Motus et bouche cousue

Mots jetés à tout vent, mots libres, tout simplement.

22 juillet 2006

Echouage

On se reverra bientôt, juste après que j'ai séché le dernier point de suspension. Je pointille mes vacances. Petits points qui me déposent sous des pins, juste entre le bassin et l'océan.
Je n'ai rien oublié ; j'ai la crème solaire et les bouquins. Le papier, le crayon, les enveloppes et les timbres. Les serviettes, les tampons, les maillots, les tubas. Les sandales plastiques, l'appareil photo et le chargeur de batterie. La gomme. Le pull et le ciré.
Je n'ai rien oublié, j'en suis sûre.
J'aurai pour vous des pensées salées, des bouffées d'air iodé, des algues et des coquilles d'huître. Des grains de sable dans les chaussures et la résine des pins sur la voiture.

t__ch2
Merci Nadaiya pour ton tableau échoué sur cette p(l)age ...il y a même le bon nombre d'oiseaux !

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12 juillet 2006

Empreintes rougies

Evidemment, à la voir, on ne croirait jamais qu'elle puisse être une serial-killeuse...
Parce qu'elle aime à tromper son monde.
Pourtant elle en emprunte la trace rougie, en goutte à goutte.
Ses yeux sont comme ces icebergs dont on croit qu'ils ont siroté un cocktail bleu des mers du sud.
Ne vous y fiez pas, il y a de la braise dans ce regard là.
Son sourire est comme une fenêtre dont les persiennes laissent apercevoir les rayons du soleil, en promesse de bonheur.
Mais ses dents sont celles d'une carnassière. De caribou peut-être ?
Ses doigts sont dits "de fée".
Mais Carabosse est aussi une fée, ne l'oubliez pas.
La fée qui se cache à Québec a joué avec du sable. Oubliant la neige le temps d'une saison. La perverse fée l'a incrusté,  grains de sable prisonniers pour l'éternité dans du papier. Elle a saisi ses pastels gras et doux, les a déposés sur du papier sablé, pour le crissement moelleux, pour les ombres. Puis a doucement estompé. Les forêts et les cascades et les cieux chargés de lumière. Et sa peau.
Elle est maintenant une vraie serial-killeuse potentielle, sans empreintes digitales.
Mais je donne une piste aux enquêteurs terrifiés qui suivent sa trace effacée et parsemée sur des toiles au relief crissant.
Regardez bien... vous voyez ces taches rouge sombre qui parsèment le sol ? Ces taches écarlates et parfumées ?
Oui, parfumées, ce qui est le plus étrange ; mais je vous avais prévenu qu'il fallait vous en méfier, de son air angélique.
Ce sont des gouttes de Daïkiri-fraise, sa boisson préférée.
Elle les choisis bien mûres, innocentes fraises jolies, les passant au mixer aux lames tranchantes pour satisfaire son vice.
Vous voyez bien, ce n'est pas difficile de la retrouver.

Ah, j'oubliais, suivez aussi ce cheval là. Elle fuit souvent, crinière au vent.

__tout_vent
Sophie Lambert

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07 juillet 2006

...en souriant...

pause_w_e

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17 juin 2006

Sans parole, sauf pour qui sait voir

orange__vous_avez_dit_orange

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01 juin 2006

Arrache-clou

Elle m'a envoyé des pensées. Bien emballées dans du papier bullé.
Tout plein de pensées jolies, déguisées en graines, qui vont fleurir en coquelicots, en pavots, dans mon jardin. Comme ses mots avaient fleuri l'asphalte... il y a ...presque un an, ses mots en graine de pavé...
Elle a pris son marteau arrache-clou. Elle l'a posé à l'endroit blessé. A fait levier, et la tête épaisse a décollé la cloque qui s'infectait doucement. Pour que j'ai moins mal, elle avait gravé des musiques qui seraient douces à mes oreilles. Et je les écoutais en chantonnant.
Alors elle a pris ses mots. Et elle m'a demandé de nettoyer la plaie vilaine, la plaie cachée. Parce qu'il faut bien que j'y mette du mien, vous savez !
Et elle a créé encore, pour moi, cette composition de vent, de plumes, et de rochers dans l'eau. Parce qu'il est des paysages qui apportent la paix.
Et ses pensées déguisées en pavots aux coeurs noirs rendent mon jardin secret flamboyant.
Et mes yeux mouillés. Merde quoi, enfin, on a pas idée de me faire des surprises pareilles, en ce moment. Déjà que j'pleure pour un oui, pour un non, alors, pour des coquelicots...

fond_ecran_2006
Photo
Arcadia
Et pourtant, aujourd'hui, c'est elle qui devrait... c'est elle...
Alors je lui donne mon sourire, même pas emballé, juste un sourire, qui est né pour elle.

