Motus et bouche cousue

Mots jetés à tout vent, mots libres, tout simplement.

19 juillet 2006

Las arondas

Dédiée à un ami, qui est fasciné par les hirondelles (...)
non non et non, moi je suis une mouette, pour ceux qui se posent des questions, n'est-ce-pas M. Rebert ? Je devance ainsi votre commentaire du style "qui c'est celui là encore ? " Autre chose, vous avez vu, combien oh facilement vous avez compris que las arondas ça voulait dire les hirondelles ?
(...) cette courte poésie traduite de l'occitan (par son auteur).

Ah ! il y en a qui se sont réveillés au fond... "elle a des lectures bizarres, la mouette", j'ai entendu ! En réalité j'ai un ami (bizarre, je suis bien d'accord), qui adore fouiller dans les vieux livres. Et quand il pense vieillerie il a toujours une pensée pour moi.(...) Attendez, là, je viens d'avoir une révélation. (...) P'tain, il va se le recevoir dans la figure, son livre, ça ne va pas tarder.
Mais non, Mandraxx, toi c'est pas pareil ; tu m'as offert du théâtre de La Fontaine relié de cuir craquelé par le temps, tout emballé joliment, avec la plus adorable des dédicaces ! L'autre là, c'est un rustre qui me le prête juste, son bouquin !

Bref, revenons-en à la dédicace ; je pensais donc que son crayon (...)
à l'ami, pas au poète, le crayon. Et pas de commentaire oiseux du style "c'est un stylo, pas un crayon, qu'il a dans la main". Je le sais, c'est moi qui l'ais prise, la photo. C'est pour faire joli que je dis crayon, parce que on ne "croque" pas au stylo, m'enfin, quoi. Vous êtes dans une note poé-ti-que. Voilà. Donc on fait comme si tout était vrai.
(...) qui tente toujours de les croquer
(...)

Secret_d_hirondelle

mais non, pas les crayons, faites un effort, je parle des hirondelles.
Quoi ? Vous êtes fou ou quoi ? pas pour les manger vivantes ! Les croquer  = les dessiner

(...) n'était inspiré que leur vol si enjoué.
le vol des hirondelles, pas des crayons, bien sûr. Mais je sens maintenant que vous me suivez parfaitement. Puisque j'ai mis en gras et gros le texte à suivre d'un seul trait. Pour les cancres du fond, là bas.
Je sais maintenant
ben oui, je sais depuis que je l'ai lue, la poésie. Avant je le trouvais juste romantique avec les oiseaux, l'ami.
qu'il porte en lui le secret des hirondelles,  tout simplement.

Et voilà, j'ai dévoilé une part cachée de toi. Tu es piégé, ami, tout le monde (...)
( enfin...qui me lit, ça fait... pffff...presque un peu de monde... mais je ne suis pas là pour parler de mes statistiques, hein !)
(...) donc, tout le monde va désormais connaître ton secret.
Tu disais ? Pour que j'efface la note ? Combien ? Non, non, ce n'est pas assez.... hé hé....

Le secret des hirondelles

Seules dans la clarté du ciel. Noyées dans sa joie.
Et bâtisseuses, sous les tuiles, de leur nids.
Avec, toujours, au fond de la tête, cet espace sans fin du grand voyage, au-dessus de la mer.
Vers le désert, vers les blanches maisons éblouissantes, vers les palmes, vers l'eau tranquille de l'oued.
Ce choix entre deux mondes si différents.
Dont l'un est toujours le paradis de l'autre.
Et ainsi de suite.
Jusqu'à l'absence.

"BESTIARI" (Bestiaire) de Max Rouquette
Sophie Lambert, ma peintresse québécoise vient de m'envoyer par mail ses hirondelles à elle ! LES_HIRONDELLES

Et, pour le plaisir, parce qu'elle m'enchante.....
Le dire de l'araignée
     Je ne suis rien, je ne suis rien.
Rien qu'un défaut dans la lumière,
     rien qu'un petit flocon de laine,
flocon de fils dans la lumière.
     Je ne suis pas grand-chose.
De salive je fais des constellations,
     nébuleuses au fond de la lumière.
Sombre dans la lumière où tout est clarté
     et tout est lumière autour de moi.

