31 janvier 2006
Douceurs croustillantes
Il y eut les cannelés pour Arcadia et Epsilon, cet été.
Puis il y eut les cannelés pour Berlioz and co.
Il y eut ceux pour les enfants,
la famille, les collègues, l'amant, les copines. Je crois que je suis la toulousaine aux cannelés. Ne
pouvant vous envoyer par chronopost ces petites douceurs (je suis intraitable, ils ne doivent être consommés que dans les 24 heures suivant leur cuisson, pour être délicieusement crousti-fondants), en voici donc la recette.
Proportions prévues pour 54 cannelés en format "bouchées" (ce qui correspond à 3 plaques de 18 alvéoles) et 8 "normaux" (1 plaque). Mais non, cela n'est pas trop ! Et si c'est trop (petites natures !) à vous de diviser (les moules sont prévus pour 18 cannelés, vous divisez donc par 4). Il y a 1 heure 15 de cuisson, autant en faire beaucoup... ça se mange sans faim ces petites choses là !
Dans 1 litre de lait bouillant faire fondre 100 g de beurre. Fouetter dans un saladier 200g de farine, 400g de sucre (ben oui, le croquant vient du caramel, qui vient du sucre...),
4 oeufs entiers et 4 jaunes d'oeufs. Rajouter de la vanille et le lait
chaud. Bien remuer. Cela ressemble à une pâte à crêpes épaissie. Repos
de 24 heures. Avant d'utiliser la pâte, la re-fouetter en y rajoutant
une louchette de rhum.
Armés de vos petits moules (en silicone) posés sur une plaque (elle même posée en hauteur afin de faciliter le remplissage des mini-moules, je me demande si je ne vous materne pas un peu !)
vous répartissez le mélange. Je vous donne maintenant le seul secret à
connaître ; il est impératif de débuter la cuisson à four froid sous
peine de voir la pâte gonfler et obtenir d'horribles montgolfières
aplaties au final. Bonnes, mais moches. A vous de voir...
Donc, 15 minutes à 280 °, suivies d'une heure à 180 °.
Démoulez au sortir du four... et patientez 15 minutes que cela refroidisse avant d'engloutir, de déguster.
Rendez-vous à l'hôtel
Rendez-vous à l'hôtel, près du fleuve. Oui, à l'hôtel, où l'on paye
pour s'offrir un lieu anonyme et neutre. Sans rien de rattaché au
familier. Pas de photo, pas de musique. Même pas l'arôme du café dans
l'entrée. Rien. Que de l'affligeant de banalité neutre. Et du
troublant...si troublant pourtant...
Mais avant... avant je
veux te retrouver dans un petit café. Où les croissants traînent dans
une corbeille à carreaux Vichy, sur le comptoir. Nous boirons quelques
cafés. Et serons impatients de nous lever et de partir. Pleins de
désirs ardents d'heures volées à venir. Comme deux amoureux qui
vont se découvrir. Dans un seul but pourtant...
Mais avant...
il te faudra affronter ce sourire qui n'existe pour personne d'autre
que toi, ce sourire qui accompagnera la remise de la clé tendue. Et tu
ne verras même pas le mien, pourtant affiché, tant tu seras empêtré de
ta gaucherie à avouer en silence que tu ne viens que pour... Ton désir
sera certainement retombé comme un soufflé quand tu articuleras le nom
d'emprunt choisi. Et je rirai... Tu te sentiras un peu mieux dans le
couloir aux photos neutres et belles. Au silence feutré de moquette.
Puis tu arriveras enfin devant la porte close, et moi derrière toi.
Serrure que tu ouvriras avec la fébrilité du péché avoué devant la
porte du Purgatoire...
Mais avant... j'aurais tant ri que
tu seras contrarié, sans te l'avouer, de ma légèreté. Tu seras
chiffonné, et moi, si gaie. De t'avoir donné rendez-vous à l'hôtel,
près du fleuve. Tu sais que nulle bougie ne t'y attendra, ni musique
choisie avec suavité. Je ne serai pas derrière la porte, le regard
brillant. Ce ne sera qu'une chambre. Avec un grand lit au milieu.
Fait-on autre chose que de s'allonger, dans une chambre d'hôtel.
Touristes ou amants ? Vois-tu une différence ? Quelle crudité, quelle
banalité. Quel gaspillage, de ne l'habiter que si peu de temps. Juste
quelques heures, guère plus.
Mais avant... il te faudra téléphoner. Et réserver.
Et
je ris déjà. De ta voix empêtrée et de ton mensonge si gros qu'ils
souriront au téléphone. Tu sais si bien mentir, un nom à inventer, ça
te changera et ce sera rigolo, non ? N'oublie pas de leur demander à
quelle heure nous pourrons franchir le seuil de la porte du désir....
Et après... tu sauras comment faire pour donner un rendez-vous à l'hôtel, près du fleuve...
30 janvier 2006
Sorcellerie
Il était sorcier. Et son souffle tétanisait.
