Motus et bouche cousue

Mots jetés à tout vent, mots libres, tout simplement.

30 avril 2006

La Marie.Poolite

(...) ça y est, j'ai la MariePoolite !
  Et voilà le commentaire qu'avait laissé un jour sur ce blog notre pétulant Yojik...
M.Pool, la curiosité piquée à vif a profité des portes grandes ouvertes de ce blog marin pour s'interroger ....
"Très curieuse de savoir ce qu'est cette nouvelle maladie "la Marie.Poolite" et très motivée à connaître son mode de contamination ( sorte de grippe libraire endémique ?) et très déçue de n'avoir débusqué aucune fiche descriptive compète sur internet , je vous suggère de la rédiger vous même. N'oubliez pas de prévoir le traitement qui va avec et d'ouvrir un compte à rebours pour sa disparition prochaine..."
Et bien voilà, M.Pool, après une enquête approfondie, nous avons désormais plusieurs pistes à suivre... La première, bien sûr, est de la plume même de Yojick....


Une nouvelle maladie rôde parmi nous.
Toujours sur le fil du rasoir, notre grand reporter Yojik a été missionné par le (presque) quotidien "Motus et bouche cousue" pour mener un enquête de fond sur les risques phytosanitaires futurs.
La tâche s'annonçait ardue parce qu'une chape de plomb protège ces secrets, mais voici ses recherches qui risquent de faire exploser le Landerneau du monde médical. En effet, les autorités, désireuses de détourner l'attention de la population, laissent entendre que les périls qui nous guettent sont nombreux. Toujours en partant d'un exemple animal, elles essayent d'affoler le peuple pour mieux l'abuser. Il en a été ainsi, de la maladie de la vache folle qui devait faire des dizaines de millions de morts et qui a amené à l'abattoir des millions de vaches (ruinant un peu quelques paysans au passage). Aujourd'hui elles tentent de vous faire trembler avec la grippe aviaire, qui viendrait d'Asie, transportée par les canards ou les poulets (non ! pas ceux de Nicolas S).
En réalité le danger qu'on nous cache est bien plus grand. Il s'agit d'une maladie cruelle et insidieuse : la Marie-Poolite. D'une évolution très rapide, elle se manifeste de la façon suivante. Alors que le malade a une excellente connaissance de l'orthographe, il commence à commetre des fautes d'innatention. C'est le premier stade de la maladie et à ce moment il est très difficile encore de la diagnostiquer. D'autant plus que le malade, en relisand ces textes, se rend compte de ses herreurs.
(Pardon il fallait lire : en relisant ces textes, se rend compte de ses erreurs).
Le deuxième stade de la maladie et bien pire. Le malade sent sans rendre compte, continut à faire des faute mais là, même en relisand, il reste dans une ignorence étrange. Le povre, son cerveaut est trop attaquer. Enfin, le dernié stade 2 7 maladi seré 1 écritur gnere SMS ac des abr. et D invertion 2 letre é il sans bleurait ke 2 nombreu djeun'z soa Dja attaké. Mal E reuseman, lent tidote n'existe pa enkor Mé D suppo avec D peti bou 2 dico dedans en diminu les éfé. C ce ke oim je pran, é je sui pa mécontan du résluta.
Voilute.


Pour Mad’, c’est vraiment une évidence. Elle va d’ailleurs bientôt lancer une campagne publicitaire internationale pour faire découvrir au monde ébahi cette merveille.

La Marie.Poolite est une casserole estampillée « de luxe ». Capable de chuinter, de mitonner ou de bouillonner, elle est bien entendu experte au bain-Marie, dont elle tire une partie de son nom.
Inoxydable, même dans les bouillons les plus acides, au PH (Petits Honteux et même Philosophes Humanoïdes) inférieur à 7, elle gardera son brillant magique grâce à sa capacité auto-nettoyante. La Marie.Poolite est dotée de deux poignées amovibles. Elle n’a pas de queue, sa faculté de cuisson « al-dente » des aliments la rendant seule digne des maîtres-queux. Mais attention ! Même si elle n’est pas culottée, elle restera toutefois culottable.
La seule à mériter l’appellation contrôlée « Marie.Poolite ».