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30 avril 2006

La Marie.Poolite

(...) ça y est, j'ai la MariePoolite !
  Et voilà le commentaire qu'avait laissé un jour sur ce blog notre pétulant Yojik...
M.Pool, la curiosité piquée à vif a profité des portes grandes ouvertes de ce blog marin pour s'interroger ....
"Très curieuse de savoir ce qu'est cette nouvelle maladie "la Marie.Poolite" et très motivée à connaître son mode de contamination ( sorte de grippe libraire endémique ?) et très déçue de n'avoir débusqué aucune fiche descriptive compète sur internet , je vous suggère de la rédiger vous même. N'oubliez pas de prévoir le traitement qui va avec et d'ouvrir un compte à rebours pour sa disparition prochaine..."
Et bien voilà, M.Pool, après une enquête approfondie, nous avons désormais plusieurs pistes à suivre... La première, bien sûr, est de la plume même de Yojick....


Une nouvelle maladie rôde parmi nous.
Toujours sur le fil du rasoir, notre grand reporter Yojik a été missionné par le (presque) quotidien "Motus et bouche cousue" pour mener un enquête de fond sur les risques phytosanitaires futurs.
La tâche s'annonçait ardue parce qu'une chape de plomb protège ces secrets, mais voici ses recherches qui risquent de faire exploser le Landerneau du monde médical. En effet, les autorités, désireuses de détourner l'attention de la population, laissent entendre que les périls qui nous guettent sont nombreux. Toujours en partant d'un exemple animal, elles essayent d'affoler le peuple pour mieux l'abuser. Il en a été ainsi, de la maladie de la vache folle qui devait faire des dizaines de millions de morts et qui a amené à l'abattoir des millions de vaches (ruinant un peu quelques paysans au passage). Aujourd'hui elles tentent de vous faire trembler avec la grippe aviaire, qui viendrait d'Asie, transportée par les canards ou les poulets (non ! pas ceux de Nicolas S).
En réalité le danger qu'on nous cache est bien plus grand. Il s'agit d'une maladie cruelle et insidieuse : la Marie-Poolite. D'une évolution très rapide, elle se manifeste de la façon suivante. Alors que le malade a une excellente connaissance de l'orthographe, il commence à commetre des fautes d'innatention. C'est le premier stade de la maladie et à ce moment il est très difficile encore de la diagnostiquer. D'autant plus que le malade, en relisand ces textes, se rend compte de ses herreurs.
(Pardon il fallait lire : en relisant ces textes, se rend compte de ses erreurs).
Le deuxième stade de la maladie et bien pire. Le malade sent sans rendre compte, continut à faire des faute mais là, même en relisand, il reste dans une ignorence étrange. Le povre, son cerveaut est trop attaquer. Enfin, le dernié stade 2 7 maladi seré 1 écritur gnere SMS ac des abr. et D invertion 2 letre é il sans bleurait ke 2 nombreu djeun'z soa Dja attaké. Mal E reuseman, lent tidote n'existe pa enkor Mé D suppo avec D peti bou 2 dico dedans en diminu les éfé. C ce ke oim je pran, é je sui pa mécontan du résluta.
Voilute.


Pour Mad’, c’est vraiment une évidence. Elle va d’ailleurs bientôt lancer une campagne publicitaire internationale pour faire découvrir au monde ébahi cette merveille.

La Marie.Poolite est une casserole estampillée « de luxe ». Capable de chuinter, de mitonner ou de bouillonner, elle est bien entendu experte au bain-Marie, dont elle tire une partie de son nom.
Inoxydable, même dans les bouillons les plus acides, au PH (Petits Honteux et même Philosophes Humanoïdes) inférieur à 7, elle gardera son brillant magique grâce à sa capacité auto-nettoyante. La Marie.Poolite est dotée de deux poignées amovibles. Elle n’a pas de queue, sa faculté de cuisson « al-dente » des aliments la rendant seule digne des maîtres-queux. Mais attention ! Même si elle n’est pas culottée, elle restera toutefois culottable.
La seule à mériter l’appellation contrôlée « Marie.Poolite ».


