19 juin 2006
Luna et sept mois
Ptit papillon, il ne fait pas trop chaud dans les cieux, parce qu'ici ça grille ! J'ai été voir ta ptite hier, en moto. J'avais des moucherons plein le blouson en arrivant. Tu te souviens, quand je lui ai appris à en faire, de la ptite pétaradante ? Elle avait une trouille bleue, puis... depuis... elle rêve de repartir un peu se balader avec ! Mais pas pour le moment, mais non... Elle préfère écumer les boutiques et craquer pour de la layette...
Imagine un peu la ptite, ronde-ronde à croquer, un vrai bonheur !
Nous nous sommes promenées un peu, avons contourné le lac, vu des grenadiers magnifiques (je t'ai mis une fleur sur le montage). Et regarde les pommes de pins, aussi rondes que son ventre à elle !
J'ai voulu aussi montrer ton sourire, et tes yeux. J'ai hésité d'abord... mais j'aime voir ton sourire se mélanger à ma vie. Celle là, c'est une photo post-chimio. Tu étais tordante avec tes cheveux bouclés comme un mouton, toi qui les avais toujours eu lisses ! C'est émouvant, que vous vous ressembliez tant. Surtout maintenant qu'elle se transforme en maman.
Et le papa (parce qu'hier c'était leur fête, le bébé a beaucoup bougé !) a fait le guignol, essayant d'avoir un ventre aussi gros que le sien... il a du mal !
Regarde ce qu'elle a ramené de ta maison de Paris ; un tableau avec des mouettes ! Oh, je l'ai mis dans le montage, lui aussi, parce que si tu es un papillon, moi je suis un oiseau, tu te souviens ?
Tu sais, elle est inquiète, la ptite, elle n'arrive pas à vendre ta maison, à Paris. Et les impôts sont intraitables. Elle sera obligée de prendre un crédit pour les payer, en septembre, si elle n'est pas vendue d'ici là. J'espère que cela sera fait ; elle est un peu jeune pour payer les taxes d'un héritage qui n'a pas encore été rêglé. A 24 ans, on n'a pas d'épargne. Mais bon, ici, c'est l'état qui fait la loi. Je serais curieuse de savoir ce qui se passe là haut, d'ailleurs. Au lieu de voleter doucement, tu pourrais nous faire un cours !
Bon, j'espère que les nouvelles te font plaisir ; même lapin Luna a tenté de te faire un sourire.
Oh, j'oubliais ; tu vois la pousse verte, en bas, à gauche ? Si ! c'est elle, la bouture que tu lui avais préparée l'an dernier, celle du laurier rose ! Tu sais comment ils l'appellent ? Le laurier-M... Célèbre, tu es célèbre !
Je t'embrasse. Tu continues à la protéger, hein ?
Mince alors, qu'est ce que vous êtes belles toutes les deux !
07 mai 2006
Une fleur safran
Bonjour, papillon bleu. Sais-tu que le printemps est là, sur nous,
qui ne sommes encore que simples humains ? Sais-tu que notre vie de
tous les jours reçoit les caresses du soleil, et que tes amis
papillons, ceux qui ne sont qu'animaux jolis, commencent à sortir
de leur cocon ?
Sais-tu que la ptite m'a donné une sacrée émotion, hier ?
Nous
étions partie toutes les deux choisir de jolis vêtements où glisser son
ventre qui s'arrondit doucement. Non, ne sois pas triste, ptite maman,
elle sait que tu es là. Elle te parle, tu l'entends, hein ? Elle est
dans sa nouvelle maison, avec un joli jardin. Elle me l'a dit "oh,
maman se serait régalée à jardiner, elle qui avait la main verte". Tu
vois, tu n'as plus qu'à transporter quelques graines sur tes ailes
bleues, elles donneront de jolies fleurs couleur feu, comme tu les
aimais.
Elle a été terrible, ta ptite. On voit bien que tu n'es
plus là pour courir les boutiques avec elle ! Entre les rayons
maternité et puériculture, je me suis laissée faire, en riant de ce
qu'elle me proposait de "sexy-mais non tu n'es pas vieille-allez, pas de chichis-ça et ça".
