23 juin 2006
Défi n° 17) tout au fond
" Je me souviens de moi à la lueur de cette étincelle... elle est partie.... je voudrais parfois penser qu'elle est juste endormie sous un lit de cendres et que je pourrai arriver à la raviver mais je n'y arrive plus.... et tout moi pleure l'étincelle perdue. (je vais finir par la noyer pour de bon ....... réveille moi!!!!!) "
Tout au fond n'a pas de blog, mais m'a laissé ce défi, lors d'une ballade sur les réseaux.
Demain elle devrait partir.
Fermer les volets, couper l’eau, le gaz et laisser la clé à l’agence. Demain. Il lui restait encore quelques heures, à caresser les murs et le ciel qu’elle aimait. A se croire encore chez elle. Une dernière fois, malgré la tiédeur du soir, elle voulut enflammer la cheminée. Pour l’odeur du chêne, et la fumée légère qui parfumerait son pull. Ce sont les odeurs qui lui manqueraient le plus, elle le savait déjà. Celles des pierres chauffées de soleil, celles du vent, chargé de thym ou du sel marin, parfois.
Mais ce soir, le plus important, c’était la cheminée. Pour les braises. Pour les flammes qui avaient réchauffé ses chagrins d’hiver, ses amours fugaces. Elle avait gardé deux belles bûches, et un petit fagot de lavandes sèches de l’été. Les murs étaient immobiles encore. Ils attendaient, silencieux. Elle froissa les feuilles ramenées du marché de dimanche. Craqua l’allumette, jeta une poignée de feuilles sèches, les recouvrit de quelques branches. Ses derniers ceps. Pour leurs formes tordues et leurs écorces qui se détachaient. Les deux bûches furent calées au milieu. Les murs dansèrent enfin, retrouvant cette mouvance qui la rassurait.
Elle s’assit par terre, juste devant, sur le carrelage, enserra de ses bras ses genoux. A côté d’elle, les écorces de mandarine et de citron, qui avaient séché sur les radiateurs durant l'hiver. Des feuillets qu’elle ne voulait pas garder. Elle jouait à les brûler comme des parchemins vieillis, puis les lâchaient dans les flammes, bleuies de l’encre qui flambait. Elle prit les lavandes au parfum puissant et les sema doucement sur le champ de braises, les regarda disparaître en flammèches parfumées.
Puis jeta les écorces cassantes des fruits de l’hiver qui firent exploser des brandons crépitant. Elle dut se reculer, fut un peu déçue de ne pas sentir d’odeur particulière. Mais elle se souvenait.
Quand elle avait découpé l’écorce de ses ongles, sur la table de la cuisine, détachant les quartiers sucrés. La lettre. Et sa mutation. Là bas, dans ce pays qui était si loin d’ici. Si loin des odeurs et des cieux bleu lavande parfois. Loin de cette petite maison, au carrelage usé, aux murs plâtrés. Loin de la cheminée.
Elle resta là, tard dans la nuit, jusqu’à ce que les bûches aient perdu leur éclat de braise. Elle regardait la cendre, sentait la chaleur qui palpitait en son ventre caché. Elle ne put se résoudre à dormir dans la chambre, prit son sac de couchage et se lova devant le foyer.
C’était fini.
Elle le quittait demain son foyer, ses ruelles et ses flammes, ses herbes parsemées de serpolet et ses nuages transparents. Elle ne serait plus jamais la même, plus jamais en paix. Quand elle se réveilla, la maison avait perdu ses murs dansants. Elle se leva. Laissa le tas de cendres. En souvenir. Elles avaient creusé un petit cratère.
Elle ferma les volets et la porte. Enfoui son nez dans le pull chiffonné et sentit l’odeur.
Sa nouvelle vie commençait.
Elle ouvrit le sas du couloir interminable, puis la porte blindée. La fenêtre qui ne grinçait même pas. Le ciel et les murs étaient gris. Les maisons empilées, les champs de bitume. Gris. Elle ne voulait même plus les voir, tant ils étaient gris. Cendre. Comme le petit volcan éteint qu'elle avait abandonné, là bas, dans le foyer. Mais même dans les cratères les plus érodées le magma de la vie couve. C'est ainsi.
Alors, elle releva la tête.
Elle sera l'étincelle. Qui embrasera le bois que l'on croyait consumé, et qui couvait sa braise dans le silence du cratère. Elle le re-créera son foyer, merde alors. C’était elle qui sera la flamme, elle qui rougeoiera dans ce ciel gris et morne de cette ville. Elle sera l’âme, l’ardeur, la braise, le brandon, l’éclair, l’éclat, l’escarbille, le feu, la flamme, la lueur, la lumière, le rayon. Elle le sera. Et rien ne l’en empêchera.