Pour Toi, il y a bien longtemps que Moi entend ses propos contrits, voire agacés au sujet de la Marie.Poolite. Une casserole, que nenni ! Non, juste un virus. Universi-taire, que cette Marie.Poolite. Qui a le culot -oui ! le culot insupportable- de commenter chaque texte que Toi remarque lui aussi. Impossible pour lui d’en toucher un mot à Moi en primeur, la Marie.Poolite frappe avant lui. C’est donc avec un agacement certain que Toi constate, amèrement, que la Marie.Poolite continue à se reproduire, et que Moi se laisse envahir avec un bonheur non dissimulé. Vous l’aurez compris, Toi est jaloux de ce virus. qui a même réussi l’exploit de faire déménager Moi hors de sa "chambre des amours défuntes"… 


Pour Moi, la MariePoolite n'est ni casserole, ni un virus. Juste un courant. Electrique. Eclectique aussi. Qui pousse à grandes décharges musculaires Moi, sur son vélo. Pour effectuer de nombreux achats cartebleutables dans sa librairie favorite, après avoir noté sur des feuilles volantes les noms et maisons d’édition que le courant MariePoolitien avait déposé en alluvions. La MariePoolite, vous l’aurez compris, entraîne parfois à des dérives budgétaires. Mais Moi pardonne, elle aime la poémie amie. Cela lui donne des ailes quand elle les a coincées dans une porte de chambre forte.

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11 avril 2006

Au boulot, la mouette !

Sincèrement, que fais-je à répondre à un questionnaire de blog au lieu de travailler, hein ? Et bien la réponse se trouve dans les réponses... Merci Rainette....
1. Attrapez le livre le plus proche de vous, allez à la page 18, qu'y a-t-il d'écrit à la 4ème ligne?
« Les alchimistes cherchaient à fabriquer de l’or. » Page 18 de mon dictionnaire de poche. Bon, la prochaine fois, je pense à ne jamais me séparer de mon intégrale de Proust, la phrase aurait été plus longue.
2. Étirez votre bras gauche aussi loin que possible...
J’ai l’air stupide, là, je brasse de l’air ; c’est une ventilation très économique.
3. Quelle est la dernière chose que vous avez regardé à la TV ?
C’est dur comme question. C’était il y a deux mois, en visite chez Arcadia, il y avait un truc bizarre avec des joueurs de basket américains qui se lançaient des défis de fous. Ils étaient très rigolos. Même si je n’ai pas tout compris.
4. Sans vérifier, devinez quelle heure il est:
Je ne porte pas de montre parce que je n’aime pas les minutes. Pour le gros chiffre, c’est 9.
5. Maintenant, vérifiez, quelle heure est-il réellement ?
9, j’ai gagné quoi ?
6. En dehors du bruit de votre ordinateur, qu'entendez-vous ?
Le bruit de l’imprimante. C’est drôlement soft, ici. Je vis entourée de machines.
7. Quand êtes-vous sortie pour la dernière fois ? Qu'avez-vous fait?
Voyons, je suis sortie volontairement vendredi manger une pizza avec une copine et nous avons fini dans un pub. Et là, je me suis aperçue qu’il ne faut pas, mais jamais, envoyer des textos à des gens, même s’ils paraissent Honoré-ables, quand on a bu une Faro. Jamais. Et hier soir, je ne devais pas sortir, juste aller chercher l’ado au sport ; mais il y avait un anniversaire à fêter. Alors ils ont fait un duel de stickers très rigolo !
8. Avant de commencer ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Mes derniers job informatiques. Je n’aurais pas du. J’ai préféré surfer sur canalblog en suivant.
9. Que portez-vous ?
Ma conscience de faire quelque chose de mal. En écrivant ceci au lieu de travailler. Mais je suis fatiguée en ce moment. Très fatiguée par les bug. Extrêmement fatiguée.
10. Avez-vous rêvé la nuit dernière ?
C’est quoi, un rêve ?
11. Quand avez-vous ri pour la dernière fois ?
J’ose à peine le raconter… Hier matin, avec mes collègues de l’informatique. Quand j’ai dit, dans le feu de la discussion, que je n’avais plus la main sur le Q (raccourci usuel pour Qmaster), et que quelqu’un est arrivé en disant qu’il venait de re-router la queue. Une crise de fou rire. L’énervement certainement.
12. Qu'y a t il sur les murs de la pièce où vous vous trouvez ?
Des cartes de la région, trois calendriers, et une mosaïque de photos que j’aime un peu plus, planquée près de mon bureau.
13. Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
Mes jobs. Et les smileys, cœurs, trèfles et autres symboles, qui y étaient imprimés au lieu des données attendues.
14. Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Rien. Je ne pense plus. Je suis en état d’être tas.
15. Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
…voyons, avec Meryl Streep, « Petit dialogue avec ma psy », ou un titre avoisinant.
16. Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, qu'achèteriez-vous ?
Un chauffe-eau qui marche. Et un plombier polonais qui me serait dévoué jusqu’à la fin de ses jours.
17. Dites-nous quelque chose que nous ne savons pas à propos de vous.
Je dis des gros mots devant des listings. Parfois. Pas tout le temps. Mais de très gros gros mots, par contre.
18. Si vous pouviez changer une chose dans le monde, en dehors de la culpabilité ou de la politique, que changeriez-vous ?
Mon chauffe-eau. Et mon mitigeur de baignoire.
19. Aimez-vous danser ?
Oui Seule. Les yeux fermés.
20. George Bush:
Mais que vient-il faire là ? Dans ce mélange de trucs sans queue ni tête ? Je me demande si je ne viens pas de répondre à la question…
21. Quel serait le prénom de votre premier enfant si c'était une fille ?
Katia (et oui, ma fille, vois à quoi tu as échappé !)
22. Quel serait le prénom de votre premier enfant si c'était un garçon ?
Igor (pareil, mon gars, tu préfères le tien ? )
23. Avez-vous déjà songé à vivre à l'étranger ?
Non. J'ai déjà vécu à l'étranger.
24. Que voudriez-vous que Dieu vous dise quand vous franchirez les portes du paradis ?
En ce moment tu fais un cauchemar, en réalité je suis un feu follet.
25. Quelles sont les 4 personnes qui doivent faire ce questionnaire sur leur propre blog ?
Il ne manquerait plus que ça, que j’empêche des gens de travailler ! Comme moi !