Pour Toi, il y a bien longtemps que Moi entend ses propos contrits, voire agacés au sujet de la Marie.Poolite. Une casserole, que nenni ! Non, juste un virus. Universi-taire, que cette Marie.Poolite. Qui a le culot -oui ! le culot insupportable- de commenter chaque texte que Toi remarque lui aussi. Impossible pour lui d’en toucher un mot à Moi en primeur, la Marie.Poolite frappe avant lui. C’est donc avec un agacement certain que Toi constate, amèrement, que la Marie.Poolite continue à se reproduire, et que Moi se laisse envahir avec un bonheur non dissimulé. Vous l’aurez compris, Toi est jaloux de ce virus. qui a même réussi l’exploit de faire déménager Moi hors de sa "chambre des amours défuntes"… 


Pour Moi, la MariePoolite n'est ni casserole, ni un virus. Juste un courant. Electrique. Eclectique aussi. Qui pousse à grandes décharges musculaires Moi, sur son vélo. Pour effectuer de nombreux achats cartebleutables dans sa librairie favorite, après avoir noté sur des feuilles volantes les noms et maisons d’édition que le courant MariePoolitien avait déposé en alluvions. La MariePoolite, vous l’aurez compris, entraîne parfois à des dérives budgétaires. Mais Moi pardonne, elle aime la poémie amie. Cela lui donne des ailes quand elle les a coincées dans une porte de chambre forte.

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29 avril 2006

Neptune

Libertinement inspirée par « Testostérone émoi » de Y. Jamait
Il me parle d’Océans et de courants…
...je ne pense qu’à ta chute… de reins.
Méditerranée, Atlantique, Eole…
...je te l’avoue ? je m’en fous….
Il termine ses phrases par « tu vois ? »…
Mais oui, je vois ! tes fossettes au creux de ses reins. Et tes fesses si joliment pommées. Cela en devient lancinant.
Je réponds poliment « humm humm », clignant des yeux pensivement, rêvant de polir tes courbes. C’est pas ma faute, c’est mon instinct biologique. Guidée par mes hormones, mon oestradiol. Femme-guignol, aux sangs-interdits homonaux.
Il me parle de gravité, de marées, de flux ma-rins…
je ne rêve que de tes reins. Sont-ils aussi creusés quand tu te tiens penché ?
Il discoure de titans antiques, s’empare de pieuvres géantes de légende.
Je suis du regard assoiffé la ligne creusée, et les délices promis des vallons sculptés. Vite, les lèvres ouvertes au jet de la fontaine. Oublier la langue qui se colle au palais. Oui, tu disais ? Non, laisse-moi d’abord m’abreuver.
Pardon ? tu me parlais ? des naïades ? est-ce un nom d’hormones ? ta testostérone en émoi et moi ? et moi ? non ?
Laisse moi me creuser sur ton dos, je t’enserrerai de mon oestradiol qui m’innocente. Laisse moi devenir la wonderbra de ton torse à galber de mes mains. Laisse moi agrafer ma peau à tes muscles si lisses. A tes fesses en délices.

neptune

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23 avril 2006

Madame Toscane

Madame,
ces quelques mots pour vous dire merci. De m'avoir ouvert votre cœur et votre maison, de m'avoir enveloppée dans votre doux regard. Vous êtes peut-être la grand-mère que je n'ai jamais eue. Celle dans les bras de laquelle il fait bon se réfugier quand la vie vous rend las.
Quand je vous ai vue, la première fois... que vous étiez belle, dans votre châle à la couleur de coque de jeune amande. Si duveteux et argenté, du reflet de vos oliviers. J'ai inspiré bien fort votre parfum poudré et mes pas se sont approchés sans bruit vers vos collines rondes. Vous êtes une grand-mère moelleuse, Madame, et j'aurais volontiers dormi dans vos champs, à l'ombre de vos pins parasols. J'ai suivi du regard vos rides, que les cyprès traçaient en sourires. Les ceps de vignes tentaient de vous rendre un peu sévère, mais il est impossible de s'y tromper, vous êtes un sourire tout entier.
Comme ils m'ont fait rire, vos arbres, madame !
Quand vos maisons -aux murs de ce jaune aussi chaud qu'un rayon de soleil au levant- tentent de se fondre à la terre dont elles sont issues, de vos cyprès dressés, elles ne peuvent plus espérer se camoufler. Des enfants qui joueraient à cache-cache, et dont on perçoit l'ombre de si loin. J'ai parfois pensé à Charlie Chaplin, d'ailleurs. Oui, Charlot, vous savez, celui au chapeau melon de guingois, et au parapluie dansant. Monsieur pin parasol qui abrite à-demi le parapluie virevoltant. Il y en a de toutes sortes, de vos cyprès ! Les jeunes, qui s'élancent, aux corps dégingandé. Les gros joufflus, et ceux à la bedaine relâchée. Et les jeunes punks, qui ébouriffent leurs branches au gré du vent ! Ah, oui, je me suis parfois crue dans une cour d'école, quand ils gardaient fièrement le rang. Arbres bien dressés, petits soldats des allées, qui n'attendent aucun autre combat que celui du vent à détourner. Ils montent la garde, près des torrelinne. D'ailleurs il y a un peu partout des tours qui sont posées par ci, par là ! Des petites, crénelées ou pas, grises ou blanches. Des grandes, aux rayures de marbres vert et blanc. Cela me changeait des clochers pointus de nos campagnes à nous !
Et quand je buvais un caffè jamais je n'ai eu trop d'amertume en bouche ; juste un parfum puissant et savoureux.
Alors, madame, je suis un peu triste ce soir de vous avoir quittée. Je reviendrai. Je le sais. Mais je voulais vous dire grazié, ce si joli mot qui est un sourire à lui tout seul.
Merci, madame, de votre accueil.