Elle était poupée vaudou. Et ses aiguilles tuaient.
Ils s'étaient rencontrés.
A un bal masqué.
S'étaient aimés au premier rayon de lune.
Avaient tenté l'étreinte pas fatale.
Mais comment cesser de respirer ?
Comment défaire la pelote mortelle ?
Ils avaient croisé les fers de leurs sorcelleries.
A deux, nous y arriverons.
Elle avait lancé une aiguille sur le sorcier.
Pour que son souffle en émousse le dard.
Il avait soufflé dans le cou de la poupée.
Pour la guérir de tuer.
Le sorcier se dégonfla comme une baudruche.
La poupée fondit en cire molle.
Ils étaient bien avancés, maintenant.
Professeur Mouette
Issu des archives de l’Humanité, voici un extrait – largement
tronqué et remanié, je m’en excuse - d’un article de P. Jourdana , paru en mai 2000. Il y écrit la critique d'un livre "Le Secret de Joe Gould" de
Joseph Mitchell, article qui porte le joli titre de ;
L’imposture magnifique du Professeur Mouette
(…) En 1942 (ça ne nous rajeunit pas, tout ça !), dans le
New-Yorker (non seulement c’était il y a longtemps, mais aussi aux
Etats-Unis !) J. Mitchell signait des chroniques de la vie
quotidienne, brossant le portrait de personnages qu’il choisissait le plus
souvent dans la rue. L’ivrogne, le paumé ou le dresseur de puces lui étaient
plus importants que le mondain, et il les traitait avec chaleur et bienveillance.
Par petites touches il découvre avec une émotion grandissante celui qui sera le
sujet de son prochain portrait, Joe Gould, " joyeux petit lutin émacié
" connu dans les années quarante de tout Greenwich Village. Toujours
attentif aux faits, sans aucune sensiblerie, Mitchell décrit un homme usé avant
l’âge, aux " longs cheveux frisés dans le cou et une barbe en broussaille
aux reflets roux ", portant sur le monde " le regard flou halluciné
d’un vieil érudit ". Figure tout à fait insolite, mais acceptée pour cette
raison précise dans le quartier de New York le plus artiste, Gould est diplômé
de Harvard, issu d’une honorable famille de médecins. Surnommé " le
Professeur Mouette " (titre du premier article paru en 1942) en raison de
sa faculté, prétend-il, à imiter cet animal et à traduire n’importe quelle
poésie en " langage mouette "… Joe Gould a choisi une vie marginale,
qui l’a définitivement appauvri, pour écrire une monumentale oeuvre littéraire,
L’Histoire orale de notre temps dont seuls quelques minuscules fragments ont
été publiés. L’Histoire orale a pour ambition de transcrire ce que Gould avait
entendu dans les bars ou dans la rue (il possédait une mémoire phénoménale),
des milliers de conversations de gens modestes, seuls véritables réceptacles
selon lui de la sagesse humaine. (…).
Et savez-vous pourquoi je vous livre ici la vie de ce Professeur Mouette ? Bien sûr, je ne pouvais que m'attacher à un tel surnom, mais surtout... ne croyez-vous pas qu'il aurait adoré tenir un blog, ce charmant lutin ? Il est mort en asile psychiatrique, en 1957. L'année de ma naissance.
29 janvier 2006
Règles du je
Ames sensibles, zappez, ce n'est que du laid.
Des règles, ici ? Pour quoi, pour qui ? Pour vous, bien sûr. Je n'ai
pas le droit d'écorner de mes mots votre personne, bien sûr. Pas le
droit de tenir des propos contraires à l'humanité, évidemment.
Mais
la mienne, de personne humaine ? Ne suis-je pas libre d'en faire
ce que je le veux ? Pas de règle qui me maintiendrait dans l'angle
droit de ses bords. Je veux de l'aigü, du rond qui se tord en spirale,
du compas à la pointe sanglante.
Je suis ici chez moi, dans moi. Dans le
seul domaine où je puisse me sentir libre. Celui des mots. Puisque mon anonymat y est
préservé, dans la limite que JE lui impose. Libre de me vomir en public
si je le veux. Vos pieds n'en seront pas salis. Libre de hurler à la
mort où d'étaler mes horreurs pensées et à venir. Libre d'exposer le
laid, le sournois, le mesquin. Le moche, le menti, l'enjolivé. Le même
pas vrai, même pas beau. Tout ce qui m'habite. Vous êtes
lit-bres. Vous ne serez pas lépreux de toucher des yeux mes mots.
Zappez, boycottez, ignorez, ce n'est que du laid aujourd'hui. Je tords
les barreaux de ma prison dorée.
J'arrache les dents de mes sourires doux. Une à une. Et les gencives sont béantes et saignantes. La langue râpeuse.
Je
décolle en lambeaux le plissé soleil autour des yeux. Je le repasse au
fer rougi. Et je hume l'odeur de chair brûlée en parfum nauséabond.