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18 juillet 2006

Hot-line

Je voulais lui écrire une jolie lettre, accompagnée d'un plan plus complet que celui de Mappy ou Via Michelin. Pour trouver mon île.
Je voulais lui écrire les poésies en silences, les mots tendres et sensuels. Et les mots crus. Et les musiques qui égrennent la peau comme tapis de grains de riz.
Et cueillir la folle avoine et le coquelicot fragile pour lui en faire un  beau bouquet.
Je voulais fermer les yeux et lui parler de la première étoile dans le ciel, que je vois, qu'il voit.
Je voulais l'emmener en voyage. Et dormir avec lui, au bord du ruisseau. Et oublier les cigarettes.
Et...

A cause de lui, je viens de rater le forfait SFR qui m'aurait convenu.
Trois numéros favoris. Je n'en ai que deux.
A cause de lui, je vais payer plus cher l'hôtel.
La publicité est claire ; partez à deux payez pour un.
A cause de lui je grille sur cigarette sur cigarette.
Même la nuit. Je ne tousse pas, moi.

Grâce à lui je fais des économies.
Je garde mon forfait limité.
Grâce à lui j'aurai des plaisirs champêtres, et dormirai en gîte.
Et je n'userai pas mon graveur à CD. Même pour ma compilation.
Grâce à lui je n'use pas les rasoirs pour le poil aux pattes.


Voilà, il est content l'inconnu ?
Le monsieur caché qui ne sait pas le numéro de la hot-line haute-ligne sur laquelle repose une mouette ?
Le fantôme du placard de l'hôtel ? (ça c'est une blague à trois francs six sous de mes gamins, ils lui raconteront)
Le quinqua planqué qui est allergique au tabac, mais pas à moi ?
Le patient qui aurait des petites nattes à tresser sur mes mollets ?

P.S : ceci est une réponse à Mth et un de ses commentaire ; "Je te lancerais bien un Défi ... "Devenir un homme, un quinqua craquant, libre et prêt à remonter le Canal du Midi à la rame à tes côtés et plus si affinités et... t'épouser en CDI renouvelable par tranches de rires... Tu prends ?" Tu sais quel est le seul problème Mth ? Je ne sais pas encore comment faire pour me transformer en homme.
P.S (2) ; ceci est une réponse à Madison qui a parlé avec moi ce matin du dernier forfait SFR qu'elle voulait me fourguer. Et de l'annonce qu'elle me voyait bien publier sur mon blog après m'avoir entendu pleurnicher que le  3ème numéro, j'en avais pas.... Tu es contente, Mad' ? tu l'as lu, j'ai bien écrit "hot line".... Et non, je n'ai pas écrit tout ce dont on a parlé entre deux crises de rires... C'est mon blog à moi que mon image, à moi, si j'arrive à savoir ce qu'est vraiment moi, transformé par mes mots à moi.... Bref, tu n'as qu'à la faire chez toi, la marieuse d'une mouette !!!! Non mais !

Posté par Mouette rieuse à 12:33 - île inconnue (48) - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juillet 2006

