28 février 2006
Hélium en vente-libre
Ego ; tout pou pi dou... ti la la... ti tam... la la.....
Cerveau ; quelqu'un sait quelque chose pour Ego ? Il a pris des dopamines ? Des stupéfiants à base d'Hélium ?
Yeux ; chef, vous avez pas lu, ce matin ? Vous dormiez encore ou quoi ? Remarquez, Elle aussi, Elle était au ralenti, parce que si Arcadia ne le lui avait pas écrit, Elle ne comprendrait pas pourquoi ses stats s'envolent ; ça doit être de l'hélium, je ne vois que ça...
Cerveau ; ça suffit de blablater, donnez l'information, Yeux, et un peu de respect ! J'ai un boulot fou, moi, pfffffft !
Yeux ; ils l'ont mise en page d'accueil de canalblog.
Cerveau ; oui, et alors ?
Ego ; je suis célèbre... ti la la... pou pi lou... là là....
Chevilles ; ça y est, Elle craque. Nous, en tout cas, ça nous fait du repos, même si on a un peu gonflé, Elle ne marche pas, ce matin, la dame mouette, elle papillonne.
Main droite ; sans moi, Elle n'y serait jamais arrivé. Je travaille comme un fou dans son blog. Et que je frappe le clavier, et que (...)
Main gauche ; oh, la droite, tu te prends pour qui, là ? Les majuscules et les E, c'est moi jusqu'à nouvel ordre. Un peu moins d'égoïsme, ça ne te ferait pas de mal. Tu mériterais un bon vieux rhumatisme pour t'apprendre à ne pas te prendre pour le nombril de (...)
Nombril ; ah, on parle de moi, il était temps. Quand je pense qu'Elle parle même d'Intestins (bêêêrk) et que jamais Elle n'avait eu le moindre petit compliment pour moi. Parce que,je suis son origine, sans vouloir paraître trop (...)
Cerveau ; mais vous allez tous vous prendre la tête, comme Ego ou quoi ? Nombril, tu n'est qu'un trou recousu, faudrait veiller à ne pas l'oublier.
Nombril ; un trou ? Moi ? Oh ! Et ben alors, là, c'est quand même incroyable....
Elle ; heu, dites, les organes ? je peux dire quelque chose, moi aussi ?
Cerveau ; bien sûr, Elle, nous vous écoutons tous. Ego, mets la en veilleuse, on ne s'entend plus.
Elle ; voilà, je voulais vous dire merci à vous tous. Oui, même à toi, Nombril. Parce que vous m'avez toujours soutenue. Même enrhumée, même pleurnicharde. A 6 heures du matin comme à 23 heures. Vous avez toujours tenu le coup (mais non, Cou, je ne parle pas de ta minerve) même quand j'ai du effacer mon premier blog (maudit ex-il, maudite ex-elle). Oui, Ego, je sais, ça été un moment difficile pour toi. Voilà, c'est tout. Je vous devais bien ce Merci.
Ego ; pou pou pi dou... ti la la.... J'm'en lasse pas de l'hélium.... C'est en vente libre ?
27 février 2006
Dis-moi...
S'il t'arrivait quelque chose ?
S'il m'arrivait quelque chose ?
En impromptu de la vie, tu sais, en bête incident, en stupide accident. Comment saurais-tu ? Comment savoir ? Qui te téléphonerait ? Qui me préviendrait ? Qui saurait que, même étourdie d'anesthésiants, c'est ta main sur ma joue qui m'apaiserait ?
Et Toi ? Il me faudrait donc attendre, le coeur serré, de savoir où tu es ? Tu m'as donné l'autorisation de venir te voir, si... Si un bête accident de la vie te privait de ta mobilité.
Pas de drama, ni pathos, pas de malédiction d'en parler. Je n'ai aucun pouvoir magique en écrivant ceci. Ni Toi, ni Moi, ne mourons de mes interrogations, tu le sais bien.
Mais si je meurs, là, demain, sans faire exprès, sans avoir eu la grâce du temps de parole des heures décomptées...
Sais-tu que je ne voudrais de fleurs que blanches ? Ou jaunes pâles ? Une seule suffira. Au coeur noir. Que si les coquelicots sont en fête, je rêverais de leur éclaboussure rouge et de leurs pétales froissés ? Sais-tu que j'ai choisi ma musique, déjà ? Que ma fille aînée a protesté, "Le Requiem de Mozart, m'man, pas de Fauré ! Après tout, c'est nous qui l'entendrons, pas toi ! ".... elle n'a pas tort. Mais la mise en scène de mon incinération me plaisait bien ! Je veux, que, d'un tournevis, ils décrochent les sempiternels crucifix. J'aimerais ne pas être exposée, avant, maquillée et lavée de mes intérieurs putrides. C'est dans leur coeur que je veux rester. Pas en image raidie et figée d'un sourire apaisé. Et mortellement ennuyeux !