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17 mars 2006

Fermoir de chaîne

J'aime bien les chaînes amie-liées qui me font me souvenir de ces années là, de ces bonheurs là. Alors voilà, Dia, puisque tu me l'as tendue, j'ai ouvert le fermoir, ai glissé quelques perles de ma vie sur la chaîne et l'ai refermée.
4 emplois que j'ai eu dans ma vie...:
Ouvreuse de cinéma (très très jeune)
Cuisinière (jeune)
Femme de ménage (à plusieurs époques)
Conjoncturiste (hi hi hi, c'est marqué sur le dernier avis de réunion !)
4 films que je peux regarder encore et encore...:
Breacking the waves
Sommersby
Autant en emporte le vent
Et celui que j'aurai le bonheur de découvrir
4 endroits où j'ai vécu...:
Papeete
Bayonne
Biarritz
Toulouse
4 émissions de télé que j'adore regarder...:
Je ne
regarde
pas
la télévision
4 endroits où j'ai passé des vacances...:
La Baule
Hossegor
Le Cap Ferret
Les gorges du Tarn
4 sites web que je visite chaque jour...:
ils sont nombreux, que j'aime lire, en pensées, peintures, coups de gueule, égarements textuels...
4 mets que j'adore...:
le pain
les glaces italiennes
l'andouillette
le fromage
4 endroits où j'aimerais vivre...
dans les bras de
*la paix
*l'amour
*l'oubli
*la vie.

