Motus et bouche cousue

Mots jetés à tout vent, mots libres, tout simplement.

31 mai 2006

A demain, chef

C'est con, ce qui m'arrive, pas vrai, chef ? Pourtant, le matin, je passe mon badge. Comme avant. Puis je monte les escaliers deux à deux. Question d'habitude.
C'est con, je n'ai plus envie de m'arrêter au service informatique pour attraper les listings. Plus tard. Après le café. Ca fait tout drôle d'avoir gravi pendant deux ans les étages, les listings quotidiens d'un côté, le café de l'autre. Maintenant, je grimpe à vide. Puis je redescends cliquer sur la machine pour mon gobelet chaud. Et les prendre, ces putains de listings.  Tu sais que je consulte même mon solde de jours de congé ! Pour un peu j'en rigolerai presque, pas toi ?  Et même mes heures sup. Et je jette un oeil à l'horloge Windows, aussi. Celle que j'ignorais avant. Pour ne plus trop en faire, de ces heures que je donne, pour rien, pour finir le boulot. Ces heures là me pèsent maintenant. C'est con, pas vrai ? .
Je vais travailler.. parce qu'il le faut. Avant, j'aimais bien, pourtant.
Peu à peu les conflits se sont installés, larvés, jetés à la figure, et maintenant silencieux. Le pire, chef, c'est mon silence, tu le sais bien. Je m'assois et me tais. Comme ce matin, pour notre sacro-sainte bilatérale.
"Ne coupe pas les ponts avec l'équipe"
"Les mails suffisent, ça fait une trace. Et je suis sûre d'avoir donné l'info à tout le monde."
"Ne fais pas ça, tu es leur responsable"
"Moi ? Tu veux rire ! Ils gagnent plus que moi, se foutent royalement de boulot s'il n'est pas dans le cadre parfaitement défini de leur attribution... alors..."
" Tu dois surveiller que..."
"Oui, tu as raison, je flique même parfois, pour récupérer les grosses erreurs.  Il n'y a que le maternage que je ne supporte plus. Non. J'arrête. Tiens, tu vas rire, chef, tu sais l'objectif du ministère, oui, le tien, le mien, celui sur lequel on a axé tous le boulot, le nôtre, le leur...et bien je vais te raconter la dernière (...) si si, ils n'avaient pas envie, alors ils n'ont pas fait ! Ils sont drôles, non ? trop de boulot, ils ont dit. Cela fait deux mois qu'ils zappent discrètement... Je m'en suis aperçue par hasard..."
"Mais il faut faire une réunion d'équipe, là"
"Je n'ai plus envie, chef, je suis fatiguée d'eux, de moi".
Chef à moi anime donc. C'est leur copain, il aime bien être copain avec les équipes. Moi aussi je les aime bien, même si je ne suis pas leur copine. Peut-être parce que je dois aussi les faire bosser...
"Il faut que..."
"On a trop de travail, tu ne te rends pas compte..."
Silence avec rêverie intérieure. Tu sais bien, chef à moi la réalité. Tu n'es pas plus aveugle que moi... nous en avons parlé ce matin même...
Qui faisait sa déclaration d'impôt tout à l'heure ? Oui, toi, le surbooké.
Et qui jouait au Sudoku après avoir cherché un gîte pour l'été ? toi qui revendiques ne pas pouvoir tout faire.
Tiens, et toi, avec tes pauses café de deux heures, le stress passe ? Et toi, qui papotes avec ta nombreuse famille ?

Oui, chef à moi, tu le sais, tout ça, alors c'est fini pour moi, tu vois. Vous avez refusé de comprendre que j'avais besoin d'aide ? Ou plutôt si, vous le savez, mais... puisque j'y arrive, n'est ce pas ? Vous avez refusé d'entendre que deux ans à assumer toutes les fins de mois-début de mois, y compris août, ou décembre, parce que je sors des résultats conjoncturels -oui, ça commence par "con", c'est con, ça, pas vrai, chef ? -, et bien, cela m'épuise le goût du travail. Et que personne ne veut apprendre le nouveau logiciel. Pas partie de leurs attributions, ils disent ! La retraite dans 5 ans, ils s'y préparent, ils m'ont expliqué.
Non, tu sais bien que je n'ai jamais joué à être malade. Mais, vois-tu, depuis quelques semaines, j'ai de drôles de crises d'appréhension, parfois. A l'idée de devoir retourner au boulot.
C'est con, pas vrai ? Mais je suis là, tu le vois bien.
A demain, chef. Tu sais, si je n'avais pas des partenaires qui attendent mes chiffres pour bosser, et bien... je crois que je serais au bord de l'Océan, et que je marcherais sur le sable de longues heures.