Réveils

Le réveil sous la lumière crue me plongea dans la terreur. J’étais là, écartelée, sous cette violence blanche.
Je m’étais endormie dans la douceur du soir. Même si les étoiles n’étaient pas là pour me tenir la main. C’était l’hiver et le ciel était couvert.
Je n’avais pas compris que je me réveillais, c’était cette terreur qui m’avait écarquillé les yeux. Il y eut ce hurlement de sirène. Et les pas vifs qui résonnaient. Et le sang que je devinais par l'écarlate. Des tuyaux que j’avais arrachés. Tous les tuyaux. Les sondes; gastriques, urinaires. Les cathéters. Comme une démente, certainement, je m’étais dépouillée en quelques secondes, arrachant, déchirant. Mais je ne sentais rien. J’étais incolore et inodore. Nue, dans la salle vitrée, sous la lumière crue. Dans la terreur encore. Avec mon hurlement.
Ce « non » qui me poursuit encore aujourd’hui, trente ans après.
Puis je me suis tue..
Je me suis éveillée dans un lit avec de vrais draps. Avec une petite perfusion que je n’ai pu que regarder, parce que j’étais soigneusement attachée de bracelets de cuir.
Les bracelets de cuir, c’est étrange. Ça me maintenait. Même les chevilles.
Les bijoux me pèsent.
Je me suis réveillée. J’ai compris à ce moment là. Que je n’avais bien sûr pas réussi. A mourir. Et que j’étais là pour qu’ils m’aident à me guérir de ma douleur de vivre.
Ils m’ont expliqué. Que le dortoir là, c’était une salle dans un hôpital psychiatrique.
Voilà.
J’étais entrée dans mon enfermement.
Mais je ne le savais pas encore. J’émergeais de mon coma, je ne comprenais pas tout. Pas encore.
Il y eut la première visite. Combien étaient-ils ? Cinq, six, derrière le professeur. Celui qui parlait.
« Bonjour, alors, on s'est décidé à être raisonnable ? On va parler maintenant ? »
Tenez, là, je souris en écrivant ces mots. Elle a eu raison de me dire d’écrire cette histoire. Pour savoir ce que je pense. Parce que, en noir sur blanc, j’ai l’impression de décrire un interrogatoire sous la torture. Sauf que la voix était normale et les coups seulement dans le regard.
Les jours passaient.
Je me taisais.
Et ils revenaient. Pour la visite du jour du lendemain.
« Bonjour, alors, on s'est décidé à être raisonnable ? On va parler maintenant ? »
Et, pour me prouver qu’ils avaient raison de me laisser là, dans mon lit n° je ne sais combien, un jour, j’ai crié. "Avaient-ils des cacahuètes à lancer au singe à qui l’on rendait visite ? "
Le professeur n’a pas été content. Ni de mon agressivité, ni des sourires des externes et des internes en blouse blanche.
Alors il prit le seul livre que j’avais toujours sur moi. « Anthologie de la poésie française » de G. Pompidou. Et il me le confisqua. Parce que « la poésie ce n’était pas indiqué dans mon cas. Cela me donnait des idées noires ».
Il me connaissait bien, le professeur. Tous les jours j’allais au rendez-vous fixé. Et j’attendais que l’heure s'écoule [tic-tac - tic-tac]. Sans un mot. De quoi lui parler, à ce monsieur ? Je n’en savais rien, moi.
Est-ce que ça l’aurait intéressé de savoir que ma vie n’était pas digne de la vie ?
Puis un jour, lasse de ce dortoir aux dizaines de lits bien alignés, préservant notre intimité d’un rideau, un jour, je suis partie. En rampant devant la porte des infirmières. Un jour où certains avaient de la visite.
Mais ils m’ont rattrapée. Deux heures après. Parce que la police savait que j’étais dangereuse pour moi. Et que c’était l’hiver et que j’étais en tee-shirt. Et en pantalon. Et que je n’avais pas d’argent. Je marchais. Tout simplement je marchais. Et l’ambulance est arrivée.