Et certainement pas cette putain de pluie froide qui s’était mise à tomber, dans des odeurs d’essence. Rien. Elle sera l'étincelle qui transforme les flaques irisées de gasoil en feux follets, rien que pour elle, dans ses rêves qui ne seront pas aux couleurs cendres de cette ville. Une étincelle...
Éteint celle qui…. non ! personne !
Elle ne laisserait à personne le pouvoir d’éteindre celle qu'elle était, et certainement pas à cette douleur qui lui rongeait le coeur comme une braise mal éteinte. Certainement pas aux larmes qui lui avaient noyé les yeux, en partant. Non. Elle était. Le maître de son feu. Elle était l'étincelle de sa vie.
26 mars 2006
Mon dernier défi ?
Comment poursuivre ? Poursuivre ce blog ? Ces "écrits" ? Après ceci...J'avoue avoir vacillé devant la comparaison au Docteur Mengele. J'avoue avoir eu la nausée. Ce sont les risques de l'écriture publique. Il me faut l'accepter. Je pensais les critiques ne touchant que les écrits, pas la personne. Mais ce n'est pas à mon texte que ces mots s'adressent, mais bien à moi, devenue tortionnaire. Je crois que j'ai besoin de vomir. Je ne vous en infligerai pas le spectacle.
(...) Quoi qu’il en soit, madame,
je peux vous certifier que je la reçois très clairement, l’image terrifiante
de ce «Herr Doctor Mengele » tortionnaire d’âmes, que vous nous présentez dans
ce miroir, tel qu’en vous-même, telle que vous affirmez vous percevoir…
Défi donc relevé…j’en atteste. (...)
Je la ressens très bien, cette peur et cette souffrance que vous avez appris
à infliger, à transmettre si bien… Mais, question : à qui tout cela est-il
véritablement destiné ? (...)
Mais la peur qui émane de
vous, Madame, est incomparable… je crois qu’elle provient d’une autre espèce de
mort, non pas celle qui menace le corps, mais bien celle qui s’en prend à l’âme
directement… (...)
Voilà, j’ai lu avec une
grande attention votre réponse, j’ai traversé jusqu’à son terme le cauchemar
nauséeux que vous aviez confectionné pour moi … et ce sera la seule
prouesse que j’accomplirai pour vous. Votre défi puissant, relevez-le, il est
vôtre.
Ou bien continuez d’échanger dans votre blog des recettes de cuisine gourmande
entre deux exercices littéraires sophistiqués. (...)
24 mars 2006
Défi n° 16) _ Cualli Tonalli _
Cualli -qui n'a pas de blog-, et n'est pas un troll malicieux, me confia ce défi ;
"(...) je te soumets ce petit défi en deux étapes préliminaires à l'amitié :
D’abord, il faut ouvrir son cœur tout grand et lire les trois phrases qui suivent, c'est important :
1) Cualli n'est absolument pas un troll.
2) C'est juste un homme, batailleur s’il le faut, drôle quand il peut… au cœur sensible, toujours… parfait, jamais.
3)
Cualli ami de Mouette également, bien sûr, de toutes les mouettes, de
tous les gens de la terre, de la musique et de la poésie qui sauvent
tout. Je pense que les trolls existent, effectivement... en fait ce
serait des gens comme nous si leurs motivations profondes hélas, ne les
conduisaient pas toujours à détruire tout.
La deuxième étape :
Tu dois te définir en trois phrases, telle qu’en toi-même tu te perçois…"
Elle
était là, comme un poisson éventré proprement. Nettoyée des déchets. De
ses mains gantées le Docteur Mouette sortit la masse de la cage
thoracique. Juste quelques centimètres, pour y travailler plus à son
aise. Cela le faisait toujours rire, ce petit cœur qui bougeait comme
un pois sauteur, de ceux que l’on jardinait, grâce à Pif gadget.
Maintenant il cultivait dans ses mains gantées le cœur des autres.
Un
troll de plus à sa collection ! Oui, un troll, c’est ainsi qu’il
appelait les cœurs ! Mais il évitait de le dire à l’équipe du bloc, ils
le prendrait pour un fou. Il ne l’était pas, il trouvait juste de la
poésie dans les organes. Le peau-ète chirurgien s'était pris d'amitié pour les coeurs cachés de ses frères humains. .
L’opération était
toujours très longue, il travaillait mécaniquement, laissait les
pensées le distraire de la pression. Artérielle. Il parlait au troll,
lui racontait son origine. Tiens, celui là s’appellerait Cualli !
Sais-tu Cualli, que tu fus symbole des forces de la Nature ? Comme un
Titan ! Oh, pas un Titan très solide en ce moment, mais quelle force,
quand même ! D’ailleurs, c’est la première chose que l’on entend dans
le ventre de la mère. Le cœur ! Rapide et vif, brave soldat batailleur,
mais prêt à jouer des tours aussi ! Quand il est amoureux,
surtout ! Cualli, tu es un troll, mais tu ne fais plus peur à personne…
tu es même devenu "drôle" en français !