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15 mars 2006

Mouse prothèses

Bon, je me sens un peu seule, là. Dans mon bureau. Vous venez ? C'est sympa, merci. Je fais les présentations alors...

du_bureau1

Alors voilà, ordi, bloggueur. Bloggueur, ordi. Vous voyez, ce n'est pas difficile. D'autant qu'il ne va rien vous faire, il est quasi muet. Quasi -comme le veau -, parce qu'il n'aime pas du tout-du tout que j'appuie sur Entrée quand il veut que je valide. Par exemple. Pour le coup, il braille "tûûût". Mais sinon il est sympa.
Et mon tapis de souris psychédélique, vous aimez ? Tendez le bras. Encore un peu plus. Non ? ce sont les limites du virtuel, tant pis. Ce n'est pas un Yin-Yang façon zen, nonnnnn ! C'est... comme des prothèses pour seins en état embryonnaire, tout splouch-moelleux, mais pour mon poignet. Ben voui, elle part en vrac la mouette, alors il lui faut un petit coussin pour ne pas abîmer le coude droit. Bon, ils sont tous d'accord, au boulot, parce que l'an dernier j'ai passé 3 semaines dans une ravissante attelle napoléonnienne après l'opération. Plus 2 semaines encore sans pouvoir m'en servir. Du bras droit. C'est long ! Pour ceux qui faisaient le travail à ma place... J'étais ma-la-de. J'adorais ça, d'ailleurs. Sauf pour m'habiller (si si, tentez donc d'enfiler vos chaussettes d'une main... et ne comptez pas non plus pouvoir boutonner quoi que ce soit, ou remonter une fermeture éclair... impossible !). Pas de cuisine, de ménage, ou de vaisselle. Le maquillage réduit au minimum (essayez de la main gauche, les filles, vous allez comprendre !). Les journées avec pour seules contraintes les heures d'ouverture des musées. Et les visites impromptues, et les soirées sympa. Normal, je ne pouvais rien faire, j'étais invitée tout le temps... Bon, j'aimerais bien être encore malade comme ça, moi ! Mais j'aimais moins quand je suis passée aux séances de kiné...
Bon, enfin, là, je me disperse, vous êtes là pour visiter mon bureau. Que pour ça. Comment ? Oh, tu es vraiment super sympa d'avoir dit que c'était aussi pour ma compagnie. Je te revaudrai ça, tu sais. Parce que mes petits fichiers... ils m'ennuient parfois ! mais alors, gravement !
J'aime les mots. Ces trucs qui veulent dire quelque chose.
Les chiffres... Pour sûr, il ne leur manque que la parole.
Vous imaginez  17 390,568224 en train de discourir ? Moi, non. Mais bon, vous, peut-être, hein ! L'idée que ça puisse parler ces trucs là... un vrai cauchemar... J'imagine A79 qui ne veut pas calculer son évolution avec P9, mais seulement avec sa copine F78. Et les voilà qui s'insultent, qui quittent leur cellule en claquant la porte. Et moi, en train de devoir faire du mamagement management avec eux (le lapsus m'inquiète, non, je ne veux pas être leur maman au boulot, non... quoique ce n'en soit pas loin parfois, mais c'est une autre histoire, ça) ... Pitié....
Alors voilà. Bon, je retourne travailler. Il faut bien. Mais je reviendrai voir si vous êtes là, au chaud, derrière le petit fichier. Au fait, vous voulez un café ? Une cigarette ? Un bonbon ? Nonnnnnn, ne partez pas.... je ne veux plus travailler....