madame_toscane

Je pars rejoindre les dunes de la côte d'Argent, retrouver l'Océan qui gronde et laisse un goût salé sur la peau.
Un autre monde...
Mais je vous écrirai d'autres lettres madame, dès mon retour, vous parler de ces glaces "à l'italienne" que je vais savourer au bord de l'eau ... et qui n'auront pas le goût exquis de vos gelatti....

 

Posté par Mouette rieuse à 21:24 - îlot détente (67) - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 avril 2006

Mode d'emploi du blog

Bonjour à vous qui venez d’arriver ici.
Il y a beaucoup de notes dans ce blog. A l’heure où j’écris ce mode d’emploi, plus de 700 s’y côtoient. Donc, pour vous aider un peu, mes notes sont classées en « catégories » dont je vous donne à peu près la teneur ci-dessous. Pour y accéder il suffit de cliquer, à gauche du blog, dans l’espace « catégories » . Plus simple ? impossible ! Il y a cinq textes consultables par page internet. Et des numéros en bas de page, pour accéder aux précédents. Vous choisissez, vous zappez, vous ronchonnez. Comme vous le voulez ! Moi je ne vous vois pas… Pour m’envoyer un mail, c’est tout en bas, à droite, ça s’appelle « contactez l’auteur ». Eh, pas de sourire narquois, hein, c’est canalblog qui le nomme ainsi. Moi, j’aurais préférez écrire « pour envoyer tout plein de gentils mails à la mouette ». Ah, un dernier point ; comme tous les bloggueurs (ou presque), j’adore les commentaires laissés ! Pour cela, nul besoin d’avoir soi-même un blog. Il suffit de saisir votre adresse mail (les méchants en inventent une, canalblog ne va pas vérifier qu’elle existe….et seule moi la verrai), de vous donner un pseudo, de taper votre commentaire et de cliquer sur « envoyer ». Et si vous voulez en écrire tout plein (merci, c’est trop gentil), n’oubliez pas avant de cliquer sur « se souvenir de mes informations personnelles », vive l’informatique ! A bientôt ! Qui a dit que c’était du maternage, qui ? Trêve de bla-bla, voici donc les différentes catégories ;