Elle m'a donc fait essayer des tas de vêtements... et j'ai craqué,
évidemment ! Elle me veut "jolie et pimpante". Messieurs les Hommes,
attention, la ptite veut que vous me remarquiez ! Me voilà donc avec des
habits aux couleurs de feu moi aussi ! Mais ne t'inquiète pas, je l'ai
gâtée ; elle si jolie notre future maman ! Quand nous avons rangé les
achats dans sa chambre, j'ai remarqué une chemise de soie safran, qui
irait à merveille avec sa robe. Elle l'a décrochée, a enfoui son nez
dedans, a respiré profondément, en souriant avec tendresse...
Sens, il y a encore l'odeur de maman.
J'ai respiré à mon tour, mais je crois que je voulais juste cligner bien vite des yeux et les sécher.
Tu vois, papillon bleu, même si tu n'es pas là, comme moi je le suis auprès d'elle, tu es avec nous. Et tu lui manques.
Tu sais, pour le bébé, ce sera Maéva ou Clément... enfin... pour l'instant !
N'oublie pas de déposer une graine de fleur dans le jardin ; je suis sûre que lapin Luna ne la mangera pas !
Dis,
tu veux bien m'expliquer pourquoi je n'oublie pas ton sourire aux anges
à l'instant où tu t'es envolée ? Tu étais si belle.
Allez, j'arrête avec les émotions. Viens ici que je masse la tête, coquine !
30 mars 2006
Les plus belles ailes, pour elle
Papillon bleu, j'ai un service à te demander. Non, pas pour moi
personnellement, tu sais bien que nulle ombre ne plane sur nous. Quant
à ta ptite, elle resplendit de devenir maman, tu le vois bien !
Non, ce service là, seule toi peux le réaliser.
Vois-tu, là-bas,
de l'autre côté de l'Océan, dans ce pays où les gens parlent
français avec un accent qui nous enchante, là-bas, où la neige recouvre
encore tout, quelqu'un a besoin de toi. Elle me l'a dit.
"S'il-te-plaît,
Mouette, pourrais tu t'assurer que si maman s'envole, elle ait au moins les plus belles ailes ? "
Oui, c'est du chagrin d'écrire cela. Du qui laisse le coeur en vrac. Alors moi, qui suis si loin, je pense aux ailes pour elle.
Des ailes qui seraient juste comme il faut. Assez fortes pour déchirer
le cocon de la vie, quand l'heure est venue, et se déployer dans un
bruissement léger. Comme ce soupir si doux qui a accompagné ta dernière
seconde, avant que tu ne t'envoles en papillon bleu. Dis, tu veux bien
aller là-bas ? Tu te poses près d'elle, et, doucement, à son oreille, tu lui dis comment ne pas avoir peur de ce beau voyage.
Tu sais, V. Hugo a écrit quelques chose de très beau. Je pensais à toi en le lisant.
"L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle ;
Les anges volaient sans doute obscurément,
Car on voyait passer dans la nuit, par moment,
Quelque chose de bleu qui paraissait une aile."
Maintenant, je pense à eux, qui sont dans la douleur. Elle ne savait pas, avant, qu'être impuissante fait si mal.
Je lui dirai les mots bleus
qui sont comme un ciel heureux.
Je lui dirai les mots gris
qui sont épais de la pluie.
Et
toi, petit papillon bleu, va l'aider à tisser les plus belles des
ailes, à cette maman qui va quitter ses enfants. Elle doit avoir du
chagrin de les laisser. Dis lui comment tu es là, dans notre coeur,
comment tu portes ta ptite de tes ailes si fines.
Je te remercie, tu sais, et je t'embrasse tout doux, tout doux.
09 mars 2006
Regarde !
Allez, malgré la pluie toute froide qui tombe ici, je t'envoie un rayon de soleil... à toi, car je sais que tu es là, toute proche de nous. D'ailleurs tu veilles sur mon sommeil ; ton aquarelle d'une vague est sur le mur, au-dessus de mon oreiller !