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06 janvier 2006

A classer

Objectif atteint. Dossier cartonné gonflé de papiers. Dont la sangle peine à serrer la taille. Vendredi. 16 heures. Refermer l'armoire aux archives de travail abattu. On achève bien les chevaux. Descendre boire un chocolat, il faut cela pour fêter le bilan clotûré.
Rire avec mon Italien favori. Aux yeux cernés. Qui m'a avoué, penaud, m'avoir acheté en Italie du Parmesan, du Marsala et des biscuits Pavescini. Pas que pour moi, le parmesan. Il en avait 5 kg ... Qui sont encore à Rome, oubliés dans la cuisine familiale, avant de prendre l'avion.
Répondre aux mails en souffrance. Signer les dernières cartes de voeux officielles. Dieu qu'elles sont laides ces cartes là ! L'administration a du oublier qu'elles seraient vues avant d'être lues. Les parapher quand même et revoir les miennes, aux fleurs peintes de pastel, aux cailloux lisses.
Objectif atteint. Je ne connais rien de meilleur - quand elle s'arrête - que cette pression qui me prend la tête comme dans un étau qui se resserre lentement. Ma concentration est alors au maximum. Un pas en arrière pour deux en avant. Il n'y a vraiment que les dates que je me fixe à moi-même qui me stimulent autant. Et quand le dernier enregistrement est fait... sublime légèreté qui m'envahit le corps tout entier. Fermer les yeux et sourire. Et tout oublier.
Téléphoner, pour rien, pour l'embêter dans son travail. J'ai alors tellement envie de rire qu'il n'a pas le courage de me raccrocher au nez. Me liste les points un à un de son contrat à étudier, que je reprends et transforme en hachis de mots amusés.
M'accrocher, à rien d'autre qu'à cette liberté exquise du dossier terminé. Qui ne va plus peser dans mes pensées ni être si vif dès mon réveil. Il s'évapore, me laisse légère et sereine. Vendredi, 16 heures. Terminé.
Je vais aller me glisser dans un bain parfumé au jasmin. Des années que je n'ai pas plongé dans un bain ! Un grand verre empli de jus de citrons et de glaçons à côté de moi. Pour le tintinnabulement et le crépitement des bulles. Pour la ouate humide de la tête qui descend dans l'eau et se déleste de son poids. Pour l'odeur douce comme un hammam au parfum d'Asie.
Pour me faire plaisir.

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09 décembre 2005

Réunion

Puisque nous nous connaissons tous, je propose de commencer la réunion.
L'ordre du jour comporte cinq points... il me regarde, je le sais, je suis sûre qu'il sourit de mon air si sérieux ... et nous allons donc commencer... par lui, je vais le déstabiliser un peu, chacun son tour....
Le développement d'Ethernet (...) oui, aidez moi à aller dans l'éthéré, mon amant, je vous attends  ... cependant les ressources disponibles (...) moi, regardez moi bien, une connexion au réseau des corps, qu'en pensez-vous ? .... je propose donc que notre axe de développement (...) en public, non, vous n'oseriez point !... et ceci malgré les contraintes budgétaires.
Bien je pense que Monsieur B. va pouvoir nous parler des limites du budget... cher amant,  je frémis de votre voix si professionnelle parfois... Oui, vous proposez donc que l'échéance soit reportée sur 2007, qu'en pensez-vous M. A ? (...) et hop, à toi la balle, sois brillant, j'adore tes envolées où même toi as du mal à suivre l'analyse que tu développes ! La ligne budgétaire n'a donc pas été votée au dernier conseil d'administration ? Le décompte effectué en (...) des contes de fée ... Mme C; nous vous écoutons à ce sujet (...) tu l'écoutes, toi ? moi, elle me barbe prodigieusement !... Oui, merci, mais je dois vous interrompre, le temps nous est compté.
Nous débordons de l'ordre du jour, je propose que soit inscrite la question au prochain  (...) si nous en discutions au restaurant ? ... et je tiens à remercier tous les participants (...) oui, toi encore plus qu'eux. Si tu n'étais pas là je m'ennuierais à mourir !. Bonne fin de semaine à tous.

Mail de X à Y
Objet ; blue is blue
Tu me manques. J'ai cru mourir en réunion tout à l'heure. Quand tu m'expliquais tout ce dont nous avons déjà parlé, ailleurs, sans personne autour de nous. Je revoyais tes mains dans les miennes, alors que tu secouais ton stylo-plume !
Mail de Y à X
Objet ; blue in the sky
Je te regardais, j'aime bien quand tu prends ton air de dame sérieuse ! ... Tu me manques. Es-tu libre ce midi ? Quant au stylo-plume, je t'interdis de te moquer, il ne marche qu'avec toi !!! Screu gneu gneu.

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30 novembre 2005

Un sourire ? Un petit ?