défis Dans cette catégorie, peu de notes, mais toutes ont été écrites en réponse à une demande. Qu’elle soit de bloggueur ou non, en tout cas d’un « lecteur » (comme vous à cet instant). Les défis farfelus, rigolos, poétiques, littéraires… je ne peux que vous demander de me mettre en difficulté. Pourquoi ? mais parce que je sens que mes mots aiment être guidés par vous, sur des chemins que je n'aurais pas osé emprunter seule...Si vous voulez vous inscrire, cliquez à droite sur « c’est ici que l’on s’inscrit pour me lancer un défi ». Pssst ; je rappelle que je ne suis pas un écrivain, pour ceux qui en douteraient ! Je joue, ici !
île aux mouettes alors là, cela parle tout seul, non ? L’oiseau a des mouettons, des géniteurs, une fratrie. Une histoire. Tout ce gloubiboulga dans lequel on puise des tas et des tas de conflits, d’intérêts…
île amiliée tout ce qui est issu des échanges de blogs à blogs…
île des cris ; c’est là que je laisse mes mots laids, mes mots amers, les traces salées sur les joues, la clé de la prison dorée du chagrin, l’empreinte de ces moments où je me sens…" tas". Si vous vous sentez dépressif ce n’est peut-être pas la peine d’aller fouiller dedans…
île des mots Écrire.  Écrire en note de mots la vie accidentée de silences.
île des sens est la catégorie sensuelle, sensitive, des amours composés, inventés, désirés.
île du papillon bleu ; ces mots sont pour elle, la ptite, en souvenir de sa maman devenue papillon bleu une nuit d’été.
île gourmande bon appétit ! des cannelés au chou farci. Qui a dit "bêrrrrk" ?
île inconnue ici se trouvent des vies que j’imagine, des vies que je rêve ou cauchemarde, un fouillis de mots. Les lettres à celui que je rencontrerai un jour.
île perdue ces notes là, en concrétion. La pré-post-histoire qui statufie les vies en strates. Un amour perdu. Son histoire pas très clairement racontée, très hachée, à l’image du gouffre qui m'aspirait. Recueil des notes qui furent ma thérapie quand le chagrin me rongeait. Cela arrive à tout le monde, vous savez, les oiseaux n’y échappent pas.
île Toi et Moi, une jolie histoire , d’un Toi, d’un Moi, d’un n’importe qui, même en sens interdits.
îles d'elles, d'ils comment écrire sur eux ? En m’imaginant… d’accord, il y a aussi parfois un peu de vrai… mais pas le code qui permet de le savoir ! Hi hi hi !
îlot boulot alors là, pas besoin d’explication ! Boulot. Pas métro, mais vélo. Boulot-vélo-dodo. La Mouette est très conventionnelle…
îlot corporel quand Pieds parlent à Mains, qu’Estomac et Ego s’en mêlent… Recueil de dialogues d’organes. Enfin un peu d’humour…(non, Ego, ne me remercie pas, je te jure que tu es très drôle quand tu le veux).
îlot détente sérieusement, en allant voir comment le décrire….le désordre m'a surprise ! Je fourre vraiment de tout dans ce tiroir là !!!
îlot enfantin je ne sais pas s’il y a des mouettes à Tahiti, mais c’est là que mes plumes y ont poussé…quand j’étais petite, toute petite, parce que maintenant je suis grande, drôlement grande !
îlots imagés des photos que j’aime, tout simplement, avec souvent quelques mots autour… (je dois être très bavarde !)
petits riens , disons que c’est un peu plus noir parfois que la catégorie détente… mais très « en vrac », les notes… Un jour, si j’ai du courage, je ferai le ménage !
rencontres de blogs Voici les récits écrits à la suite de rencontre de bloggueurs. Bientôt, ici même, peut-être la nôtre !

Posté par Mouette rieuse à 20:43 - petits riens (63) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 avril 2006

Vous venez donc de là ?

Vous êtes là. Guidés par Google, des diablotins, une image de grenouille drôle, ou le blog d'une pute soumise. Vous pensez y croiser des îlots de glaçons, vous en êtes sûrs ? le gentleman qui porterait donc un masque chinois sur sa bouche vous apprendrait la rirologie ? Mais les photos de pullution attendues, ne vous conduisent qu'à la plus jolie bouche, en italie du nord, au temps enfui. Le fromage foujou est-il celui qui vous cerne les yeux qui font peur ? Méfiez vous du rhume d'estomac, et de la bouche cousue, corrolaire de l'exéma sur la main, ce qui ne vous empêche pas de finir un clou dans le pied d'ailleurs, mais aussi fatigué du cerveau. Mais vos addictions au blog naturiste vous conduisent au blog nudiste, je le vois bien, peut-être à la recherche d'énormes seins siliconé de ouf ?  Et même la mouette+toulouse et le samu sentimental ne pourront, au prix d'un motus lune vous donner des boutons blancs sur la bouche. Mais attention à l'indigestion d'oeufs de mouette en chocolat... Le fétichisme vous guette, du calligramme au vertige. Simple écolière punie qui cherche le mot stridulence ? Screu gneu gneu, les rimes en ette valent bien que le temps suspende son vol....Mais quand vous cherchez comment trouver le sommeil, nue dans les vignes, et bien je crois que Google a du vous envoyer au mauvais endroit...