Mais oui, ptit ami,
raccroche-toi à ça au lieu de te boucher les artères de ta vie. Tu ne vas quand
même pas te taire ? Tiens, je te raconte l’histoire des trolls des
villes, d’accord ? Ce sont les gargouilles ! trolls urbains qui
vivent avec les gouttières, canalisant l'eau par leurs oreilles et la
rejetant par la bouche, qu'elles ne peuvent pas fermer. Donc, tu ne
fermes pas tes artères, s’il te plaît. Je veux t’entendre encore. Tu es
drôle, et fort ! Et le siège des passions, pour beaucoup ! D’ailleurs
tu joues des tours étranges à ceux qui te croient centre de l’amour.
Sais-tu que cela existe vraiment, un chagrin d’amour qui brise le cœur
? Mais oui ! Le coeur se fracture. On en meurt parfois, je l'ai vu.
Non, ne rigole pas, tiens toi tranquille, je suis en train de te fabriquer une jolie déviation, tes soubresauts me gênent.
Si
tu savais combien j’en ai croisé des trolls ! Tous avec quelque chose
de guingois, comme toi. A part dans les bouquins je n’en ai jamais vu
de parfait. Jamais ! Et toujours tout nus. L’érotisme du cœur-troll
serait d’être en pyjama ! A rayures. Pfffft ! Il faut que j’arrête de
rire, ça fait glisser mon masque.
Bon, je t’explique quand même ce
que je viens de te faire, Cualli ! Écoute moi bien. J’ai pris les deux
cornes bouchées que tu avais en haut de ta tête et je les ai raccordées
à la queue que tu as plus bas. On appelle ça un pontage. Double. Les
cornes et la queue... tu comprends mieux pourquoi tu es un troll ?
Voilà, le sang circule. Écoute la musique qui gargouille en toi !
Écoute bien, elle te sauve. Elle est la vie.
Quand tu seras las de
battre trop mécaniquement, pense à cette seconde là, où les graves ont fait
résonner - et raisonner je l'espère - ton âme étriquée. Mais oui,
tu as une âme, pourquoi non ?
N’oublie jamais. La poésie - même
trollesque -, la musique - même en cadence régulière - , et la terre
- qui te porte. Cela te sauvera de l’asphyxie. Ceux qui l’oublient
détruisent tout. Tout, car ils tuent la seule chose qui soit vraie.
La vie, tout simplement.
Allez Cualli, je te re-dépose, bonne route à toi.
Le docteur Mouette enleva ses gants. Son masque. Dans la salle où il se lavait il se regarda dans la glace.
Une simple mouette... comme il aurait aimé être cet oiseau là !
Pour sa liberté de jouir du vent. Lui qui était si raisonnable.
Pour sa liberté de changer de nid au gré de sa vie. Lui qui était si responsable.
Le docteur Mouette ferma les yeux pour mieux se voir.
Il aurait aimé être Docteur Mouette Rieuse, Troll Mouette Rieuse.
Lui qui se racontait des histoires que nul n’entendait. Il aurait aimé les vivre.
Et franchir de ses ailes grises le Mur de Pan aux légendes à créer.
13 mars 2006
Défi n° 15) _ La Chouette _
Quand les oiseaux se rencontrent et se lancent une plume en forme de défi... Voici celui d'une chouette. "Alors, si je puis me permettre, je te propose de faire un poème ne comportant que des rimes en "ette", le 'ète', 'aite'... étant accepté ;-) Le mot Chouette devra bien évidement être de la partie !! "
Il était une fois... Non ! Il était une chouette
Qui aimait -à toute vitesse- voler à l'aveuglette,
En goguette, elle atterrit dans le nid d’une mouette.
Comme balle de bowling sur tapis vert de roulette.
La chouette -ébouriffée- lissa ses plumes défaites,
Redressa la carrosserie cabossée de sa tête
Et décida de finir sa nuit dans une grande fête.
Pourquoi deviens-tu muette, dame Mouette ?
Non, ne me dis pas que tu es enrouée de la luette !
Je vais te guérir, tu vas voir ! Bois ce lait de poulette
Le meilleur des remèdes pour les minettes
Et voilà, tu retrouves ta voix, la Mistinguett !
N’ai pas peur de ma vie de chouette, mouette,
Même si c’est toujours la nuit que je volète.
Je connais des tisanes d’herbes follettes
Qui nous rendront toutes deux guillerettes….
12 mars 2006
Défi n° 14) _ Adjaya _
Adjaya s'est inscrit pour me lancer un nouveau défi ; "Les défis, j’aime bien ça.(...) Tu as choisi comme
point de liaison, parmi mes nombreux billets le plus saugrenu. Celui qui ne
devait rester qu’en filigrane et que je suis condamné à maîtriser tant bien
que mal : J’ai nommé « Tiger l’osmose » que j’aurais introduit ici je l’espère
sans trop de grabuge. J’aimerais trouver quelqu’un qui puisse démontrer que
sous cette requête d’apparence farfelue se cache un enjeu majeur : Celui de
démontrer que ce concours est des plus utile aux concepteurs de nos chers
algorithmes, ceux des moteurs de recherche, ceux dis-je qui nous permettent par
quelques mots clés de trouver la bonne adresse, l’information pertinente. Voilà
donc mon défi."