Et maintenant... surprise ! Regarde
la, ta p'tite ! Dans 1 semaine cela fera trois mois ! Sais-tu que le
papa est rayonnant de bonheur ? Qu'il est présent à toutes les visites
? Elle est encore plus belle, non ? De plus en plus.
Quand j'ai été
au concert de Linda Lemay, lundi soir, j'ai craqué pour ce tee-shirt,
que Linda portait elle aussi, qui est enceinte de six mois !
Tu
sais, ptit papillon, quand elle parle du bébé, elle dit toujours "c'est
la vie qui a repris ses droits". Et elle pense à toi, très tendrement.
Au fait, pour l'instant, ce sera Clara ou Clément ! On verra après...
Je t'embrasse...et non, ne t'inquiète pas, je n'oublie jamais, quand je
bise tendrement ses joues de le faire en étant un peu aile de papillon
bleu.
18 février 2006
Descends de ton nuage
C'est trop tard, tu ne peux plus te cacher, déguisée en papillon, en
courant d'air bleu. La ptite a su te retrouver, elle sait bien où tu te
caches ! Ah là là, les enfants, ils ont le coeur en double-vue. Ce pont au-dessus de sa mère morte...
cette parole de Linda Lemay, quand elle a résonné dans l'église, le 17
septembre, ces mots ont du être la première pierre de l'ouvrage.
Je
te l'avoue, ptit papillon bleu, la semaine dernière nous avions
rendez-vous, elle et moi. Et je la vois sortir du parking. Elle, mais
elle-femme.
Oui, la métamorphose a eu lieu. Poupée matriochka qui porte le germe
d'une nouvelle vie en elle, ta fille est devenue femme. Son visage a
changé, tu sais. Non pas à cause de la douce rondeur des joues, non,
c'est le regard. Plus profond, plus ample. Comme si elle regardait
demain avec la certitude qu'elle devait accueuillir ce jour à venir.
C'est un drôle de changement, et j'éprouve de la difficulté à te
l'écrire, ptit papillon bleu. Comment te parler d'elle que tu as
quittée
avec tant de tristesse. Et d'elle, qui t'a laissée enfin t'envoler de
ton corps fatigué. Vous vous êtes offert en dernier partage votre vie à
vivre. Parce que je te sais, oui, moi qui suis si terre-à-terre, je te
sais, en âme. Je n'ai pas ta croyance, mais je respecte tant la tienne,
que ton sourire lors de ton dernier souffle m'a dit que tu avais une
âme.
Ptit'femme s'est assise avec moi, au restaurant. Elle avait un
regard en secret à avouer. L'hôpital a daté le jour de la naissance de
l'enfant. Tu sais bien qu'il faut une date, pour tous les papiers, ici
le monde est toujours en filigrane de calendrier.
Voyons, neuf mois...
et bien cela nous amène au 17 septembre 2006.
Oui, le jour de notre adieu.
Alors
ce n'est pas la peine que tu penses être bien cachée dans ton nuage,
ptit papillon bleu ! Elle sait bien que le fil de la vie tisse de bien
jolies t-issu.
02 février 2006
News pour papillon
J'ai des nouvelles pour toi, ptit papillon bleu. Deux nouvelles ! Bon je commence par la première, qui s'est passée à Noël (je sais, ce n'est plus de première fraîcheur, mais j'avais trop de chagrin pour parler de ces jolies choses). Donc, à Noël, j'vais
voir la ptite, et, à peine bisouillée, la voilà qui me tend la main !
Bon, j'ai quand même encore deux neurones en état et j'ai compris
qu'elle ne voulait pas me serrer la pince. Juste me montrer sa main... et sa bague...
de fiançailles ! Siiiii ! Le ptit lui a fait sa demande à genoux ! Ils
sont y pas mignons tous les deux ?
La seconde nouvelle, j'hésitais
à t'en parler. J'attendais un peu...tu sais bien qu'il faut savoir patienter parfois ! Mais, si ça se trouve, tu la
surveilles de ton vent léger et bleu, et tu le sais déjà... Deux mois.
La grossesse a maintenant deux mois... Je suis fière; moi, la maman de secours ! Ça me fait tout
drôle qu'elle soit à son tour maman en devenir !