Je ne me souviens plus très bien après. Parce que j’ai dormi. Après la piqûre.
Puis je me suis réveillée.
Je me suis souvent réveillée dans cette histoire.
Je n’étais plus au même endroit. Ils m’ont expliqué. Que j’étais dans le même hôpital, mais en service fermé. Puisque de toute façon je n’avais personne dehors. Que j’allais être majeure bientôt, mais que, pour l’instant ma famille préférait que l’on me soigne. Et que l’on ne pouvait pas me faire confiance.
Je n’ai pas su pour mes parents. Ils me l’ont dit assez tard. Et les années qui ont passé ont du flouter des tas de souvenirs ! Il semble qu’ils m’avaient écrit, mais que leurs lettres n’étaient pas bonnes pour moi. Et qu’ils ne voulaient pas me les donner.
J’étais réveillée.
Et en colère. Mais ils l’avaient bien deviné, c’est leur métier. Alors ils m’ont laissée attachée. Oh, ne vous inquiétez pas, je pouvais bouger, m’asseoir. Mais pas marcher. Ou alors avec une infirmière, qui me regardait faire pipi ou prendre ma douche. Là, devant moi.
Je ris, parce que je viens de comprendre pourquoi il m’a fallu tant d’années pour prendre une douche avec un homme !
Je n’avais plus d’habit, juste la blouse verte, ouverte, et un slip, pour préserver mon intimité. Mais plus de stylo. J’avais le droit au crayon. J’aime beaucoup les crayons à papier. Je collectionne même les rogatons de crayons ! Avec tendresse, allez comprendre !
Mais j’ai vite compris que je ne pouvais pas écrire.
À cause des tremblements. Mes mains ne pouvaient plus tracer, elles tremblaient avec une frénésie qui me donnait l’envie de mourir de ne pouvoir les aider.
Je crois qu’ils avaient compris que j’étais vraiment très dangereuse pour moi. Et qu’il fallait beaucoup m’apaiser. Alors j’avalais les gouttes [plic-plic] et les comprimés. Et j’ouvrais la bouche après. Au début elles passaient le doigt dedans, palpant les joues. Après elles ont arrêté. Il faut dire que je ne bougeais plus beaucoup. Peut-être même que la lumière avait disparu de mon regard.
Ou alors mes yeux avaient gravé dans leur iris les barreaux des petites fenêtres.
J’étais devenue inoffensive, je crois. Je me taisais. Regardais le ciel. Tout petit là-haut. Je connaissais par cœur le bruit des clés dans les serrures.
Depuis mon ... quelque chose se serre en moi quand je passe devant une prison.
Je regardais mes mains qui tremblaient.
Tiens, c’est drôle, je ne fumais plus et ça ne me manquait pas.
J’attendais. Même pas la mort. J’attendais le temps qui passe. Et le temps passait.
Un mois. Deux mois. Trois mois.
J’ai eu 18 ans. Ils me l’ont dit.
 