Il s’était assis dans son siège
en cuir, les pieds sur la table basse, les yeux mi-clos. Savourait le dernier
cigare de la soirée, un sourire aux lèvres. La réunion avait eu lieu ce matin.
Ils étaient venus, bien sûr, toutes affaires cessantes, alléchés par l’appât du
gain. Pas un ne manquait. Leurs regards chafouins et leur voix mielleuses ne le trompaient pas. Il
se méfiait de tous. Surtout quand ils dégoulinaient du condescendant
« patron » à la fin de chaque question. Chacun rêvait de prendre sa
place ! Il ne se lassait pas de son pouvoir, malgré les contraintes. Les
nombreux gardes du corps dont il devait s’entourer... Les traîtres étaient
éliminés sans état d’âme, mais ils avaient parfois eu le temps de faire des
dégâts dans l’organisation. SON organisation, construite laborieusement, année
après année.
Les premiers rapports étaient arrivés.
Jamais il n’avait mis autant de monde sur l’affaire. Il fallait la
retrouver.
Avant le premier avril, c’était une question de vie ou de mort. Il
sourit béatement. Quels idiots d'avoir gobé un poisson pareil !! Il
leur avait
laissé le choix des pistes à suivre. Ils la connaissaient tous un peu,
qu’il se
débrouillent. Il avait longuement réfléchi avant de les réunir. En les
lâchant
dans la nature, il savait que la toile se resserrerait sur elle. Cinq
cent mille
euros. Il y avait eu un silence étouffé quand il avait annoncé le
chiffre. Elle
ne tarderait pas à tomber dans le filet. "Comment avait-elle osé le
quitter ? Lui ?" Il avait tonné la question, dans un silence de mort.
Le patron qui faisait trembler tous ces « petits
joueurs » comme il les surnommait en souriant dans ses pensées. Et ils
avaient tous pensé qu'il devenait gâteux pour s'être entiché d'elle
à ce point ! Les stupides ! L'enjeu était sacrément plus
important !
-- Si je la trouve j’empoche le gros lot. Faut que je gagne. Je la trouverai le
premier. J’m’en fous bien mal de savoir ce qu’ils vont en faire, après. Je la
lui déposerai, dans un sac de jute, ficelée et bâillonnée. Je serai célèbre !
P’tain ! et riche ! A moi la belle vie ! Bon, la retrouver
d’abord. Il faut que je sois méticuleux. Et que je n’en parle à personne, sinon
ils me voleront mon idée. Bon, d’abord aller dans tous les endroits où elle
aimait picorer. Ca va être facile, tiens ! il y en a des dizaines, des
vendeurs de shawarma ! Mais j’ai ma ptite idée, j’n’ai pas oublié ce
qu’elle aimait manger quand elle était avec ses amies. S’ils l’ont vu passer,
avec sa commande spéciale « double dose d’oignons crus, pas de frites et
beaucoup de sauce blanche », ils ne l’auront pas oubliée. Allez, en avant.
Je sens que je vais sentir le graillon avant la fin de la journée, moi. P’tain,
si ça se trouve elle a arrêté de manger ça, en plus ! Non, elle était trop
gourmande, ça il le savait bien. Allez, au troisième de l’avenue. Bon,
heureusement que j’ai encore faim, parce que je sens que ça va être dur d’ici
quelques heures. Soixante échoppes à kébab rien qu’dans la ville, p’tain, ils
peuvent pas manger avec des assiettes comme tout l’monde ? (...)
-- Le patron sera surpris, il me prend pour un perdant, je vais lui montrer que
je sais gagner quand le gain en vaut la chandelle. Je ne l’ai pas vue souvent,
mais je sais qu’elle aime le vélo, ça doit la démanger de se balader avec le
temps qu’il fait. Je ferai toutes les pistes cyclables, mais je la trouverai,
la ptite. J’ai déjà mal aux mollets, mais avec cinq cent mille euros, j’aurais
tous les massages que je veux après. Voyons, pas de précipitation, on est nombreux sur l’affaire. Alors, où est-ce
qu’elle doit se planquer, la miss ? Moi, à sa place, je serais chez…(...)
Il souriait, perdu dans ses pensées. Le cigare était doux. Il aimait ouvrir
l’étui de métal, le libérer de sa gangue de cèdre, garder en bouche la fumée
parfumée. Ils allaient finir par la retrouver, c’était évident. Ils étaient
tous un peu stupides, mais il suffisait d'y mettre les moyens. Il avait compris
qu’en procédant avec un filet dérivant il l’attraperait. Tant pis pour le menu
fretin qui serait pris au passage. On frappa à la porte. Déjà ? Ils
avaient déjà réussi ? Entrez !