Alors
évidemment elle grogne un peu de ce qui accompagne le bout de vie qui
prends place en elle ; les nausées, ça, pas de souci, elle sait que ça
va passer.
Mais l'appétit ! Elle a des envies folles de... fromage... J'ai éclaté
de rire ! Elle n'a pas choisi le moins calorique... Le bébé aura des os
solides, tu peux me croire ! Mais la ptite peste parce qu'elle a un peu trop "bonne
mine" à son goût... Tu sais, quand tu t'arrondis un peu de partout, que tes
pantalons semblent prêts à craquer ! Deux petits kilos... Alors elle
fait des recherches ; et toi, tu as pris combien ? et tu avais faim ?
et les kilos tu les as mis où ? et sous le nombril tu avais une ligne
foncée ? et des boutons sur le nez ? ... Tu aurais entendu son sketch
sur les boutons de la "zone T"...Moi qui n'ai jamais eu d'acné, ce n'est pas croyable, je suis horrible
( tu traduis "j'ai deux boutons" ).
Voilà, papillon bleu, les nouvelles
de la ptite. Dis, tu veux bien aller voleter près d'elle ? Tu lui
manques, elle me l'a dit. Tu sais, même avec le bonheur de devenir
maman, c'est difficile. Alors tu descends de ton nuage et tu viens
faire un ptit tour ici. D'accord ? Elle a besoin que tu lui souffles à
l'oreille que tu la protèges. Et que le fromage c'est très bon pour
elle !
01 décembre 2005
La ptite
Hou hou, tu m'entends ? Une chouette déguisée en mouette qui appelle
un papillon... quel zoo ici ! Surtout que je t'ai écrit il y a peu.
Mais je chouinais, cela ne compte pas. Non, je voulais te raconter,
pour la ptite. Nous avons mangé ensembles ce midi. (d'ailleurs, ça va te
faire rire, elle a voulu payer ! Et puis quoi encore !). Trêve de bavardage, il y a multitude de
nouvelles. Je te retrace dans l'ordre dans lequel elle a commencé, ok ?
Après tout, tu la connais mieux que moi, ta fille ! Bref... Ta
la... je sens que tu frétilles... hi hi... Bon, j'y vais !
Troisième test de grossesse. Trois mois qu'elle essaye... "Je suis peut-être stérile ? Ou lui ? "...
Bon, là, tu m'imagines, j'ai éclaté de rire ! Mais d'ici à l'an
prochain, tu seras grand-mère papillon, j'en suis sûre. Bien sûr, elle
a tous les symptômes de la femme impatiente qui veut avoir un bébé ;
les seins qui gonflent, l'appétit qui se creuse... et le test négatif !
Je regrette de n'avoir jamais parlé avec toi de ta grossesse. Je suis sûre que ça va lui manquer. Mais son papa s'est
rapproché d'elle, depuis que tu n'es plus là, il pourra peut-être lui
en parler.
A un moment, on a dit en même temps, trois mois,
cela fera trois mois bientôt... quand elle ira au rendez-vous du
notaire. L'Etat va prendre beaucoup d'argent, mais il lui en restera
assez pour qu'elle s'installe. Ce sera bien.
Elle a parlé de toi,
aujourd'hui, mais sans douleur. On discutait de son boulot, tu sais que
je voudrais qu'elle ne reste pas auxiliaire de vie. Évidemment, elle me parle de cette annonce, de l'entreprise sacrément
intéressée par son profil, elle a donc envoyé un dossier. Mais elle n'a
pas encore de réponse...jusqu'à ce que je lui demande depuis quand...
Voyons, elle a répondu hier, a été contactée dans la soirée et a posté
les documents ce matin... Tu vois, toi aussi ça te fait rire ! Et elle
a rajouté, j'ai pensé à maman, quand elle me disait ; "Fonce, attrape,
suis ton instinct". Tu lui as donné ça, petit papillon, et c'est
beaucoup. Parce qu'elle y puise son énergie, la ptite.
Ah, j'ai eu droit à la question... "Et pour Noël, à part ....tais-toi, vilaine, tu aimerais quoi ?