Sais-tu que j'aimerais que ceux qui m'ont aimée soient là ? Pour délaver dans les pleurs (mais si, on pleure toujours dans ces moments là) les pensées gribouillées que j'ai pu dessiner en eux. Que je voudrais partir dans un parfum de chocolat ? Que je voudrais dire les pardons à venir, avant ? Les joies à ne pas laisser fuir, les petits bonheurs à cueillir en gerbe de fleurs qui se fanent doucement ?
Sais-tu que je t'aime, aujourd'hui, et que, peut-être, je ne t'aimerais plus, ce jour là ?
26 février 2006
J'aime que ....
J'aime. Deux mots pour une palette profonde comme le monde. Deux mots, si petits. Que l'on enferme
dans son coeur. Comme dans une mallette si riche de sens qu'il lui faut un cadenas
pour ne pas s'épandre à tout vent. Deux mots qui se gonflent en voiles,
qui se déplient en ailes, s'enchevêtrent et s'entrechoquent. Se
glissent, se savourent, se hument. Deux mots qui sont tout petits ou
qui drapent une vie.
J'aime le café. Et ta présence.
Je
t'aimerais, si cela pouvait te dire combien tu m'es précieux. Combien je te respecte et suis heureuse
de te voir, de me glisser contre toi. Je t'aimerais si cela
ne sous-tendait que les sourires gais et la paix douce. Et seulement cela.
Mais je ne peux
te dire que je t'aime, car ces mots là sont tout autre chose. Qui
m'engageraient à t'apprivoiser. Qui te diraient que demain serait
possible. Que "je" et "tu" pourraient être "nous". Alors je t'aime
bien, fort, beaucoup. Mais pas "tout court".
J'aime que tu l'acceptes, et que nous avancions côte à côte, sans mots d'amour, juste en nous aimant. Beaucoup.
J'aime
glisser ma tête sous tes bras, le soir, quand ton odeur de coing se
mêle de la sueur de ta journée. J'aime te sentir homme fourbu, homme
heureux. Je n'avais jamais croisé un homme
aussi heureux de travailler et ta joie est belle à voir. J'aime tes mains calleuses qui
m'effleurent de peur de rayer ma peau. Et l'odeur de métal de ton bleu
de travail. J'aime, dans les plis de ton cou, les paillettes de
limaille. Et ton regard étonné la première fois que j'y ai glissé ma
langue, pour en saisir le goût. Et ton recul quand j'ai humé cette odeur de fer rougi, avec un bonheur si vrai.
J'aime que ton sourire éclaire ton visage fatigué, tes joues râpeuses,
que j'ai appris à caresser doucement. Avant que tu ne repartes chez toi,
et reviennes, transformé, rasé de frais, aseptisé.
J'aime ton impudeur à me
déshabiller l'âme comme si tu me déshabillais le corps. J'aime que tes
mots s'emparent des failles qui me creusent le sourire. Que tu chauffes
à blanc mon faire et le torde doucement, pour ne pas en casser les
molécules. En me parlant de chacun de tes gestes. Comme si je n'étais
plus que poupée de métal précieux.
J'aime que tu me respectes autant que je le fais.
C'est bien, aussi, d'aimer ainsi. Mallette qui peut s'ouvrir et se refermer sans tracer des sillons de larmes.
Mon savon bleu de Marseille
Pour sûr, cela ressemble à un savon. De Marseille.
C'est gravé dessus ! Mais c'est une bougie. Qui sent bon le savon de Marseille !
Et,
comme je m'étais fait prendre au leurre, j'ai voulu tester le pouvoir
nettoyant de l'eau bleue des toilettes de Rainette. Enfin, pas moi,
mais mon bracelet en argent. Plouf, dans de l'eau fraîche (ce qui m'a évité un repêchage périlleux).
Et bien, vous savez quoi ? Ne sortez plus vos produits de nettoyage
pour retrouver des objets en argent comme neufs ; rien ne vaut les
blocs eau-bleue... Il est scintillant, mon bracelet, je vous l'affirme.
(Rainette, arrête de rire je te prie).
25 février 2006
Marseille, mosaïque....
Arcadia a su faire vivre en images ce que j'ai ressenti de Marseille. Peut-être
parce que son enfance en a dévalé les ruelles étroites. Peut-être parce
la Bonne Mère est dans son coeur, comme le parfum de fleur d'orangers
dans les navettes que l'on croque avec un café.