C'est tellement facile de faire pleuvoir l'émotion. D'émouvoir. Tellement facile. Le rire, ou même le simple sourire, avez-vous remarqué comme les mots ne s'y prêtent guère ? Ou alors, le plus souvent, accompagnés. Comme dans les bandes dessinées. Seul Gaston Lagaffe a réussi à m'arracher des éclats de rire, par exemple. Et j'ai connu certains s'étouffant en lisant "Zazie dans le métro" (pas moi, je n'aime pas !). J'avoue un faible pour "Le petit Nicolas" qui a bercé mon enfance, j'en ri encore ! Mais comme il est difficile de donner de la joie par quelques écrits ! Attention, je ne parle pas du bonheur de lire, non, seulement des sourires, comme "autour d'un café ", avec des amis.
Je tente l'exercice parfois, en me défoulant avec une saine envie de me moquer, y compris de moi, bien sûr. Pourquoi est-ce donc matière rare ? La question me tracasse, me turlupine.
Pourtant je souris souvent au cours de mes journées, mais écrire cette émotion... impossible. Elle est passée par un regard, une voix, des gestes, mimiques, exclamations. Tout ce que je ne sais déposer en lettres sur clavier.
Tenez, comment vous décrire ma mine contrite, ce matin ? Mine de l'angelot qui a transformé un nuage en passoire en jouant au jokari dessus. Parce qu'il y a plein de moments où être contrit est indispensable. Ce matin, il me fallait trouver la mine adéquate, celle qui ferait sourire et entraînerait le pardon attendu (avec force contritions de ma part). Je devais rendre à son propriétaire un livre qui avait fait une grasse matinée imposante (très) sur ma table de chevet. Et oui, j'avais oublié de le rendre, persuadée bien entendu que cela était impossible...Imaginez donc ma main tendant le livre oublié, dépassant de la salle de la cafétéria. Que la main, et le livre au bout... Imaginez la tête des passants du couloir. Effrayante main tendue, accrochée au livre, main dans le vide, attendant la propriétaire conviée à partager un gobelet en guise de pardon... Bon, j'ai été pardonnée, mais vous n'avez pas le sourire ; normal, vous n'étiez pas là ! Je ne sais pas, moi, fermez les yeux, imaginez, tentez le sourire... Non ? C'est bien ce que j'écrivais plus haut... pas facile... pas facile du tout...
Ou alors - mais encore eût-il fallu que y assistiez ! - ma discussion en éclats de rire avec Guiseppe, notre nouveau stagiaire. Devinez d'où il vient ? Je sais, j'ai trop de chance... avec son accent qui me... waouh... qui... Oui, d'Italie !!! Alors j'en ai profité bien sûr. Il a du me parler en italien, que je ne comprends toujours pas (mais c'est un jeune homme bien élevé, je suis sûre qu'il n'a rien dit de mal). Puis nous avons été obligés d'aborder le sujet du Tiramitsu. Oui, parfaitement, o-bli-gés. A cause d'Arcadia. Qui doit m'en faire un pour ma visite en février. Elle veut des biscuits Pavescini.. Et lui, sa mama les fait avec d'autres, dont j'ai oublié le nom....
Ma qué se n'est pas grrravé, ze vais à Noël en Italie, ze t'en ramènerrrai....Des deux marques, que tou vois la différrence...
Oh, je vais craquer avant qu'il n'ait fini son stage ! Je me sens même capable d'aller cantiner pour qu'il continue à me parler avec son acccent diabolique !
Bon, ai-je réussi à vous faire sourire ? Un peu ? Une once microscopique de chouïa de petit sourire ?