". Non, mais, j'hallucine ! Elle en va pas commencer elle aussi à
vouloir que je sois "gâtée". Ils se passent le mot ; la pauvre, toute
seule, il faut qu'on s'en occupe... Tu vois le genre. Les enfants et
leurs gros sabots.
Tu sais quoi, ma belle ? Elle m'a fait un bien fou, la ptite.
Quoi
? Ne me dis pas que tu en es toujours là ? Pardon ? Le prix de la
jalousie que ce soit moi qui l'embrasse ? Bon d'accord. Passe moi tes
pieds. Pfft, quand je pense que tu n'as même pas de chaussettes ! Bon,
je commence par les talons ou les orteils ?
28 novembre 2005
Reviens...j'm'en moque d'être égoïste
Non, ne t'envole pas si haut. Reviens, petit papillon bleu.
Oui,
il fait froid ici, mais tu ne sens plus cela, ne l'oublie pas. J'ai
besoin de toi, de tes mots d'espoir, même à l'approche de la mort. J'ai
besoin de ta force, de ta lutte, de tes mots. De ta main. Je voudrais
retrouver cela, un peu. Je voudrais malaxer la terre avec toi. Et
t'entendre me dire que je fume trop. Je voudrais que tu me dises que la
vie est pleine. De ce que je ne vois pas parfois à trop m'aveugler. A
buter comme papillon de nuit sur la lumière.
Dis, tu m'entends ?
S'il te plaît, réponds-moi.
Fais-moi un pont de tes battements imperceptibles. Aide moi à traverser jusqu'à demain. Dis ?
Tu es si bien dans ton monde que tu ne m'entends pas ?
Oui, les humains n'ont pas changés, ils sont toujours aussi égoïstes, pas vrai ? Je ne pense qu'à moi, je le sais bien.
Mais
la p'tite va bien, je te rassure. Oui, elle va bien. Malgré tout. On a
un peu de mal à se voir, parce qu'elle travaille souvent la nuit. Mais
on se téléphone. Ça la fait rire, ce mot de travail, parce qu'elle dort
en réalité ; mais elle est là, "au cas où". Au cas où quoi ? Comme sa
jeune vie aura été marquée par ta maladie... Elle se consacre aux
autres, en a encore besoin. J'espère qu'elle va apprendre à penser un
peu plus à elle, bientôt. Je voudrais bien qu'elle ne soit pas trop
longtemps auxiliaire de vie, mais qu'elle soit plus égoïste, elle. Je
devrais lui en donner quelques uns, de mes égoïsmes bien ancrés qui me
font chouiner comme ça.
Merde, tu me manques, sale bête. Je te
déteste. D'être partie. Non, ce n'est pas vrai. Je ne te déteste pas.
Il y a juste que tu me manques. Tout bêtement. Jamais contente. Aimer,
détester, désespérer, éclater de rire... tu me l'as si souvent dit que
j'étais "trop".... Et je suis là, moi, toujours là. A t'écrire un peu.
Puisque tu ne réponds plus dans ton téléphone aux abonnés absents. Dis,
tu me fais un petit signe ? J'ai besoin de ta force, petit papillon
bleu. S'il te plaît.
Cette note est écrite à l'attention d'un petit papillon bleu...
06 octobre 2005
Toc toc, c'est encore moi !
Et bien oui, que crois-tu, que je ne vais pas te donner les
dernières nouvelles d'ici ? Tu te souviens, la planète bleue, là où tu
vivais avant. Même pas un mois et tout se bouscule dans la vie de la
petite !
Jeudi je t'annonçais qu'elle avait réussi ses examens. Si
tu savais l'air chafouin qu'elle a eu en rajoutant " et lundi je suis
au chômage"... Bon, je ne me faisais pas vraiment de souci, il faut un
peu de temps quand même ! Lundi, elle m'appelle, vers 14 heures. Je te
jure que c'est vrai ce que je vais te raconter !
Elle appelle donc et commence "je m'ennuie, je suis inutile, je ne sers à rien"...