Pour moi,
Marseille, ce sont d'abord ces falaises blanches, que mes yeux équarquillés
voyaient s'approcher, accrochée aux passerelles. Revoir, quarante ans après ces quais... non, je
ne peux même pas en parler...
Quand le paquebot a amerri, atterri,
accosté (merci les filles, je ne savais plus où mes mots s'étaient
envolés devant le quai de mon enfance !)
j'avais l'émerveillement de ma
nouvelle vie qui se dessinait. Avec ses bruits, ses odeurs. Oui, j'aime
les odeurs de gasoil, d'algues, de poissons éventrés que les oiseaux picorent, au
milieu des chaussées. J'aime la vie grouillante, et même les papiers
sales. J'aime cette jeunesse incroyable de la ville, ses habitations en
cubes bétonnés et ses maisons du vallon d'Auffes, au milieu des filets.
J'aime ses ruelles étroites et ses rues embouteillées. J'aime ces
parfums bon marché des ados colorés et trop vivants parfois. J'aime le
ferry boat qui traverse le vieux ports en quelques secondes, parce que,
parfois, on a la flemme.... J'aime devoir faire attention aux dernières
minutes du match de l'OM, parce que, sinon, on ne sortira plus de la
ville. J'aime cette folie douce. Marseille, comme un pays à elle toute
seule. Avec ses riches et ses pauvres. Son accent du Nord et du Sud. Ses spécialités aussi nombreuses que les croûtons d'une bouillabaisse.
Je reviendrai.
Pour
marcher dans les rues en pentes, boire encore et encore des cafés sur
le vieux port, marcher le nez en l'air, saluant les drapeaux des linges
qui sèchent au mistral. Entrer dans ces boutiques où le savon se
décline d'Alep à Marseille, en parfum de lavande ou de figue. Peuchère,
c'était si bien. Dire que ce n'est qu'à 3/4 heures de train....
24 février 2006
Violette de Marseille ?
Elle a des couleurs au bout des doigts, et a posé sa baguette magique sur mon blog.
En cadeau ( un de plus ! ), ma nouvelle bannière !
Aux couleurs des violettes de Toulouse.
Et oui, la ville rose a pour fleur cette délicate timide, qui tente de se cacher sous un feuillage vert.
Merci Arcadia !
Et si vous voulez des nouvelles de mon séjour à Marseille, c'est ici, chez la grenouille, que ça se passe. Un post à six mains, de quoi se sentir chenille.
23 février 2006
Marseille, peuchère !
Me croirez-vous ? Je suis là, en Provence-Alpes-Côte d'Azur (ça, c'est juste pour faire rager ceux qui sont dans le Nord, c'est à dire au-dessus de Poitiers). Ma chambre était prête (Arcadia, tu es un ange),
avec une connexion Internet illimitée à portée de main. Des murs
m'entourent, dont l'enduit ciré vert d'eau laisse transparaître des
ailes d'oiseaux. Je sais, je pourrais être n'importe où, mais je suis
bien, ici ! A Marseille ! A midi, elle était bien là, sur le quai
de la gare. Nous avons du illico sortir nos lunettes de soleil :
Rainette nous avait prévenue ;
"Les filles, ils sont au courant : il y a la télévision à la sortie du métro, faites vous discrètes..."
Et
c'était vrai. Caméraman et preneur de sons, l'oeil aux aguets, étaient
bien là. Vous vous doutez bien qu'avec nos lunettes, personne ne nous a
reconnues. Arcadia et la Mouette se sont faufilées en douce. Ouf, la
première heure se déroulait à merveille; la ptite grenouille piaffait
d'impatience que midi trente sonne, pour nous faire découvrir sa
cantine. Et quelle cantine... Elle y fut accueillie comme une
princesse, et nous reçûmes les mêmes égards, en honneur de notre
bloggueuse aux goûts culinaires d'excellente référence.... Tenez, même
la purée de carottes était parfumée à la cardamone. Et si vous aviez
goûté la salade de melon aux raisins et à la rose.... Hummm ! Trois
heures. Seulement trois petites heures que j'étais arrivée....
La bonne mère, le port des pêcheurs, le ferry-boâât, j'ai fait aussi... Je vous raconterai.....
22 février 2006
J'arrive
Partir. Quelques jours.
Laisser le train me faire traverser les régions.
Partir, et savoir qu'Arcadia sera là, sur le quai de la gare.
Partir, et savoir que Rainette a dégotté un petit restaurant "spécial"....
Glisser dans le sac l'essentiel (mes moules à cannelés), le superflu.
Quelques lunes de verre irisé à partager, comme un personnage de conte qui sèmerait sur son chemin.
