16 juillet 2006
Mais non, il ne fait pas trop chaud...
04 juillet 2006
D'or
Silences
Dans le champ, puzzle éparpillé,
les meules dorées, tourbillons enfermés,
en spirales crissantes.

Dans l'église, perçant de sa lumière le mur noir,
assourdissant,
le vitrail de Chagall.
Dans le manège, le regard au loin,
le robot de bois au visage fendu.
Puis l'épi, sous l'air brûlant,
dans le champ stridulant.
En coeur de lune au creux de la main,
le silence d'or repose son silence,
comme l'on entend la mer dans un coquillage.
24 juin 2006
Pensées troublées
S'il ne m'avait pas dit "C'est une photo de..." je n'aurais jamais trouvé.
Et vous ? vous voyez ce que c'est ?
Mandraxx (qui n'a pas de blog ),
j'aime énormément cette photo, et plus encore que tes pensées se
tournent vers moi, en souvenir.... même si tu me l'as envoyée
accompagnée de ces mots là...
"Tiens, une p'tite photo que je te
vois bien exploiter dans un texte. Genre texte morose ( comme ce qu'il
me semble que tu écris en ce moment), avec un titre qui ressemblerait à
: "Pensées troubles" ou un truc dans le genre ... rire.."

La réponse dans le 5ème commentaire ! ... à lire après avoir cherché !
16 juin 2006
Munch
Réponds moi.
Je hurle. Sur le pont, sur les flots au sang figé,
et la voûte se déchire et s'enflamme.
Mon cri brûle le ciel
Nul autre écho, que le pas des passants promenant leur indifférence,
de leur regard aux yeux crevés.
Je fais rire les enfants innocents.
Entends moi.
Ma bouche écartelée de ce hurlement vain, je bouche mes oreilles.
J’attends. Ta main qui fermerait la fente sanglante de mes lèvres.
En assourdissement de la vie,
Parle moi.
Mes corps se dissout. Ne me vois-tu pas, ballon qui s'échappe en ronde folle ?
Clown qui meurt de sa solitude exaspérée.
Et mes os, et ma peau, fondent en lambeaux dans mon hurlement.
J'offre mon cri brûlant
Aide moi.
Le monde me fait si peur.
Ne me laisse porter porter seul la douleur de l'humanité, toute entière hurlante dans mon cri.
En écho au silence des Hommes.
Munch - Le cri
05 juin 2006
Cocon aveuglé
Dis-moi, est-cela la beauté, en promesse de paix ?
Ces grains de la vigne
qui se gorgent de soleil ?
et ces cerises éclatantes
rubis à croquer ?
Je suis donc devenue aveugle et j'ai perdu le goût ?
Et les cascades de fleurs mauves,
au parfum de verveine,
cela te dit-il, à toi ? la beauté fragile ?
Je ne vois plus les étoiles de l'ail
, balancées sur leurs tiges.
Et les pointes parfumées
du jasmin, en pétales si blancs.
Dis-moi, vois-tu les feuilles charnues des succulentes sous leur voiles blancs ? Leur cocon qui se tisse à l'infini ?
Je ne sais plus la beauté, car mon coeur ne s'apaise plus.
J'ai perdu mes sens, ils ont tissé un cocon que je ne sais pas dévider en fil de soie.
02 juin 2006
Mi-temps
30 mai 2006
Océan
Elle était.
La vague se creusait en elle quand elle décida de figer le temps.
Un instant.
Elle regardait au travers le ciel et les nuages en mosaïques grises. Devinait les oiseaux et les cerfs-volants. Les écailles argentées des bancs de poisson ceinturaient sa cambrure, près de ses reins creusés de la puissance de la vague naissante. Là où elle était verte et un peu opaque.
Il y avait le sable, aux grains aigüs qui dessinait des vallons rythmés, et des morceaux de bois qui s'emmêlaient aux algues. Les rochers ocres aux grottes coupantes et les galets lisses.
La crête en écume, elle enroulait sa transparence, déroulait ses voiles salés. Elle s'élançait fièrement, en courbe fine comme lame. Tranchait le vent et le gardait prisonnier dans un souffle puissant au creux de la vague.
L'instant était passé.
Elle poursuivit sa danse. Expira violemment le vent retenu. Éclata en flocons d'écume blanche, s'éparpillant dans le vent dans un voyage extraordinaire. Elle volait comme l'oiseau en bulles irisées. S'évaporait parfois en embruns vaporisés.
Elle était.
Et aimait que l'on la nomme Océan.
20 mai 2006
Pruine
C'est un peu de guingois, il le sait bien !
Comme la pluie qui est soufflée par le vent.
Comme la nuque qui se penche pour fendre l'air.
Et pour regarder d'autres oeuvres, allez donc sur le site de Tanguy Dohollau...
18 mai 2006
M'dame Sophie du Québec...
Allez, ceux qui veulent voyager peuvent réserver leur billet. Un ptit détour dans une ville du bord de mer. Saint-Jean-Port-Joli, ça me fait rêver, moi ! Là bas, au Québec, du beurre d'érable sur une tranche de pain grillé, et une expo ; le programme vous va ? Un clic sur le lien, et vous avez un avant-goût de ses toiles...
11 avril 2006
Jardin intérieur
Être, en pelouse fraîchement tondue. Parfum puissant et brins qui
s'accrochent aux chaussures. Avec ses pissenlits qui font de la
résistance, tendant leur coeur jaune au ras de la terre. Qu'il faut
extraire au scalpel pour en arracher la racine profonde.
Être, en tapis vert qui se plumette de pétales de cerisiers. Tissu-plumetis d'antan, aussi fragile que gracile.
Être, en terre dure qui s'effrite sous les doigts aimants du jardinier. En cailloux collés d'argile jaune.
S'épanouir en vapeurs acides sous la caresse du soleil. Et laisser les pousses impatientes crever les mottes.
Ne plus fermer les yeux.
Laisser aller la vie qui naît en coeurs se balançant au vent.