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23 novembre 2005

En dévalant le mont évaluation

Pou pou pi dou... (non, pas Pompidou, pou pou pi dou comme Norma)... les évaluations, c'est fini ! 
Sans crise de larme, de rage, de vent d'émeute. Finies !
Moi, je les trouve admirables, les miens à moi membres de l'équipe. Ils doivent déjà nous supporter (moi et mon tempérament assez speed ). Ils doivent accepter que je leur parle de trucs qui leur importe autant que leur dernière chaussette trouée. Que je note le tout par écrit, qui plus est. Que je leur fixe des objectifs, louables, certes, mais quasi issus d'une stratosphère qui les laisse de glace. Ils me laissent, en souriant presque, parce que j'ai la gomme qui travaille pour les tournures de phrases option "pas de faux plis". Ils écoutent avec une once de concentration qui m'émerveille. Et quand arrive le moment fatal où je pose le crayon pour leur laisser la parole libre... ils la prennent avec des gants de velours. Je vous assure, je sais qui je suis au travail, je ne mérite pas tant. Donc, arrive le moment fatal où ils ont la parole libre. Je leur demande de m'évaluer à mon tour. A l'oral, certes, mais avec l'option "allez y, j'ai fumé une cigarette, je suis prête". Pour savoir si j'ai quand même répondu aux objectifs qu'eux-mêmes ont du me fixer derrière leur cabosse quand je les persécutais parfois. Et bien, ça roule. Aucun pour se défouler. Non ? Mais profitez-en screu-gneu-gneu, il faut bien que je progresse moi aussi. Votre évaluation est terminée, la note apposée, allez-y. Comment ? ... Je ne suis pas trop... ? Vous êtes sûrs ? Il y en a quand même une qui a pronnoncé ce discours exquis :  "Tu sais, on le voit que tu fais des efforts, mais, chassez le naturel et il revient au galop ! On ne te changera pas, tu es speed. Quand tu arrives dans le bureau, tu tentes de ne pas aller droit au but, et ça nous fait rire, parce que après tu vas deux fois plus vite, pour rattraper le temps perdu !". Je dois être vraiment comme Guignol, je pense. J'arrive avec le bâton derrière le dos, et eux rigolent parce qu'ils le voient qui dépasse.
Tandis que moi, quand Chef m'a évaluée... et bien...
Évaluation de Mouette = Chef la passe en premier pour être ravi de faire les autres après.
Non, ne croyez pas que je ne sois pas angélique, parfois, mais là... Moi, je dis. J'emploie même des terribles mots parfois pour aller avec "ce *** de diagramme de *** qui est imbuvable", et que "non, je n'y toucherai pas à ce ****", et que "oui, d'accord, je propose autre chose (screu-gneu-gneu je me suis faite avoir là !)", mais "*** ce n'est pas moi qui le touche ton *** de salaire". Chef, ça le ravigore de m'évaluer. Il ne met que des jolis mots, alors que ses oreilles sont toutes rouges de mes *** mots. Même que je sors fumer une cigarette, à la mi-temps. Mais il rigole de plus en plus, parce qu'il paraît que s'il met moins de rouge sur mes "copies" c'est que je me suis adaptée à sa façon de travailler. Oser me dire ça ! Et je remonte sur le ring, reprend mon souffle pour un round. Je lui dis qu'il n'est rien qu'un affreux *** et il me répond que le boulot a bien avancé cette année. Et que, mais non, il n'est pas fâché de mes ***, même si moi je le suis. Quand je finis par poser mes mocassins sur la table en regrettant de ne pas avoir amené les bottes (pour le cirage), ça le fait rire. Et je reviens la lui ramener, signée, sa *** d'évaluation, en plus !
Et nous parlons de la prochaine réunion, où nous partons en moto, après que je lui ai promis que je ne ferai rien d'autre que de me tenir tranquille pendant qu'il conduit, et que non, je n'écrirai pas de textos en même temps. Chef a l'art et la manière de me faire devenir angélique parfois. Tout bien réfléchi, il doit même être un bon Chef pour  arriver à me faire faire des trucs qui ne sont pas censés être de mon ressort. 
Et je hais les Ministères qui nous donnent des objectifs impossibles à tenir. Je les hais.
Pou pou pi dou... les évaluations, c'est fini ! 

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19 octobre 2005

P*** de variable !