-Monsieur ? Vous ne pourriez pas leur donner une photo
récente ? Parce que pour l’instant ils m’en ont ramené une dizaine qui lui
ressemble, mais ce n’est pas elle. On en fait quoi de toutes celles-là ? ça
encombre la salle et on ne peut pas toutes les zigouiller, ça va finir par nous
attirer des ennuis.
Laissez les. Donnez leur 1000 euros à
chacune, elles n’en demanderont pas plus et fileront.
Je t’explique, tu me paraîs plus intelligent que les autres. Pourquoi crois-tu que
je leur ai promis une telle récompense aujourd’hui, à tous ces loosers ?
Pour savoir lequel a su comment la chercher. ET la trouver.
Elle, je m’en fous,
elle est partie, grand bien lui fasse. Mais le jour où je voudrai vraiment
retrouver quelqu’un, je saurai comment procéder ! Je les ai lancés sur la
piste d’une technique ! Et motus, motus et bouche cousue, sinon c’est tes
lèvres qui se souviendront de ce que ça veut dire. Compris ?
-Oui, patron, vous pouvez compter sur moi. Vous savez que vous êtes un
génie ? Bonsoir, Monsieur Google.
Pour
avoir une vraie réponse à certaines questions sur les moteurs de
recherche, allez donc lire ici, et savourez également cette
merveille, le
filtrage de l'information, interview d'Umberto ECO.
08 mars 2006
Défi n° 13) _ Pati _
Pati m'a lancé un défi ; "laisse errer tes mots autour de l'idée suivante : et si ma seule punition était d'être immortelle...."
- Regarde m’man, je t’ai ramené des fleurs du jardin d’Elsa. Sa mamy m’a dit qu’elles s’appelaient des immortelles !
- Merci mon cœur, elles sont très belles. Et même pas besoin d’eau pour elles !
-
Et non, c’est pour ça qu’on les appelle « immortelles ». Sa mamy m’a
dit que tu pourrais les garder des années sans qu’elles ne changent.
Dis, m’man, j’aimerais bien que tu sois comme ces fleurs là.
- Et bien je vais t’avouer quelque chose qui va te combler alors… je suis bien comme ces fleurs…
- Tu es immortelle ? ?
-
Ptite princesse, en réalité, vois-tu, le bouquet que tu viens de
m’offrir n’existe que parce que ses fleurs ont fané et sont mortes...
Je t’explique, ne fronce pas tes sourcils ! Ses pétales sont tombés,
comme ceux des autres fleurs que tu connais déjà, les roses, ou les
pivoines ! Ce qui compose ton bouquet est l’enveloppe vide, ce qui
entourait les pétales… Le mot savant est joli, un bouquet d’involucres
immortelles…
- Oh, je préfère « immortelles » ! Je continuerai à les appeler comme ça, moi !
-
Mais oui, tu as raison, puisque c’est le nom de la fleur qui pousse,
vit et meure... Tu comprends pourquoi je ressemble à ses fleurs, même
si on les appelle des immortelles, mon cœur ? J’ai poussé, je vis, et
je vais mourir. Comme toi, comme nous tous.
- J’aurais bien aimé quand même que tu sois vraiment immortelle, m’man, je ne veux pas que tu meures, moi.
-
Et si je l’étais ? Imagine avec moi… Je te verrai mourir, toi et tes
frères et sœurs, les amis que j’aime aussi. Je verrai tous ceux que
j’aime disparaître. Ce serait bien pire que de savoir que je vivrai
jusqu’à ma mort. La pire des punitions, mon seul vrai cauchemar,
d’ailleurs ! Etre immortelle ! Je suis contente d’en parler avec toi.
- Tu serais triste si on mourait, toi aussi ? Moi j’en ai si peur…
-
Beaucoup de gens ont peur de la mort, tu sais, ou alors ils voudraient
ne pas savoir qu’elle va venir. Ils rêvent de mourir en dormant.
- Moi aussi !
-
Et bien moi, non… Parce que mourir, c’est la dernière chose de vivante
que l’on fait. On meurt vivant ! Après c’est fini. Et tu sais que
j’aime croquer toutes les petites choses de la vie, ma mort aussi. Je
voudrais bien lui parler juste avant.
- Nous on sera tous à côté de toi, tu ne seras pas toute seule !
- Peut-être, mais ne t’inquiète donc pas de ça si ce n’est pas possible ! C’est ailleurs que l’on vit ou l’on meure.
- Au paradis ?
-
Mais non, tu sais bien que je ne crois pas au paradis, ou à l’enfer !
Je ne crois qu’en la vie. C’est dans le cœur de ceux qui nous ont
aimés, que l’on vit ou que l’on meure. Pas ailleurs. Alors, quand tu
penseras à moi, je serai là, bien au chaud, tout contre toi, vivante de
ta pensée.