Je vous regarde. Ouvrir la porte de ce blog, avec des clés parfois si étranges. Quelquefois,  je n'ai que le temps de sentir le souffle de la porte qui se referme. Puis, à d'autres moments, je vous vois feuilleter les pages, prenant toutes vos aises, y revenant. Silencieusement. Je vous en remercie.
Alors aujourd'hui je vous dis "à dans deux semaines".
Je ne reviendrai que lorsque le mois de mai aura ouvert sa porte, doucement. Aussi doucement que vous même poussez celle qui vous a amenés ici.
Prenez vos aises, mettez les pieds sur la table, vos mots au creux des miens, je vous ai fait une petite place....

Posté par Mouette rieuse à 08:00 - îlot détente (67) - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 avril 2006

Consigne

Je te laisse en consigne mon sac pesant de silences.
Ma voix s’est enrouée de trop me taire, j’ai pris une autre voie, et me suis trompée de route. J’ai erré, comme ces voyageurs sans correspondances.
Tu as perdu le dépliant du temps, tu ne pouvais pas me retrouver.
Femme-chèvre, j'ai gravi les sentiers escarpés à la recherche de l'herbe rare et odorante. J'ai croqué les ronces épineuses, goûtant le fruit défendu. Ma bouche s'est déchirée.
Mais rien ne me blesse, rien, tu le sais bien. Je lèche mes plaies sans y penser. Je me roule en boule, en tas soyeux, en tas. J'ai perdu mon chemin, je crois bien. Non, je ne te demande rien.
Mais le sac était si lourd pour Moi... Alors voici le code pour la consigne.
Tu te souviendras bien de lui ? De ses amours dé-compostés. Tu as laissé ta marque, tu as poinçonné juste là où il fallait. Pour que je ne lise plus ma destination.
Je suis la femme errante.
Mes empreintes, t’en souviens-tu ? Mes semelles crantées se sont dissoutes dans ma peau, mes pas te sont désormais invisibles.
Tu as rengainé la lame qui traçait les sillons de mes soupirs. Cran d'arrêt.
Et mes hanches ont été taillées à la hache de ton regard.
Je ne suis plus elle.
Arrives-tu à rêver sans que tes mains ne me cherchent au creux de tes reins ?
Peux-tu aller à la gare ? Le sac est là-bas.
Il y a une violette séchée, dans la poche d'une chemise.
Et un bonbon de sel que j'ai oublié.
Tu me diras si Toi l'as trouvé ?