Afin de vous épargner une lecture fastidieuse, ceci est une mise en garde ; je me défoule dans cette note après ma journée de travail. Oui, comme si vous étiez mon mari ! Alors zappez si vous êtes déjà pourvu en matière de racontage de stress, moi, j'ai besoin de me défouler. Et je n'ai pas de mari, alors c'est vous qui allez trinquer ! A bon entendeur, salut !
Le travail c'est la santé, la la la la la la la.... Cela faisait deux heures que je compulsais, d'une main de plus en plus fébrile, les divers guides. Deux heures à tenter de trouver cette p** de variable qui figurait sur ce fichier à traiter rapidement. Résister à la solution "de facilité" du troisième appel de la journée au centre national. Je les aime bien, certes, mais je fatigue à devoir demander... toujours demander...je fatigue grave...j'aimerais tant que toutes les docs soient en ligne, moi... Déjà, au second appel, j'avais légérement senti un énervement monter en moi... Trop logique, trop cartésienne, la mouette, il faut que tu apprennes un peu le flou !!!
Et puis le craquage. De ma patience. Cette p*** de variable restait trop bien cachée.
Dans un grand bruit de respiration profonde (zen, reste zen) et de cliquetis sur le clavier. Trouver un autre membre du centre national à qui demander. (Ils me connaissent tous, j'ai organisé une réunion cette année, et ça, c'est pur bénéfice à long terme. Surtout de les avoir emmenés sur une péniche lors d'un délicieux repas... ! ) Oh, lui, là, parfait ; il est responsable qualité, ce fichier doit bien venir de ses neurones de pervers dans les croisements de fichiers ... Vouiiii, j'ai gagné ! Et il est lo-gi-que et car-té-sien ! comme moi ! c'est lui qui me l'a dit (non, il ne m'a pas demandé en mariage pour autant). Parce que le fichier était bien son bébé. Et que la variable inconnue... et bien lui...il a hésité avant de me le dire, a craint entendre un cri de rage et un gargouillis d'étouffement à l'autre bout du fil... lui l'avait faite précéder du mot "proposition"... Proposition de variable....Elle n'existe pas encore screu gneu gneu ! On a bien ri... moi un peu jaune quand même du temps perdu....On en a profité pour s'échanger des liens (mais non ! n'imaginez rien, des liens comme ceux entre amis-liés), pour parler de tout ce qui pourrait se faire si les logiques prenaient les choses en main. Quoique, je me demande si ce serait très rigolo.. mais bon, pour le boulot ce serait carré ! Même que moi je proposerais alors un fichier qui les rassemble et les détaille par ordre alphabétique ces screu gneu gneu de dizaines de variables aux noms martiens... pour éviter de regarder dans 27 doc où est celle que l'on recherche... C'est drôlement pratique l'ordre alphabétique, je trouve. Plus que l'ordre d'apparition dans des sous-applications.
Pour mon prochain poste, je crois que je vais demander à être à la photocopieuse au bout du couloir. Même que je serai prête à offrir un petit café, un grand sourire et un nuage de parfum (cadeau pour Zacki) à tous les visiteurs ! Non ? Je ne l'obtiendrai pas ? Et pourquoi ? Vous croyez que je suis capable de faire des stat sur les consommateurs potentiels ? Oh, quelle excellente idée, ça ! Allez, je postule demain !

Posté par Mouette rieuse à 18:57 - îlot boulot (16) - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 septembre 2005