Puis il y eut Ismaël, l’interne. Qui restait de plus en plus souvent assis à mes côtés. Qui m’apporta une chemise de nuit, dans un joli paquet-cadeau. A petits carreaux Vichy. Qui me dit que j’étais jolie ainsi. Qui me donna le goût de parler un peu mes silences. Avec lui. Je ne sais plus de quoi ils parlaient, mes silences. Mais ils étaient avec lui. Qui regardait mes mains trembler. Je commençais à les cacher quand il venait.
Puis il lut mon dossier.
Bien sûr, que j’étais dangereuse.
L’année précédente j’avais avalé une vilaine bouillie. Parce que déjà, je trouvais que ma vie n’était pas digne de la vie. Alors j’avais avalé la pâte blanche. De 700 comprimés d’aspirine. Ceux qui sont dans le milieu médical doivent rire ! Je connais maintenant la dose létale. J’en étais excessivement loin . Dans le trop. Mais bon, cela ne m’a pas tuée. Juste fait vraiment souffrir durant quelques mois. Et puis, il y a 30 ans, ils n’aimaient pas les jeunes filles qui faisaient cela ! Ils leur faisait payer lors de soins, pour leur apprendre.
J’ai appris.
Que je pouvais vomir la paroi de mon estomac en lambeaux et quelques flots de sang. Que je pouvais avoir une dialyse et être si résistance que les reins se relancent. J’ai appris l’ulcère qui perfore et vrille . Et la peur de manger. Et le tuyau endoscopique avalé sans calmant parce que « je n’avais qu’à pas ». Mais tout ça est maintenant du passé. Je n’ai plus mal. Tout cicatrise. Et cela m’a été utile dans la vie, parce que je suis devenue dure à la douleur.
Mais qu’ils pourront crever, et moi avec, avant de me faire une endoscopie.
Mais bon, dans le dossier, c’était marqué noir sur blanc que j’étais dangereuse. Parce que j’avais fait ça très minutieusement. Tout bien calculé. Sauf la visite surprise. Et ils m’ont trouvée à temps (c’est ce qu’ils ont dit. Le temps me poursuit depuis.). Avec de la mousse rose autour de la bouche. Parce que je n’avais même pas eu besoin de tuyau pour vomir.
Et j’entendais vous savez. Dans le coma. Les affairés, les blouses empressées. Je riais dans ma tête aux yeux clos. Je leur répondais silencieusement vautrée dans une léthargie que j’aimais ; « mais je sais tout ça, je sais ! Pourquoi croyez vous que j’ai choisi cette pâte là ? Vous n’y arriverez pas, c’est trop tard» Ce ne fut pas trop tard. Je me souviens de mon transfert dans l’ambulance, dans un autre hôpital. Et de moi, qui leur disais « mais vous êtes du mauvais côté de la route, et arrêtez cette sirène, les gens dorment »
Bon tout ça était du passé, dans un dossier. Qui détenait la clé de cette prison où je regardais mes mains trembler. Et où j’ai appris à ne pas pleurer. Durant 15 ans (la durée, non de mon enfermement, juste de mon oubli des larmes).
Après j’ai guéri aussi de ça.
Ismaël a été celui qui a ouvert les portes de cette drôle d’endroit où j’aurais pu rester longtemps, si longtemps que j’en aurais oublié jusqu’à mon prénom.
Ismaël est tombé amoureux de moi. De "moi-femme" ou de "moi-malade", je ne sais pas, en réalité.
Il a contesté les doses prescrites, l’enferment, l’absence de soins. Il a remué, a couru le risque d’avoir un très mauvais rapport de stage. A menacé de faire rédiger un article sur moi par une amie à lui, journaliste à la Dépêche du Midi. C’est le journal du coin… je suis passée à côté de la célébrité !
Il lui ont fait signer une décharge. J’étais prise en charge. Par un homme.
Je me demande si je ne suis pas toujours à la recherche de celui qui me sauvera de cet enfermement plus important que la camisole la plus solide. L’attente de l’autre. Qui me délivrera de moi.
J’ai vécu deux ans avec Ismaël.
Les débuts furent terrifiants. J’étais en manque, voyez-vous, comme la pire des droguées. Il me donnait des comprimés, me tenait par la vie. Parfois, quand c’était trop dur, j’avais le droit à une petite piqûre. Je l’aimais, cet homme là, qui me soignait. Qui me parlait, qui m’aimait, malgré ce que j’étais. Qui me tenait par la main pour traverser les rues. Parce que j’oubliais de regarder. Qui m’écoutait répéter à voix basse, en tantra qui m’empêchait de sombrer ; « La Garonne coule dans Toulouse ». Quand je perdais pied.
Ces mots là devenaient alors la seule chose vraie.
Plus tangible qu'une réalité que mon esprit aurait pu déformer.
Ces mots étaient une vérité. A laquelle je me raccrochais.


Maintenant je n’ai plus besoin de tantra.
Je sais les vérités et les réalités.
Je n’ai plus jamais avalé un comprimé qui ait une action neurologique.
Et je ne supporte pas l’aspirine. (mais non, Estomac, je ne t’en veux pas, tu sais).
Mais je continue à crier ce « non » , que je n'entends pas, au moment où je sombre dans le sommeil.
Ce « non » que j’ai hurlé quand ils m’ont réveillée.
Pardon à vous, les hommes de mes nuits, de ce « non » qui vous glace si souvent.
Parfois, quand je suis si bien au creux de vos bras et rassurée de votre amour pour moi, je ne crie plus.
Et vous en êtes heureux.


En souvenir d'un enfermement.

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16 juillet 2006

Mais non, il ne fait pas trop chaud...