Ta bouillonnante fille avait en tout et pour tout six heures de chômage
en passif ! J'ai failli lui dire qu'il y avait une tonne de repassage à
faire chez moi et les sols à laver, mais je n'ai pas osé, elle aurait
pu ... (et j'ai bien fait, parce que quand je le lui ai raconté
hier, elle a levé le sourcil, fait la moue et m'a reproché de ne pas
l'avoir dit ! Elle en aurait bien été capable de jouer à Madame Propre
pour se défouler !!!). Donc, elle me téléphone et finit par exploser "je pars, je vais faire du porte à porte !".
Là, je ne pouvais que l'encourager, la marche c'est excellent pour la
santé, pas vrai ? Tout ça, je te le rappelle, c'était lundi.
Bref, hier soir elle devait venir manger à la maison. Un texto "je vais être en retard".
Pas d'inquiétude, à 23 ans je comprends parfois cela ! Elle sonne... et
là... une tornade se jette à mon cou en poussant des cris de lionne ..."J'ai un CDI !!!". Le pire c'est que c'est vrai ! Grâce au porte à porte.... Elle est arrivée avec un peu de retard "parce que tu comprends, je n'ai pas voulu partir en leur disant que tu m'attendais !"...
Elle est extraordinaire. La vie lui tend des mains qu'elle s'empresse
de saisir. Ce n'est pas son métier qu'elle va exercer, elle devient ...
auxiliaire de vie ...Je sais qu'elle donnera à cette jeune femme
handicapée toute la vie qui bouillonne en elle.
Tu sais, je suis
sûre que tu es en paix dans ton nouveau monde, alors je peux bien te le
chuchoter, ce qu'elle a dit à la fin de la soirée... Je vais pouvoir penser à avoir un bébé....
Son ami (il est vraiment très bien, ce garçon) a eu un grand sourire !
Tout nouveau couple, mais portés par une force vive de vie.
Je
sais que tu as lutté des mois dans l'espoir de voir la petite devenir
maman. Elle était trop jeune, tu le sais bien. Mais nous avons pensé à
toi, et dans son coeur elle finira par t'appeler mamy en souriant.
Je t'embrasse, et même ... je te masse les pieds puisque tu aimes tant ça !
29 septembre 2005
Hou hou ?
Hou hou ? Tu m'entends ? Ce n'est pas parce que tu es papillon dans
les cieux que tu ne m'entends pas ! De toute façon, je te parle, là,
alors il va falloir que tu descendes de ton nuage, ma belle ! Allez, je
sais bien que tu écoutes... curieuse!
Tu sais qui m'a appelé tout à l'heure ? Mais oui, bien sûr, ta fille ! Et ? Devine quoi ? Allez, fais un effort !
Elle a eu ses examens ! Elle a réussi ! Oui !
Oh,
bien sûr, que crois-tu, moi aussi j'en ai eu la larme à l'oeil, pardi !
Quand tu penses qu'elle a passé cinq jours à plancher pendant que tu
attendais que nous t'accompagnons là-bas. A ne plus penser qu'à ça.
Malgré la douleur de ton absence. J'avais peur qu'elle les rate ! Je
lui disais "l'important c'est d'essayer, allez, on révise, ma belle".
Tu penses bien que les flots de larmes ils étaient derrière des digues
solides. On attendait. Merci d'avoir soutenu la petite, de lui avoir
donné la force. Elle est tellement... tellement ! C'est dur de dire ce
tellement là, pas vrai ? Et bien voilà, moi, "belle maman" (c'est plus joli que maman de rechange ou maman de secours, pas vrai ? ), et bien je suis fière d'elle.
Lundi
elle devient chômeuse. Mais ne t'inquiète pas, elle a ta force de
vaincre, ça ne durera pas, et je suis là, qu'est-ce que tu crois !
Et
puis il lui faut un peu de temps, à ta petite, pas vrai ? Parce que,
quand même, tu nous manques, tu sais...alors elle a encore du chagrin à
vivre. Il lui faut du temps pour construire son pont au-dessus de sa
mère morte.
Je t'embrasse. Comment ça tu préfèrerais que je te masse les pieds ? Mais je rêve !!!