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12 avril 2006

Le prix de l'élégance

Avant, d'un geste qui se voulait négligent, -bien que je tremblais aussi un peu de joie de manque- j'attrapais mon paquet cartonné rouge. Saisissais un bout doré et le portais à ma bouche. La "fumer tue" est quand même mon esclavage chéri depuis bien des années (voyons, mai 68, ça nous amène à trois dizaines, ça !). Je sais, ce n'est pas bien. Pas bien du tout, et je peux me faire aider si je veux. Mais je ne veux pas, merci, c'est bien aimable à vous ! D'autant qu'ils me mettent bien en garde. A cause d'elle je peux mourir lentement, dans des souffrances atroces. Et je sais aussi qu'elle s'appelle "fumer pue", mais c'est moins élégant sur le paquet.
Bon, ça, c'était avant.
Maintenant, ayant un budget qui n'a pas suivi l'inflation de ma "fumer tue" chérie, le paquet rouge cartonné est réservé aux grandes occasions. Par exemple quand je tente de plaire, malgré mon odeur de mégot. Ne faites pas la grimace, j'en ai connus des pas-dégoûtés. Et puis je me lave les dents aussi, et je bois beaucoup de cafés, ça masque un peu. Bon, tout ça pour dire que cela reste exceptionnel. Pas que je fume, suivez donc ! mais que j'attrape alors les cigarettes toutes jolies, d'un geste élégant (mais si madâme je râle, mônsieur grincheux, parfaitement, é-lé-gant !).
Maintenant, quand je suis entourée de gens qui m'aiment un tant soit peu comme je suis, que je n'ai pas besoin de séduire, même en pyjama et pas maquillée, ou avec le nez qui coule. Ou avec ceux qui m'ont vu m'allonger sur mon tapis pour me détendre tout en discutant, et qui ne croient pas que je sois une folle pour autant, bref avec ceux que j'aime et qui m'aiment, là, maintenant, disais-je, c'est beaucoup plus difficile qu'avant, le geste négligent. Parce que je suis obligée de m'asseoir. Devant une tablette. Et de sortir ma pochette de tabac à rouler. En faisant gaffe ; ça s'échappe de partout, comme des asticots séchés. Bref je sors ma blague à tabac. Une même pas tricotée par une tante canadienne ou une grand-mère qui crochète. Non, un truc en plastique. Vert, même plus rouge. Et là, tirant la langue et la pochette de feuilles blanches à embout gommé, me voilà roulant mes cigarettes. Enfin, tentant de rouler les débris sournois qui s'échappent, devrais-je dire.
Voilà, le tableau du premier acte est dressé..
Avec langue, tentant d'humecter -mais pas trop- le truc qui se devrait de ressembler à une cigarette. Mais qui, en réalité a l'allure douteuse d'un joint de débutant. Bref, un asticot blanc dont on voit les viscères. Et là, toujours penchée sur la tablette -ininflammable, hein !-, je tente d'allumer. Parce que c'est déjà beaucoup plus court que la vraie. Alors il faut tenter de choper le bout sans trop loucher. Victoire ! j'ai maintenant le bout en flammes, les ptits débris enflammés tombant négligemment sur tout vêtement auquel vous tenez vraiment. Sur le vieux pantalon des  week-end pluvieux, ça ne tombe jamais. C'est garanti. J'évite donc les roulées quand je veux séduire un monsieur. Surtout si je suis en fille, avec le barda de nylon sur les jambes. C'est pas beau le nylon fondu. Et puis ça fait mal en plus. Je me contente alors d'une "fumer tue" gracieuse.
Après c'est tout aussi compliqué. Il ne faut pas vraiment la serrer dans les doigts, ça se plie, se courbe, et le tabac (incandescent parfois) s'échappe. L'horreur. Mais, le plus souvent, il faut rallumer. Comme un barbecue. Spectacle ravissant. Le truc collé aux lèvres, qui a pris une teinte jaunâtre, qui est de plus en plus proche du nez en plus. Donc, vous louchez. Enfin, moi, en tout cas... Bon, pour ne pas défiitivement écoeurer mes gentils lecteurs, je ne vous dirai rien du crachotis à effectuer - le plus discrètement possible - pour ne pas avaler les brins qui se sont insidieusement logés sur la langue.
Et voilà, je suis devenue économiquement rentable dans mon vice. C'est-y pas beau ça ? Et comme c'est encore plus plein de goudrons et tout et tout, et bien ça va devenir une "fumer tue vite" ! C'est y pas une réussite, ça ?
Comment ? Ah... si un monsieur va encore vouloir de moi ? Mais oui, parfaitement. Il suffit de sélectionner ceux qui ont un petit paquet rouge (bon, je ne fais pas la difficile, ou bleu ou vert, même blanc) eux aussi.
Ils s'aimèrent, toussèrent et eurent un joli cancer ensemble.
Je vous le dis, le prix de l'élégance.... jusqu'au bout....

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11 avril 2006

Au boulot, la mouette !

