Elle était celle de trop. Qui me narguait. Stupide objet qui se croyait donc plus habile que moi ? Un objet. Un truc indéfinissable, inutile, stupide. Non, je devais lui donner une leçon. Lui prouver que l'humain a quelques facultés supplémentaires, inconnues de lui, la persévérance et l'intelligence. Je décidais donc d'établir un plan d'attaque précis. Que la leçon soit sans appel, et que l'Homme triomphe de cet objet narquois qui ne valait pas la peine que je m'y énerve.
En premier lieu j'ai chaussé mes lunettes. La trappe devait être minuscule, pas plus grosse qu'un trou de souris. Sinon je l'aurais aperçue avant. La piste à suivre était rigoureusement tracée.
La salle de bains. Voyons, à quatre pattes je serai plus à même de le voir. Pas un centimètre ne m'échappera.
Le tas est donc déposé ici. J'ai passé la main, et, pour être sûre que rien ne m'échappe, ai même fermé les yeux pour ne pas me faire prendre au piège d'un trompe l'oeil.
Rien ici.
Sans me relever j'ai poursuivi la quête. J'ai poussé violemment la porte des toilettes, créant un effet de surprise qui me les aurait fait prendre sur le fait, si... Rien. Le silence. Seules quelques poussières restaient accrochées. J'ai quand même passé la paume sur tous les recoins, appuyant fermement là où la tapisserie semblait abîmée. Aucune trappe.
Il ne restait plus que 50 centimètres à explorer. L'inquiétude me rongeait. Et si... ? Non, garde la tête froide, ce n'est qu'un objet. Et toi, un humain réfléchi. Doué d'intelligence qui te fait comprendre. Donc tu vas comprendre. N'en doute pas.
J'ai franchi la porte du placard où la machine trônait. Retenant mon souffle; tatônnant avant d'allumer l'ampoule. Rien. J'ai poussé un cri de rage. 100 watt plus tard le doute m'avait envahi. Ai arc-bouté mon dos et tiré la machine. Rien, rien, rien. Sauf de la crasse résiduelle collante. Je m'en moquais bien. Aucune empreinte dessus.
Je me suis assise là. Ai saisi la panière. Dix-sept. Elles étaient 17 à avoir disparu. Moi, l'Humain cartésien, j'avouais ma défaite. Dans l'espace de deux mètres séparant la salle de bains de la machine à laver, 17 chaussettes s'étaient égarées, avaient disparu en l'espace d'une année.
17.
Quelqu'un connaît l'adresse du cimetière des chaussettes orphelines ?
Mandraxx, toi avec qui j'ai éclaté de rire en regardant tes chaussettes orphelines, aussi nombreuses que les miennes, que penses-tu de ma proposition ? Chaussettes de la ville rose, je vous invite à un grand rassemblement, place du Capitole, à Toulouse, dimanche prochain.
Peut-être. Peut-être déchiffrerons-nous un jour le mystères des chaussettes perdues.

PS ; je suis pour deux jours à Paris, en réunion. Que les chaussettes orphelines de la Capitale ne cherchent pas à venir faire le siège de mon hôtel, je les en supplie. Si le rassemblement toulousain est fructueux, je promets de passer le relais aux bloggueurs parisien....
Je ne répondrais pas à vos commentaires (si si, j'en suis sûre, Ego, ils seront nombreux... mais je les lirai avec joie à mon retour). Et demain, dés l'aube, à l'heure où blanchit la campagne... non, j'arrête, demain, 8 heures, une autre note, pour les quelques accros qui se délassent au boulot en venant me lire, entres autres !!!  Fliqués, vous êtes fliqués !!!