rire dans les salles au silence feutré des musées.
Et là, nous
avons marché. Marché comme des touristes, évidemment, oubliant toute
notion de fatigue. Moi, un peu inquiète de leur faire louper le truc à voir, bien sûr. Mais Berlioz avait son guide vert dans la poche, je vous le recommande comme
bloggueur à inviter ; il apprend l'histoire de la ville, avant ! En
route pour Saint-Sernin, Saint-Augustin et le cloître des Jacobins (en
photo, un pilier d'une salle donnant sur le cloître, dans cet
assemblage si typiquement toulousain de briques et de pierre).
Pour les vraies photos pas floues, avec temps de pose réglementaire et tout et tout, vous irez consulter le site de mon guide invité !
Il
ont bien entendu été admirer Notre Dame des Grasses, cette statue si
belle, qu'il est interdit de photographier. Etant d'humeur joueuse,
j'ai donc sorti mon Apn durant toute
ma
conversation avec la gardienne de la salle... Et c'est pourquoi
vous avez droit à une vue en contre plongée de la Dame, sous le regard
hilare du fils de Berlioz, qui ne perdait pas un mot de ma conversation
et du manège de ma main, planquée sous un guide négligemment déplié....
Quand la nuit fut tombée, quelques cannelés avalés, accompagnés d'un
bon café, je les ai conduits sur le pont que je préfère, d'où les
éclairages
permettent l'embrasement de ma belle ville toute de briques vêtue. Vous
n'allez pas me croire, mais, une fois les chaussures tombées tout le
monde s'est endormi profondément sans demander son reste.... Demain,
demain il ferait jour !