Sincèrement, que fais-je à répondre à un questionnaire de blog au lieu de travailler, hein ? Et bien la réponse se trouve dans les réponses... Merci Rainette....
1. Attrapez le livre le plus proche de vous, allez à la page 18, qu'y a-t-il d'écrit à la 4ème ligne?
« Les alchimistes cherchaient à fabriquer de l’or. » Page 18 de mon dictionnaire de poche. Bon, la prochaine fois, je pense à ne jamais me séparer de mon intégrale de Proust, la phrase aurait été plus longue.
2. Étirez votre bras gauche aussi loin que possible...
J’ai l’air stupide, là, je brasse de l’air ; c’est une ventilation très économique.
3. Quelle est la dernière chose que vous avez regardé à la TV ?
C’est dur comme question. C’était il y a deux mois, en visite chez Arcadia, il y avait un truc bizarre avec des joueurs de basket américains qui se lançaient des défis de fous. Ils étaient très rigolos. Même si je n’ai pas tout compris.
4. Sans vérifier, devinez quelle heure il est:
Je ne porte pas de montre parce que je n’aime pas les minutes. Pour le gros chiffre, c’est 9.
5. Maintenant, vérifiez, quelle heure est-il réellement ?
9, j’ai gagné quoi ?
6. En dehors du bruit de votre ordinateur, qu'entendez-vous ?
Le bruit de l’imprimante. C’est drôlement soft, ici. Je vis entourée de machines.
7. Quand êtes-vous sortie pour la dernière fois ? Qu'avez-vous fait?
Voyons, je suis sortie volontairement vendredi manger une pizza avec une copine et nous avons fini dans un pub. Et là, je me suis aperçue qu’il ne faut pas, mais jamais, envoyer des textos à des gens, même s’ils paraissent Honoré-ables, quand on a bu une Faro. Jamais. Et hier soir, je ne devais pas sortir, juste aller chercher l’ado au sport ; mais il y avait un anniversaire à fêter. Alors ils ont fait un duel de stickers très rigolo !
8. Avant de commencer ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Mes derniers job informatiques. Je n’aurais pas du. J’ai préféré surfer sur canalblog en suivant.
9. Que portez-vous ?
Ma conscience de faire quelque chose de mal. En écrivant ceci au lieu de travailler. Mais je suis fatiguée en ce moment. Très fatiguée par les bug. Extrêmement fatiguée.
10. Avez-vous rêvé la nuit dernière ?
C’est quoi, un rêve ?
11. Quand avez-vous ri pour la dernière fois ?
J’ose à peine le raconter… Hier matin, avec mes collègues de l’informatique. Quand j’ai dit, dans le feu de la discussion, que je n’avais plus la main sur le Q (raccourci usuel pour Qmaster), et que quelqu’un est arrivé en disant qu’il venait de re-router la queue. Une crise de fou rire. L’énervement certainement.
12. Qu'y a t il sur les murs de la pièce où vous vous trouvez ?
Des cartes de la région, trois calendriers, et une mosaïque de photos que j’aime un peu plus, planquée près de mon bureau.
13. Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
Mes jobs. Et les smileys, cœurs, trèfles et autres symboles, qui y étaient imprimés au lieu des données attendues.
14. Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Rien. Je ne pense plus. Je suis en état d’être tas.
15. Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
…voyons, avec Meryl Streep, « Petit dialogue avec ma psy », ou un titre avoisinant.
16. Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, qu'achèteriez-vous ?
Un chauffe-eau qui marche. Et un plombier polonais qui me serait dévoué jusqu’à la fin de ses jours.
17. Dites-nous quelque chose que nous ne savons pas à propos de vous.
Je dis des gros mots devant des listings. Parfois. Pas tout le temps. Mais de très gros gros mots, par contre.
18. Si vous pouviez changer une chose dans le monde, en dehors de la culpabilité ou de la politique, que changeriez-vous ?
Mon chauffe-eau. Et mon mitigeur de baignoire.
19. Aimez-vous danser ?
Oui Seule. Les yeux fermés.
20. George Bush:
Mais que vient-il faire là ? Dans ce mélange de trucs sans queue ni tête ? Je me demande si je ne viens pas de répondre à la question…
21. Quel serait le prénom de votre premier enfant si c'était une fille ?
Katia (et oui, ma fille, vois à quoi tu as échappé !)
22. Quel serait le prénom de votre premier enfant si c'était un garçon ?
Igor (pareil, mon gars, tu préfères le tien ? )
23. Avez-vous déjà songé à vivre à l'étranger ?
Non. J'ai déjà vécu à l'étranger.
24. Que voudriez-vous que Dieu vous dise quand vous franchirez les portes du paradis ?
En ce moment tu fais un cauchemar, en réalité je suis un feu follet.
25. Quelles sont les 4 personnes qui doivent faire ce questionnaire sur leur propre blog ?
Il ne manquerait plus que ça, que j’empêche des gens de travailler ! Comme moi !

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Jardin intérieur

Être, en pelouse fraîchement tondue. Parfum puissant et brins qui s'accrochent aux chaussures. Avec ses pissenlits qui font de la résistance, tendant leur coeur jaune au ras de la terre. Qu'il faut extraire au scalpel pour en arracher la racine profonde.
Être, en tapis vert qui se plumette de pétales de cerisiers. Tissu-plumetis d'antan, aussi fragile que gracile.
Être, en terre dure qui s'effrite sous les doigts aimants du jardinier. En cailloux collés d'argile jaune.
S'épanouir en vapeurs acides sous la caresse du soleil. Et laisser les pousses impatientes crever les mottes.
Ne plus fermer les yeux.