- Alors je penserai tous les jours à toi !
- J’espère
que non, mon cœur ! Ton cœur aura plein d’amour à vivre avec des êtres
bien vivants qui seront à tes côtés ! Non, par exemple, tu sauras que
je deviendrai un instant immortelle quand… tu feras cuire mon gâteau au
chocolat !
- Oh oui ! J’en ferai à mes enfants, et je leur dirai que c’est le gâteau de leur mamy !
-
Voilà, tu as bien compris ! Je serai immortelle, de la seule façon que
je souhaite l’être, dans un parfum de chocolat ! Gourmande, va ! Tiens,
ça doit être mes gènes, ça ! Sacrés atomes, il n’y a bien qu’eux qui
pourraient …
- Raconte-moi, pour les atomes, maman.
- Tu es un
peu jeune pour entendre parler de Camus, on verra ça un peu plus tard,
d’accord ? Viens, on va chercher un vase pour tes jolies immortelles.
Et on va faire…
- Je sais ! Un gâteau au chocolat ! Et on oubliera pas la pincée de piment !
Pour me tendre un défi... c'est ICI ! Et pour lire le texte que Pati a écrit sur ce même défi, c'est là !
08 octobre 2005
Défi 12) _ Pimentrouge_
Pimentrouge, dont je soupçonne des penchants pour la littérature romanesque, me lança mon mouchoir de baptiste (ramassé lors d'un voyage dans ce blog), accompagné de ce défi "A la manière de Blasons et contre blasons ; on est revenu au x origines de l'amour courtois..."
Ma dame aux yeux si doux, je me languis de vous. Saisissez, je vous en conjure, votre téléphone joli. De vos doigts de fée, donnez lui la clé qui lui permettra de reprendre vie.
Ma dame à la voix de miel, le chant que murmure votre gorge raisonne comme cri de par votre silence. Pourquoi laissez-vous mon amour à vos pieds, sans le saisir au creux de votre main ? Je ne peux que rêver devenir un de ces scarabées que vous affectionnez. Rêver leur carapace de moire noire que vos lèvres effleurent parfois.
Ma dame de mes rêves, ma nuit fut brêve, toute entière peuplée de votre doux visage, en empreinte brûlante. Qu'importe la Dame épousée qui partage ma couche, dès lors que mon seul tourment est votre bouche. Taire notre doux secret, embrasser l'épousée et ne rêver que de vous baiser. Ô dame aimée, vos hanches exquises ne me sont, hélas, que promesses à venir.
Les plats les plus relevés sont si fades sans vos doigts menus qui s'en saisissent et se pourlèchent. Je ne peux que happer, muet désespéré, le souvenir de votre gourmandise.
Ma dame adorée, mon piquant savoureux, décrochez je vous en supplie votre téléphone. Les pensées les plus tourmentées m'assaillent sans répit ; rassurez, je vous prie et vous en supplie, votre amant de coeur pour toujours à vous. Un homme, le vil, aurait-il conquis la forteresse de votre coeur si noble ? Non, je ne peux y croire, mais la désespérance me hante.
Mon sieur qui m'avez le coeur ravi, pourquoi tant de dépit ? Craignez-vous que ma peau n'oublie le tourment exquis de vos caresses, de part votre absence si légitime ? Que mon coeur, que vous soupçonnez bien hâtivement, ne soit que forteresse ouverte à tout vent ?
Mon sieur, sachez qu'en vous accordant mes pensées secrètes, c'est avec noblesse que je me défends des amants empressés. Que vous m'entâchiez de vos soupçons me blesse.
Mon seul téléphone, muet je le reconnais, serait à l'origine de l'indécence de vos pensées ? Comment osez-vous d'une telle vilénie me soupçonner ?
Ô sieur mon aimé, rangez vos paroles blessantes, je vous en conjure. Vous m'aviez tentée de vos mots les plus vrais -n'appelez-vous pas une chatte, une chatte ? - ne me laissez pas succomber à la tentation d'un amant aux tourments qui ne seraient point de seule luxure.
Mon sieur, j'attends, à côté de mon téléphone muet, vos excuses à mes pieds. Pour peut-être vous faire grâce d'un baiser, volé à un scarabée.
30 septembre 2005
Défi 11) _ Homme N'dar_
Toi, mon ami, tu me demandes d'écrire un texte sur cette phrase (une parmi les multiples !) qui hantent ta tête. Soit, je m'y risque, parce que je sais ton regard toujours indulgent sur moi !
"Et vous ! soldats qui jamais n'avez eu peur, écoutez retentir le chant des vautours ! ".