Fra_cheur

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15 juillet 2006

Pistou pour l'Insa

Mon fils,
je sais, je sais, quand on a deux fils et deux filles, il est parfois difficile de savoir duquel on parle...
Mon ado-fils,
tu as 17 ans. Depuis trois ans, tu mènes tes études au lycée de façon à atteindre ton but.
Depuis un an et demi, tu tisses avec ta demoiselle de coeur une histoire belle et forte.
Des écoles que tu avais choisies pour tes études à venir, tu viens d'avoir les résultats. Tu es admis à ton premier voeu, l'INSA (Institut National des Sciences Appliquées) à Toulouse. Ce qui va te permettre de rester encore parmi nous (ce que tu souhaitais), et pas loin d'elle (ce que tu désirais). Tu peux être fier de toi, et d'elle aussi. Parce que tu as su faire des choix, et qu'elle a su ne jamais te demander d'y renoncer, puis te donner les moyens de les réaliser.
Tu sais aussi que j'aurais eu beaucoup de mal à gérer deux enfants en études supérieures si tu avais du partir loin d'ici, et je sais que tu as tenu compte de ma situation. (Mais j'y serais arrivée, tu le savais aussi ! )
Ta grand-mère n'a pu résister à me parler de ton grand-père, dont tu as hérité du caractère et de la volonté. Ton fameux Papy-Robert ! C'est vrai, je sais qu'il aurait été fier de toi, surtout avec ta spécialité en physique ; le seul petit-fils à avoir eu ce même penchant que lui. Quelle tête de mule celui là ! Quand il avait 16 ans, son père a voulu le faire rentrer comme cheminot... son sang n'a du faire qu'un tour, tel que je le connais ! Il a donc décidé de se prendre en main. Et a réussi, bien évidemment. De la seconde, il est passé en terminale, zappant une année, et a réussi les deux bacs tentés. Non, il n'était pas surdoué, juste diablement intelligent et doté d'une volonté de fer. Voilà, c'est aussi ton histoire, cela.
Même si ton caractère bien trempé me flanque parfois de la flotte dans les yeux, je me dis que c'est ta façon de m'aimer que de vouloir me remuer un peu trop fort !
Bonnes vacances, fils, en compagnie d'elle. Profitez-en bien... l'an prochain une année bien remplie t'attend !
Et dans ma cuisine le fait-tout bouillonnera de ton plat préféré... des pâtes... encore des pâtes... toujours des pâtes...
Tient, il faut que j'aille faire du pistou, le basilic est magnifique ! Je vais en congeler, et aurais une pensée pour cette note là, quand tu en mettras une grosse cuillérée dans ton assiette, tout en râlant contre tel ou tel prof....

Posté par Mouette rieuse à 10:52 - île aux mouettes (51) - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 juillet 2006

Tais-toi

Je le retiens, dans sa muselière.
Qu'il ne soit pas trop bruyant, trop dégoulinant.
Ça ne se fait pas. D'étaler ainsi les humeurs cachées.
Je ne ferais pas pipi devant votre porte. Ici, c'est pareil.
Je lui ai appris à respecter les yeux des autres.
Pourtant... cela démange mon clavier, parfois. De vous parler de ce que je tais.
Mais ne soyez pas sur vos gardes. Vous imaginez-vous vraiment que je pourrais... ? non, ne vous inquiétez pas.
Le Ça a appris à se contenir.
Le Ça.
Qui se bouscule en postillons d'ébullition cérébrale.
Qui s'éructe en voiles de fiel qui s'évaporent,
Et monte en vomissements ravalés,
En loghorrée plaquée, claquée, jusqu'à ce qu'elle reparte dans les tripes.
Le Ça.
Qui dégouline en bulles de salive amère
En puanteurs qui gonflent mon coeur.
Le Ça.
Tu n'es pas un joli mot. Regarde toi donc. Si je t'enlevais ton hameçon, ta canne tordue, ton bâton vrillé, regarde bien à quoi tu ressemblerais : CA.
Cantatrice Aphone ?
Fais donc comme elle.
Tais-toi.
XXXXXX.