Laisser aller la vie qui naît en coeurs se balançant au vent.

coeur_de_marie

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10 avril 2006

Quelle usine !

J'implore votre indulgence. L'usine-Mouette a lancé sur le marché des modèles présentant quelques bug. Dans la programmation des produits qui auraient dus être génétiquement parfaits, puisque issus de gènes soigneusement sélectionnés (ceux de leur usine-père, bien sûr). J'implore donc votre indulgence si vous devez un jour avoir affaire à eux.

  1. le premier essai que je fis, il y a… évidemment, cela remonte à un certain temps.... bientôt 26 ans, m’a fait découvrir trop tard que le spécimen avait découvert le bonheur en … j’ose à peine l’avouer… en triant des molécules grâce à des programmes statistiques fumeux de son invention. Franchement, je rêvais d’un plombier ou d’un électricien pour mes vieux jours, j'ai du cacher ma déception ; après tout, il n'avait pas d'autre vice caché, n'est-ce pas l'essentiel ? Mais bon, m’étant aperçue de l’anomalie trop tard, j’avais entre temps mis en fabrication et même achevé trois autres modèles.
  2. Le second, dont un chromosome a voulu se produire en double, a donné une drôle de truc. Qui a écumé pendant presque 4 ans la fac avant de découvrir il y a peu sa voie. A 21 ans, je désespérais. Licence en poche, la voici qui se découvre une passion pour le social…Et qui ronge ses ongles avant chaque oral comme si sa vie en dépendait. Vous croyez avoir conçu une routière et voici une dépanneuse. Elle aurait mieux fait de croire au prince charmant, non ? Dont elle aurait guetté le cheval blanc en polissant ses ongles. De plus, elle a collaboré un an avec un marchand de Mac Bêurk, laissant dans les manifestations anti-capitalistes un sillage, parfumé aux frites, assez étrange. Fort heureusement elle préfère maintenant jouer au Rami avec des personnes en cours de ré-insertion. C’est quand même un léger soulagement pour moi, sa co-conceptrice. Jouer aux cartes est tout à fait respectable pour une jeune fille. Même vivant dans un quartier où vous surveillez votre voiture du balcon...
  3. Le troisième ? ne m’en parlez pas ! Alors même qu’il semble charmant et brillant, allant, main dans la main avec le modèle qu’il a choisi dans la cours du lycée, ainsi paré d'options assorties à sa carrosserie… je m’égare… Il semblait tout à fait parfait, suivant les cortèges anti-truc, vous savez bien, le truc bizarre dont ils n’arrivent plus à se débarrasser au gouvernement ? Bref, alors même qu’il défile un jour, le voilà, le lendemain, menaçant un pilier du blocus de son établissement de le transpercer de son épée (oui, comme sport il n’a même pas été capable de tenter le prestigieux football, quand même plus lucratif). Manifestation, oui, mais programmes avant mise sous fabrication à respecter. Remarquez, à ce sujet, au vu des heures passées à monter moult dossiers nécessaires à sa formation plus spécialisée de l’année à venir, je comprends un peu son énervement devant un blocus. Avec un peu de chance il finira par être admis dans une école où ses bugs seront réparés.
  4. Quant au dernier modèle de la série…. Le même que le second, toujours ces étonnants chromosomes en paire. Mais qui demande entre deux bâillements si les maths ont une quelconque utilité dans la vie. Mais non, bien sûr, ma fille ! j’aimerais tant qu’elle devienne dévouée à sa mère, et que sa vie entière se passe à s’occuper un peu de moi… Je crains le pire, elle a décidé d’apprendre, malgré tout, pour avoir un studio le plus vite possible. Mais tout en s’engageant à prendre soin de l’usine qui se délabre quelque peu…

Dites, pour le personnel qui refuse de travailler pas le dimanche, on manifeste quand ?
Parce qu'à devoir faire le jardinage et la cusine, franchement, j'ai fini par me casser un ongle.
La manucure sera furieuse.

Posté par Mouette rieuse à 07:50 - île aux mouettes (51) - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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