Leurs vastes ailes découpaient la lumière du soir qui approchait. Leurs ombres projetées silencieusement leur fit relever tous ensembles la tête. Le danger pouvait venir de cet autour. Ils aperçurent les vautours, leurs cous pitoyables. Un des soldats ricana tout bas : "C'est blanc comme bras d'enfant et mou comme un cadavre." Une seule de leurs mains en aurait brisé les vertèbres d'un coup sec.
De leurs coups d'ailes lents et amples, ils tournoyaient. N'étaient pas pressés. La faim n'était plus vivace, depuis quelques mois déjà. Les charognes puantes étaient légion.
Les soldats poursuivaient leur marche silencieuse et attentive. L'ombre de la nuit se confondrait bientôt avec leur plumage noir. Qu'importaient ces stupides oiseaux ? Les présages ? Ils laissaient cela aux froussards, aux poltrons, aux couards. A ceux qui cherchaient prétexte dans la peur pour fuir.
La peur ? Des mercenaires ? C'étaient des hommes, des vrais. Ils risquaient la peur comme ils risquaient la mort. Sans état d'âme.
Volez donc, vautours, vous ne plongerez pas vos becs dans nos entrailles ! Les cadavres ne manquent pas, vous n'aurez pas les nôtres, charognards !
Pas un bruit dans le ciel sépia. Les rapaces connaissaient le monde de la nuit. Leurs yeux jaunes avaient percé la noirceur. Leurs yeux avaient vu. Les autres. Là-bas. Tapis à l'orée du bois. Qui attendaient.
La nuit était noire. Le silence était enfin revenu. Quelques râles encore. De plus en plus faibles. Les vautours se rapprochaient. Posés à côté de ceux dont les viscères étaient épars. Leur bec ne leur servi pas à casser les os. Leur cou, si fin plongeait dans les abdomens, fouillant les chairs au plus profond.
Ils reprirent leur vol silencieux. La femelle fendit l'air de son chant nuptial. Elle était prête. A accueillir la vie en elle.
Le soldat au sol, le visage tordu des douleurs finales, le soldat qui avait appris la peur en même temps que sa mort, entendit le chant des vautours retentir comme oraison funèbre.
04 septembre 2005
Défi 10) _ Endorfinn _
Endorfinn a souhaité me soumettre un texte à écrire à partir d'un océan qui lui tient à coeur "Océan sans rivages"
Océan d’injustice… ne vois-tu pas les rivages de la Justice qui s’éloignent ?
Ne sais-tu pas que les lois de l’Homme sont les remparts qui seuls pourront endiguer les excès des hommes ? Océan d’injustice, prends garde à ne pas te croire au-dessus des lois. Prends garde à ne pas t’oublier en abîmes au-delà des rivages qui te maîtrisent avec tant de peine. Que le sage te guide, flots impérieux, vers des courants plus justes.
Océan de misère… ne vois-tu pas les rivages du partage qui se fissurent ?
Ne peux-tu un instant cesser de gronder et de te fracasser ? Ne peux-tu un instant déposer tes coquillages précieux sur les grèves oubliées ? Océan de misère, prends garde à ne pas laisser les hommes avides te dépouiller de tes trésors à des seules fins de prospérité égoïste. Que le sage te guide, mer amère, vers des rives plus clémentes.
Océan d’angoisse… ne vois-tu pas les rivages du bonheur qui s’écroulent ?
Ne peux-tu oublier un peu tes rouleaux qui brisent le caillou jusqu’à n’être plus que grain de sable ? Océan d’angoisse, prends garde à ne pas laisser les criques inconnues se cerner de falaises inaccessibles. Que le sage te guide, Océan d’angoisse, vers l’horizon du temps apaisé.
Océan de tendresse… ne vois-tu pas les rivages de l’amour qui se découpent ?
Ne peux-tu de ton écume blanche, de tes embruns frais, apporter un peu de fraîcheur aux Hommes dont le cœur est désert ? Prends garde à ne pas laisser le sel n’être que des larmes. Que le sage te guide, Océan de tendresse, vers ceux qui t’appellent du gouffre de leur cœur esseulé.
Merci à Victor Hugo ; « Océan d'injustice, de misère, de tendresse. Songez à l'océan d'angoisse et de tourment; songez à cet enfer: l'immensité des larmes. ».
Des textes que je pourrais écrire en réponse, je vous accorde bien sûr toute liberté de les utiliser à votre tour, puisqu'ils vous appartiennent aussi d'en avoir été la source inspiratrice (une petite demande ; citez en quand même l'origine, merci).
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31 août 2005
Défi 9) _ Syl _
"Comment soigner la bloggaddiction ? "... Syl était rouge de colère devant ses statistiques qui disparaissaient de son blog. Alors elle se défoula en me lançant ce défi !
Monsieur et cher Docteur,
Comme vous me l'avez demandé lors de ma précédente visite, je vous ai donc écrit les symptômes qui me minent la santé depuis quelques mois.