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13 juillet 2006

Encore et encore

Cela avait commencé après qu'il ait croqué sa chocolatine. Il s'était arrêté de mâcher, avait passé sa langue sur ses lèvres, pour en suçotter les miettes, l'avait regardée et n'avait pu se contenir. Elle en trembla des pieds à la tête. L'instant fut bref et intense.
Quand elle reprit ses esprits elle lui resservit un café. Qu'il but en souriant.
Il l'obligea à se glisser dans son habit de cuir dont l'odeur était si pénétrante sur sa peau échauffée.
Il l'empêcha de se bouger, l'attachant à sa taille. Elle tremblait un peu. Pas de peur, elle avait confiance en lui, comme un enfant qui croit que la vie ne peut être dangereuse... Elle se laissait aller aux mouvements souples qu'il maîtrisait parfaitement, soudant son bassin au sien. Quand il s'arrêta brutalement, sans crier gare, elle eut un sursaut. Il la força à ouvrir les yeux pour qu'elle voit leurs corps enlacés dans le reflet. Ils étaient beaux, il avait raison.
Puis elle reprit ses esprits. Il lui tendit un verre, l'obligeant d'un sourire à boire jusqu'à la lie.
Il la déposa dans un champ, parmi l'envol des papillons. Dans l'air brûlant, les jets puissants des arrosages automatiques accompagnaient l'éclat chuchoté de leurs voix. Elle tentait de se contenir ; elle avait les pommettes rougies de ...encore.... Elle voulait se reposer un peu. Dormir, dans les herbes parfumées. Mais il l'en empêchait. 
Quand elle reprit ses esprits ils surent qu'ils avaient faim.
Ils mangèrent, avec les doigts, sans se soucier du lieu, des regards obliques des passants honnêtes. Puis repartirent, rentrèrent dans la maison. Il lui conseilla de se dévêtir, enfin, et de ne voiler sa pudeur que d'un bout de tissu noir. Il avait choisi pour elle. Le noir. Celui qui la protégeait le mieux. Elle sourit de son attention.
La soirée avançait, masquant les reflets étincelant de l'eau de la piscine en miroir du soleil. Elle trempait ses chevilles dans l'eau fraîche. Il fendait la masse bleue en poisson-chat. Évitant le robot qui continuait ses va-et-vient sans se soucier de lui. Elle était envahie, apaisée, heureuse. Elle le regardait, il la regardait.
Leurs yeux brillaient d'envie de recommencer.
Encore et encore.
Ils l’avaient fait toute la journée.
Leurs corps à l’unisson.
Alors ils recommencèrent.
Encore et encore.

À faire l'humour.
Ils avaient secoué leurs corps d'éclats de rire.
Ils avaient secoué leurs corps des vibrations de la route, sur la moto, tout de cuir vêtus.
Et ils recommencèrent.
Encore et encore.

Merci monsieur bloggueur qui avez croisé ma route ce week-end.
Vous avez fait revivre un côté de moi que j'avais oublié au fonds de mes cartons de mots.

Posté par Mouette rieuse à 08:00 - rencontres de blogs(21) - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 juillet 2006

J'en crève (expurgé)

Vous le voulez le quart d'heure de vérité ?
Et bien le voilà. Et si vous ne voulez pas savoir, zappez,  zappez donc. Dans deux heures cette note sera remplacée par des X. Tout plein de X pour en rayer les mots. Les effacer. Ils n'ont pas leur place ici. Combien liront ceux-ci ? Une dizaine ? au hasard de clics, ou même des liens. S'il y a un commentaire je le laisserai, bien sûr. En trace. Comme une empreinte dans laquelle j'aurais glissé ma main. Les mots vrais.
Ceux là.
Vous voulez savoir ? Pourquoi j'écris, pourquoi je m'épanche, pourquoi je me déshabille l'âme ici ?
Mais parce que XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX. XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX.
XXXXXXXXXXXXX. XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXX.
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX (XXXXXXXXXX) XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXs
XXXXXXXXXXXX..
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX ?
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX.
XXXXXXXXXXXXX.XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX.
XXXXXXXXXXXXX.
XXXXXXXXXX.XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX ? XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX. XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX ?
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX.
XXXXXXXXXXXXX.XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX ! XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX.
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX.
XXXXXXXXXXXXX.
XXXXXXXXXX..