Angélique

Vous savez que parfois je suis un être absolument délicieux ?
Oui, parfois.
Quand je ne suis pas horripilée par des "trucs" qui me mettent... les nerfs à vif, les neurones en position surchauffe (où est le off ? ), l'humeur en rouge violet, les dents en dents (ben oui !) de fourchette prêtes à grincer au premier mot.
Parfois, adorable délicieuse je suis. Prête à rendre moult services. Tenez, par exemple,  en expliquant pour la quinzième fois à grisâtre-colorée-en-cuivre-reflets-acajou que le recto-verso sur la photocopieuse, c'est là. Et après un "mais non, ça arrive à tout le monde d'oublier !", je pars en sautillant et l'ego gonflé à bloc d'être si douce et pétrie d'un altruisme rayonnant.
Parfois, mais ce n'est pas toujours le cas. Quand je pense à autant de gentillesse de ma part, je me sens première bouchée d'un fondant au chocolat. Et je baisse pudiquement la tête, faussement gênée de ces remerciements flatteurs dont on ne cesse de m'abreuver. Ne soyez pas jaloux, je suis sûre que si vous faites un effort, vous aussi en serez loués (comme les poulets, avant d'être décapités et rôtis). Je suis alors petit chamallow aux couleurs pastels, petit piment qui n'est pas encore mûr. Hé hé, adorable je suis. Mon auréole me fait même courber la tête pour ne pas s'accrocher au montant des portes. Un angelot (oui, vous savez, ceux aux cuisses comme pilons de poulet).
Parfois quelle merveilleuse collègue je suis ! Lavant la cafetière où un reste de truc noirâtre a caramélisé de façon répugnante. Souriant (d'un air absent quand même, j'ai mes limites) aux vannes stupides des collègues (vous savez, les blagues sur les blondes, les belles-mères, les épouses, les trucs qu'ils trouvent drôles, quoi), remettant en état les icônes disparues (mais oui, ça arrive à tout le monde ! Mais comment font-ils ça ? Mystère).
Mais ce n'est pas tous les jours. Tenez, aujourd'hui, par exemple.
Il était 7 heures, je pédalais toute joyeuse de n'avoir pas eu la première averse de la journée... quand ce crétin de piéton a voulu rejoindre sa voiture en sortant du distributeur, sans regarder... ben oui, ça fait du bruit une voiture, donc pas de bruit= personne. S'il n'y avait personne, pourquoi regarder ? et bien j'ai failli le percuter en vélo et me vautrer bien sûr. Et là, monsieur crétin m'a reproché aigrement de ne pas avoir de lumière.  (de toute façon il n'a pas tourné la tête...pffft)... ben, voyez-vous, ça m'a fait sauter l'humeur. Parce que mon gilet fluorescent travaux-publics il se voit, sombre crétin. Et que je déteste la mauvaise foi. Non mais.
Alors évidemment au boulot, ce n'était pas le bon jour pour trouver grisâtre-colorée-en-cuivre-reflets-acajou, la bouche ouverte et avide, devant la photocopieuse. Parce que si j'avais pu lui coller la face sur la vitre et la faire tourner en recto-verso, je l'aurais fait. Mais comme je suis quand même adorable, je lui ai juste jeté (avec quelques postillons d'acide) que l'icône, là, elle expliquait bien la marche à suivre. Après bien sûr j'ai tenté de remettre le cerveau violet en mode "je me calme, souris détends toi". Et j'ai bu trois cafés. Je n'aurais pas du.
Parce que grand chef a moi il est venu dire trois horreurs sur sa femme (vous savez, la maman de ses quatre enfants, sa compagne de vie depuis 30 ans, sa femme quoi!). Il a juste dit qu'elle était inapte, paresseuse (je crois qu'il a rajouté, normal, elle est prof), stupide et... il n'a pas eu le temps de terminer ses amabilités quotidiennes à son égard. Parce que le violet de mon humeur était en train de passer au noir. Et dans ces cas je ne vois pas très bien s'il y a beaucoup de monde autour de moi, j'explose légèrement. Oh non, je ne crie pas. Jamais. Je prends une voix (oui, glaciale, c'est ça, généralement le silence se fait quand les glaçons tombent). Et j'ai lâché trois mots sur sa "lâcheté, son attitude méprisable, son manque de c...(oui, j'ai employé un mot qui représente l'anatomie masculine)... parce que si c'est pour penser ça, mieux vaut divorcer". Ah, je me suis sentie mieux après. Surtout qu'ils sont tous sortis de mon bureau. Et que j'ai pu tenter de trouver le mode "off" de la colère. J'ai essayé.
Aujourd'hui n'était pas le bon jour pour eux. Y compris pour adorable-qui-a-bien-vu-que-toi-tu-as-petite-mine, et qui n'a pas bien compris quand je lui ai demandé gentiment de bien vouloir comprendre que, non, je n'avais pas envie de discuter.  A la troisième fois elle a compris. Parce que je lui ai demandé si elle avait bien entendu.
Parfois je suis adorable. Je fais rire au café. Je dépanne en souriant les logiciels plantés pour la troisième fois suite à une mauvaise manip. Je fais même quelques douceurs à partager. Parfois.
Mais pas aujourd'hui. Sablés à l'arsenic, quelle bonne idée.
Demain sera un autre jour. Il faut l'espérer.
Mais comme ça fait du bien....de se faire sauter l'humeur !
Parfois.

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Au sec......

Aval.. mes mots, ils dispara... au seco.. ! Mais comm.. faire pour l..  empêc...  de se noyer ? Dans un ver.. d'eau, pa. plus. Une boué. à lanc.. peut-ê...Quelq'.. a déj. connu ç. ? Je voud.. bie. mais ils glis... com.. du savo. Et laisse.. des bull.. pour me narg... Pêche au gro.je sais p.. fai..just. mini-can.. avec peti.. hameç... Pourt.. j'ai chois. des vers jol..pour accroc... Peut-ê.. pas frais ? Mes mo... Au sec...!!!! Tenter la mouc.. ? Mode d'emp.. vit... j'les enten.. qui clapot...Ils joue.. sans moi.. vont se noy.. ? En ai bes.. enco.. un peu !
Mais qu'est-ce-........