Dès que je le vois, une sorte de compulsion me saisit ; il faut que je l'allume, il le faut. Vous remarquerez que mon geste est somme toute très banal, des milliers de gens en font autant. Sinon ils n'auraient pas dans leur maison meublée avec goût cet appareil dont on ne peut même pas assortir les couleurs au canapé. Ce n'est pas que je veuille relativiser mon problème, mais au moins le re-situer dans un contexte mondial. Oui oui, mondial.
Le premier symptôme apparaît alors sans que je puisse le réfréner, je dois ouvrir mon Blog. Comprenez-moi bien, certains m'ont peut-être écrit, ont répondu à mes questions, il faut bien qu'une réponse leur soit faite, n'est-ce-pas ? Cela friserait l'impolitesse sinon. Avant tout je consulte mes statistiques. Oh, si vous saviez le délice de voir les courbes progresser, de découvrir le fureteur à qui j'ai déjà dit "ouste, je ne veux plus te voir", de démasquer ce fureteur grâce à son adresse IP ! Oui, vous me l'avez déjà dit, c'est étrange de noter ainsi des adresses informatiques. Mais je ne crois pas que ce soit grave, quand même, je suis chez moi, dans ce Blog. Je tente alors de fermer alors ma session, de vaquer aux tâches quotidiennes, mais... Mais il faut bien que j'aille voir ce que mes amis-liés ont écrit, non ? Ils ont besoin de moi, de mes commentaires, de mes encouragements. Je fais oeuvre de salut public parfois, je vous assure. Le problème est qu'il y en a beaucoup de blogs, et, de l'un à l'autre, j'en oublie parfois l'heure, c'est vrai.
Voilà, Monsieur, j'espère avoir répondu à votre demande, et espère que vos bons conseils m'aideront à me débarrasser de cette rougeur étrange qui m'envahit quand je découvre le moindre bug sur mon Blog..
Cher confrère et ami,
Je te prie de bien vouloir recevoir en consultation Mme Syl. Je te joins sa lettre dans laquelle je lui demandais de noter ce qui la poussait à consulter compulsivement son Blog.
En lisant son courrier tu penseras peut-être que je m'inquiète à tort, mais sache qu'elle ne dit pas tout, loin de là ! Tout d'abord sache que ma patiente devient parfois rouge de colère, pousse des cris de rage, trépigne, pour la seule raison que son compteur journalier de visites de son Blog est en panne. Elle inonde alors de mails ses amis, le forum du site, écrit des commentaires rageurs, pleure en public même ! Elle semble également atteinte d'un symptôme de compulsion d'écriture irrépressible. Pour exemple elle a publié le 31/08/05 cette note qui parle d'elle-même "Ecrire c'est se découvrir hémophile, saigner de l'encre à la première écorchure". C'est de C. Bobin, mais elle me paraît atteinte à un degré avancé de la maladie dont tu es un spécialiste reconnu. Le reste du temps cette patiente paraît tout à fait normale. Je te prie donc de bien vouloir la recevoir en consultation.
Cher ami et confrère,
J'ai bien reçu Mme Syl, comme tu me le demandais. Tu as bien fait de diagnostiquer une Blog-dépendance, elle en est un exemple significatif.
Tu as remarqué son refus violent d'admettre qu'elle ne peut croiser la drogue sans y toucher...et sa tentative de se déculpabiliser en labellisant son attitude d'un "mondialement admise" prête à sourire tant elle est significative ! Sa vie quotidienne tourne largement autour de la recherche qui lui permettra d'alimenter en données son Blog, ce qui marque bien la dépendance aggravée dont elle souffre. Elle a reconnu également, sans s'en cacher, que de terribles rougeurs colériques survenaient lors du moindre bug sur son site. Les dernières recherches montrent que le récepteur D3 de la compulsion se trouve dans le noyau acumbens et la thérapie par administration de la molécule BP987 chez les rats a eu un effet probant. Mme Syl est un peu jeune pour que l'on tente chez elle le traitement.
Je lui ai donc prescrit une lettre quotidienne à écrire sur papier, sans jamais la poster. Le but étant de lui faire retrouver le goût de l'écriture intime et non publique. D'autre part j'ai pris contact avec sa co-rédactrice, Mme Dia, qui va trouver le moyen de ne plus afficher les statistiques, sources de trop grande colère chez la patiente. En seconde partie du traitement elle devra quotidiennement faire, sans calculette, les dix premiers exercices du manuel de mathématiques de première S, où ils abordent les statistiques. Cela devrait lui être profitable pour qu'elle ne se focalise plus dessus, et peut même entraîner un dégoût de ces données. Quand à l'ordinateur, Mme Dia s'est occupée de faire débrancher subrepticement le cordon de sa connexion internet, indispensable pendant au moins une semaine. Tu envisageras la suite à donner à ce dernier point, qui est parfois difficile à vivre par les malades souffrant de Blogaddiction.
Je souhaite que tu revois Mme Syl dans 15 jours et me tiens à ta disposition si son état s'aggravait.