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Empreintes rougies

Evidemment, à la voir, on ne croirait jamais qu'elle puisse être une serial-killeuse...
Parce qu'elle aime à tromper son monde.
Pourtant elle en emprunte la trace rougie, en goutte à goutte.
Ses yeux sont comme ces icebergs dont on croit qu'ils ont siroté un cocktail bleu des mers du sud.
Ne vous y fiez pas, il y a de la braise dans ce regard là.
Son sourire est comme une fenêtre dont les persiennes laissent apercevoir les rayons du soleil, en promesse de bonheur.
Mais ses dents sont celles d'une carnassière. De caribou peut-être ?
Ses doigts sont dits "de fée".
Mais Carabosse est aussi une fée, ne l'oubliez pas.
La fée qui se cache à Québec a joué avec du sable. Oubliant la neige le temps d'une saison. La perverse fée l'a incrusté,  grains de sable prisonniers pour l'éternité dans du papier. Elle a saisi ses pastels gras et doux, les a déposés sur du papier sablé, pour le crissement moelleux, pour les ombres. Puis a doucement estompé. Les forêts et les cascades et les cieux chargés de lumière. Et sa peau.
Elle est maintenant une vraie serial-killeuse potentielle, sans empreintes digitales.
Mais je donne une piste aux enquêteurs terrifiés qui suivent sa trace effacée et parsemée sur des toiles au relief crissant.
Regardez bien... vous voyez ces taches rouge sombre qui parsèment le sol ? Ces taches écarlates et parfumées ?
Oui, parfumées, ce qui est le plus étrange ; mais je vous avais prévenu qu'il fallait vous en méfier, de son air angélique.
Ce sont des gouttes de Daïkiri-fraise, sa boisson préférée.
Elle les choisis bien mûres, innocentes fraises jolies, les passant au mixer aux lames tranchantes pour satisfaire son vice.
Vous voyez bien, ce n'est pas difficile de la retrouver.

Ah, j'oubliais, suivez aussi ce cheval là. Elle fuit souvent, crinière au vent.

__tout_vent
Sophie Lambert

Posté par Mouette rieuse à 08:00 - île amiliée (65) - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juillet 2006

Ecoute les traces

Il n'est pas resté seul.
Elle n'est pas partie loin de lui.
Viens, écoute.
Écoute bien, au creux de ta poitrine. Il y a ton coeur dilaté de sa vie qui palpite, mêlée à la tienne. Et la note de musique qui tangue et chavire, de vos absences composées.
Laisse ta peau se souvenir. Plonge en toi, dans cette empreinte aux contours des encres tatouées de sa langue. Le bambou dans la nuit, l'entends-tu qui bruisse ? Pose le souvenir de ta main au creux de son ventre qui ondulait.
Écoute encore.
L'odeur salée de vos mains nues se mêlant de vos silences. Et ses doigts qui dessinaient tes yeux. Et ta bouche qui s'emparait de la sienne, qui volait son souffle pour mieux lui rendre cette vie qui s'enfuyait. T'en souviens-tu ? De sa langue qui creusait dans ton palais une fontaine tiède ? Et de la source qui jaillissait en cascades frissonnantes ?
Ils ne sont pas partis.
Elle n'est pas là.
Il n'est pas là.
C'est tout.
Absence du temps présent, horloge silencieuse. Elle est là-bas, dans le jardin de ta mémoire, aux odeurs sculptées, aux mains ondoyantes. Là-bas, devant toi, olivier de Bohême aux feuilles argentées bruissantes d'un vent qui est le tien.
Va, elle te respire.
Et entend les silences. Et les craquelures de ton sourire loin d'elle. Et les fêlures de tes regards.
Va, penche toi.
Non, tais-toi, sèche du bout de ton souffle la goutte salée qui trace un sillon. Sur votre silence.

Posté par Mouette rieuse à 12:00 - île inconnue (48) - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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