50 739 9 314 129 258 18 724 246 186
13 991 2 000 30 846
13 842 2 334 39 465
22 199 4 498 56 175
36 648 7 347 85 029
52 922 9 031 145 605
41 650 9 006 103 571
39 351 7 507 99 157 19 448 253 724
27 971 4 367 76 196 13 342 260 302
25 382 3 417 76 493 12 420 221 253
18 767 3 089 53 778 7 682 210 408

NON!!! Pas des chiff... à la plac... NON   NON   Noooonnnnnnnnnn ! A l'aid.........

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10 septembre 2005

Requête Outlook-este

Cher monsieur de chez Windows,

Je vous prie de bien vouloir considérer ma requête avec bienveillance, même si le thème vous en apparaîtra futile de prime abord. Je vous le précise immédiatement, que vous fassiez suivre ce courrier à qui de droit, il s’agit du service de messagerie Outlook.
Bien, maintenant que « qui de droit » est concentré sur cette lettre, donc je vous expose les faits ; il s’agit des petites enveloppes apparaissant dans la barre des tâches lors de la réception d’un nouveau message. Voyez-vous, je ne suis pas en permanence les yeux rivés sur Outlook, je travaille sur d’autres applications malgré tout… et cette petite enveloppe est fort utile. D’autant que j‘en vois une quarantaine surgir dans la journée, environ une toutes les 15 minutes. Oui, je trouve également que le score n’est pas faramineux, mais tout dépend bien sûr de la teneur de ce mail là. Sachez que trois lignes suffisent parfois à me faire changer de couleur et à m’infliger trois journées de travail pour pouvoir y répondre. Donc, fort heureusement, leur nombre est limité ! Et d’autres, me conviant à boire un café m’emplissent de la joie brûlante-amère de mettre ce foutu ordinateur en mode « verrouillage de la station » pour dévaler les escaliers (trois étages tout de même). Or, ce mail là, reconnaissez qu’il est in-dis-pen-sa-ble que je lise le plus rapidement possible, sous peine de retrouver mon gobelet et moi-même, seuls, sans personne avec qui partager divers papotis. Ceci m’amène donc à cela ; ne pourriez-vous adapter votre Outlook omniprésent afin d’apporter quelques modifications à la couleur de la petite enveloppe ? Mais oui, vous l’avez compris… par la recherche de mots-clés dans le corps du message !! Bravo ! Quelques propositions ?
 si le mot « café » est détecté, j’adorerais qu’elle soit d’un brun chaud, avec une bordure haute ocre.
 si le mot « réunion » et «retard» sont proches, passez au vert, (vous pensez qu'une sonnerie est possible également ? comme un ptit coup de klaxon, là, pour me réveiller ) cela m’obligera à considérer qu’il faut que je m’éloigne rapidement de mes tableaux.
          si le mot « incohérence « est proche de « chiffres », n’hésitez pas à la rendre noire, franchement noire. Même avec des éclairs partout autour si cela vous plaît.
          si les mots «  libellule, copine, mouette, ptite conne (ne cherchez pas à comprendre !) » est dans le corps du message, rosissez, si si n’hésitez pas ! Moi, je comprendrai que ce sont des amis que j’aime qui me mailent.
 si les mots « cœur, manque, tu fais quoi à midi? » est au chaud dans le corps du texte (ah, j’en soupire de joie) alors là, aucune hésitation à avoir, je vous demande du rouge flamboyant. Et si l’enveloppe se mettait à clignoter en plus, je vous gratifierais de ma reconnaissance éternelle.

Comme j’ai pu vous paraître très personnelle dans ma requête, je vais vous prouver que je pense aussi aux autres, eux là, que je ne connais pas, mais qui Outlook-ent comme moi. Nous nous débrouillerons comme des grands, si, dans les options,  des choix de mots-clé et des couleurs à y associer nous sont proposés. Vous savez, comme celles qui existent pour attribuer une couleur suivant l’expéditeur (moi, pour mon Grand Chef c’est tout rouge)….mais Grand Chef ne le sait pas… il est daltonien. Tant mieux, comme ça il ne pourra rien faire avec ses petites enveloppes qui seront pour toujours sinistrement grises à ses yeux (ah, ça fait du bien d’écrire ça !).

Posté par Mouette rieuse à 07:00 - îlot boulot (16) - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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