Partir et se retrouver un peu de découvrir l'autre.
A bientôt.
20 février 2006
Un Saint-Honoré ou des spaghettis bolognaises ?
En agrafes enfoncées dans le bois.
Arrête toi...
En colle qui se dissout. Pâte informe.
Tu ne crois quand même pas, non...
En punaises dont la tête éclate sous le coup du marteau.
Mais enfin, tu penses vraiment que (?)
En fiel dégueulé de la nausée.
Tais-toi, le doute qui s'immisce...
Et tout ça, pour quoi ? Je vous le demande ! Savez-vous pourquoi ? Pour une pécadille ! Celle qui a fait déborder ma colère. Rouge, verte ou noire, comme les prunes.
Parce que la ptite brune, qui n'aime pas compter pour des prunes, qu'on se le dise, a eu une proposition de trop.
Charmant et raffiné, le monsieur, empli de délicatesse et de prévenance. Tenez, un à qui vous donneriez votre code de carte bleue sécurité sociale. Les yeux fermés. S'il pouvait m'offrir un verre après la soirée, mais pourquoi pas ? Puis l'invitation au concert de jazz, au bon repas.
Mais la ptite brune qui aime les prunes vertes, mêmes celles salées-sucrées des douceurs acides chinoises, et bien la ptite brune a eu un doute. Violent, comme l'agrafe qu'elle venait de planter dans le bois. Qui avait déchiqueté les fibres.
Mais enfin, tu ne lui as pas posé di-rec-te-ment la question, après tout.... tu as pensé que... mais si ça se trouve... Vous savez, la ptite voix qui discute avec vous quand vous êtes occupés à tout autre chose. Elle me parlait, la sournoise.
Alors j'ai attendu son appel. Gai, souriant et charmant, plein de délicatesse. Et la ptite voix a cédé la place à la parole.
Bien, tu es marié ?
Et la réponse fut à la hauteur du doute. Bien évidemment.
Non, merci, je n'ai pas envie d'un cheptel d'hommes mariés. Oui, j'ai déjà pratiqué, avec un monsieur charmant. Non, même très libre , même certains week-end, même pour des petits voyages. Non, merci. (remarquez-vous l'horrible onctuosité de ma politesse exquise ? j'ai dit "merci" ). Deux claques, je me flanquerais volontiers deux claques. Serais-je donc affichée à la location ? Croyait-il que ses manières exquises étaient le prix à payer ? Oui, la semaine prochaine, à mon retour, j'en parlerai avec toi de vive voix. Mais tu es stupide ma pauvre brune blette comme une poire ? Heureusement que tu n'avais pas encore...il n'aurait plus manqué que ça, lui avoir offert ce qu'il attendait ! Remarquable intuition. Parce que j'aurais bien pu....
Je suis en colère ce soir.
Parce que j'ai la furieuse envie de me munir d'un saint-honoré et de le flanquer au visage de ce monsieur.
Ou de minauder pour aller manger italien. Pour le plat de spaghettis -bolognaise- sur son crâne.
J'ai une semaine. Pour digérer ma colère. Ou la transformer en vengeance. Je ne sais pourquoi je suis si enragée ! Mais je le suis, c'est certain. Je déteste le mensonge, même par omission. Et je ne regrette aucunement d'être divorcée.
Je détesterais avoir un compagnon qui trempe son sexe dans celui d'une autre avant de se glisser dans mon lit.
Je sais, cette dernière phrase est horrible.
Elle n'est que réalité pourtant.
Aveuglée
Je ne l'avais pas vue, même les yeux grands ouverts.
Juste ressentie, parfois, en frissons doux, dans son regard.
Bien sûr, il y avait ses cicatrices fines, nacrées. Elles en étaient devenues jolies d'être familières.
Bien sûr il y avait ses mots, parfois aussi violents que coups de haches.
Mais j'étais toujours aveuglée. Par ses voiles.
Elle portait une burka de soies transparentes et superposées. Cela lui donnait un charme fou.
Je m'y laissais prendre, comme un mirage trompe le marcheur.
J'ai bien du ouvrir les yeux quand elle a appuyé sur l'interrupteur.
Pas une veilleuse pour enfants.
Une lampe de 1 000 watts braquée sur sa nudité, histoire de ne rien cacher.
J'ai vu. Je l'ai vue.
Et je me suis brûlé la rétine.
Fracassé les certitudes.
Je me suis sentie mal. De ne pas avoir vu avant.
Elle. Et toute sa mosaïque de maux.
J'aimais sa présence.
J'aimais ses absences.
Je vais l'aimer encore plus.