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17 février 2006

Questionnaire, mais pas de Proust

Une grenouille me tendit du bout de ses doigts 10 toutes petites questions. Que croyez-vous ? Je suis Mouette rieuse, donc je joue !
Qui suis-je ?
Oiseau de passage, des cieux tropicaux mes ailes m'ont transportée tout d'abord au bord de l'Océan, puis dans une ville rosie de briques. Une mouette en ville ? Mais oui, avec ses îlots parsemés au milieu du fleuve Garonne, les oiseaux marins ont su aimer le charme de la vie citadine.
Quel âge me donne-t-on généralement ?
Suivant la lumière du jour, qui offre à mes plumes des reflets de perle ou parfois des rayons obliques qui rougeoient mes ailes, je peux encore paraître oiseau inspirateur. Mais des marées noires ont terni certaines plumes, ébréché mon bec. Je suis oiseau sans âge, si ce n'est celui tracé en sillons dans mon coeur.
Qui me connaît le mieux ?
Les flots, la mer, l'Océan. Je leur ai chanté mes peines, mes joies, mes doutes.
La chose la plus importante dans ma vie ?
D'avoir la force de voler encore.
Je porte toujours ?
Ma fierté, ma force, ma fragilité, en pierres baguées à mes pattes.
Je fais toujours ?
Une pause sur les ponts, sur les lampadaires, en regardant la vie passer.
Je suis plus heureuse quand ?
Les vents doux me portent en courbes longues, sans efforts, en danse avec mes amis ailés.
Le lundi matin je suis ?
Je ne connaîs ni les montres, ni les jours. Je ne connaîs que la lumière qui me réveille et m'endort dans sa marche autour du monde.
Mes yeux sont :
Souvent aigüs pour lire dans le regard des autres. Souvent humides ; certainement le vent.
L'objet que je préfère ?
Le nid que j'ai construit, de bric et de broc, de paille, cailloux et d'amour.

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03 février 2006

Lettre à monsieur canalblog

Monsieur canalblog,
je tenais à vous écrire ces quelques mots, rien que pour vous, en remerciement. Il était temps ! voilà bientôt un an que j'ai glissé ma fenêtre près de la vôtre. De quoi donc vous remercier ? Mais de cet espace que vous m'offrez ! Il est vrai, je suis l'identifiante de ce lieu là, successeur de celui d'une Grenouille,  blog auto-décapité (après en avoir effacé tous les messages, stupide que j'étais !) d'avoir mal su se protéger (pardonnez lui, elle était trop jeune pour comprendre qu'elle était libre d'écrire !). Mais surtout l'espace de la Mouette (moi-même, votre pas humble oiseau rieur), qui, sans vous, ne déploierait ses ailes que dans son petit cahier. Un petit cahier jaune, fermé par un gros élastique.
Vous m'avez offert un espace, Monsieur canalblog, que j'ai bleui, tentant de me souvenir de la couleur de l'encre de mon stylo plume abandonné.
Vous me laissez chez vous m'épancher, me moucher, taper du pied (droit ou gauche, exquise liberté) et m'évader en poésie. Tracer mes peurs, mes doutes, et même un calligramme-acrostiche en carasbitouilles. Vous me laissez déballer mes colères, hontes, complexes, amours, amants, amis. Et quand je pleure vous avez la gentillesse de ne pas délaver l'encre de mes mots en flaques illisibles.
Chez vous, je peux naviguer vers mon passé, mon présent, mon futur proche, sans me faire taper sur les doigts de mélanger allégrément les temps et les ports.
Vous m'offrez la liberté de m'y déguiser, d'y endosser en dehors de tout carnaval les costumes chamarrés de vies inventées. Vous ne me dites jamais "tais-toi", et portez même mes mots à un papillon bleu ou au père Noël. Presque sans jamais faire grève ou égarer les réponses à ces lettres...
Vous ne censurez pas mes mots, même quand quelques vilains s'y glissent. Je peux délirer en Elle-Je-Moi, sans que vous ne vous en embrouilliez les connexions. Je peux laisser une fille de joie parler de son homme, et un alcoolo fracasser sa violence en éclats avinés. Je peux m'asseoir sur un trottoir et laisser un bonnet rouge de SDF posé à côté de ma solitude, vous ne m'ignorez pas, et laissez d'autres identifiés me regarder droit dans mes mots.
Je peux étaler en drap soyeux les désirs inavoués. Tenez, j'ai même écrit les mots d'un amour que la morale réprouve, sans que jamais l'histoire de ces sens interdits ne soient jetés en fourrière.
Merci, monsieur canalblog, pour votre voie que j'emprunte, chaussée de mon clavier tout terrain. Je dérape parfois, tente l'équilibre en essuyant mes larmes avec quelques photos ou recettes. Cela efface les mots amers, ces douceurs sucrées, pas vrai ? Vous avez même débordé de cet écran pour m'offrir des amitiés, que je nomme, en égard à vous, amiliés.
Alors je voulais vous dire merci, tout simplement.
La Mouette

Posté par Mouette rieuse à 19:06 - île amiliée (65) - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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