Je
suis ici chez moi. Dans moi. Là où les tripes sont vraies. Là où je ne
peux faire semblant, pour être gentille et polie, docile et soumise à
votre regard. Je vous donne tous les droits, tenez, ils sont là. Vous
avez le droit de m'ignorer, de taire vos phrases molles de me tendre
votre douceur pour apaiser ma violence. Libres de me crier que ce n'est
que du laid.
Je ne m'aime pas. Comprenez vous cela ? Je me vomis.
Cela m'arrive parfois. Comme après un repas trop long, trop riche. Je
dégoulinais de miel jusqu'à la nausée. La voilà. Elle m'a tordu
l'estomac. Et son goût de fiel accouche des mots l'acide et l'amer.
Non, ce n'est pas elle-il qui écrit aujourd'hui. Elle-il est si pratique ! On le classe dans ce que l'on veut, dans un souci de préserver les lecteurs. Elle-il devient fiction, invention, roman en gestation.
Aujourd'hui, je veux jouir jusqu'à mourir d'écrire je.
Je.
28 janvier 2006
La Rose nappée de blanc

Comme elle portait bien son nom, aujourd'hui, ma péniche familière.
"Titaneige"... Et moi, qui marchais sous les flocons fins, le bonnet au
rebord blanchi, le nez rougi,
le silence feutré en écharpe de ouate. Le sentier qui suit le
canal était déserté, parsemé de quelques bonhommes de neige en
souvenirs d'enfants heureux.
J'aurais aimé marcher dans le jardin
des Plantes, mais la prudence avait fermé ses grilles. Je l'ai longé,
savourant ses arbres immenses, parasols blanchis. Regardant à travers
les grilles "notre" banc, "nos" arbres, et souriant de découvrir le
panneau "Interdit aux vélos et aux chiens" planté tout à côté. Mais évidemment ! ont-ils déjà oublié la chanson de Brassens ? A quoi servent les
bancs publics, je vous le demande, si ce n'est à s'embrasser ? Certainement pas à faire du vélo...
Déséquilibre
Tu l'as volée. La balance de mes choix à venir. Tu as pris ma main
et m'as fait lâcher la prise. Celle qui me permettait de gravir MA
falaise, et tu
en as profité pour dérober un des plateaux. Balance manchote. Inutile.
Comment peser mon à-venir ? Un plateau. Pourquoi m'avoir
ainsi amputée. Il doit être dans ta
poche, ce plateau ridicule, tenant compagnie à ce bout d'aspirateur oublié, à ces cartes
empilées que tu fouilles en pestant. Comment vais-je pouvoir peser mes choix ?
Tu me parles, le plus doucement possible - "Et si cela te faisait encore plus de peine que ton chagrin d'aujourd'hui ? " et je regarde ma balance inutile. Pourquoi poses-tu la question ? En quoi cela te regarde-t il mon chagrin à moi ? Entre
des heures d'amour volé et la douleur, après...tu veux donc que je
choisisse ? Comment soupeser mon chagrin, oscillant
entre présent et à-venir à choisir ? Balance amputée, au plateau perdu dans ta
poche. La gauche. A côté du truc, là, qui bat la
chamade parfois.
Stupide voix hoquetante et reniflante. Je me hais. De n'avoir
pu davantage jouer le jeu de l'amante rieuse, de l'amante silencieuse,
de l'amante amoureuse. De l'amante muette, et invisible.
Te rappelles-tu ? Quand elle est partie dans l'ambulance. Qu'elle allait mourir. Et que tu
étais venu me rejoindre, me serrer si fort dans tes bras, pour aider ma peine. Je
n'ai pas pleuré. Pas avec toi. Pas devant toi. Je ne pouvais pas.
T'en souviens-tu ? Quand
tu m'as dit d'une voix étrange, en m'enlaçant toute entière - " Tu parles de nous comme si c'était
notre histoire était au passé" et mon silence asphyxié t'avait suffi, alors. -"
Depuis quand as-tu pris ta décision ? ". Tu comprenais, et je ne
pleurais pas. Pas devant toi. Non, surtout pas.
Et voilà que le déséquilibre s'est produit. Tu me l'as volé, le plateau de ma balance à la mécanique si bien huilée.Je
l'avais raccroché avant, ce putain de téléphone. Je le savais bien que
j'allais finir par pleurer. Oh, je me déteste de ce chagrin parfois qui
m'envahit. Animal mal dressé. Et
toi, qui as rappelé, si peu de temps après. Juste les minutes
nécessaires avant que ... Que je ne sois assez forte pour ne pas céder
à ma peine. Juste à temps pour que je
m'écroule, en sanglots, de t'entendre à nouveau. Me parler de quoi
? Tu voulais juste -enfin- m'entendre pleurer à gros sanglots
stupides ? Cela te rassure donc de savoir que je pleure parfois ? Que
voulais-tu d'ailleurs ? Me dire la neige
à venir ? Les flocons à faire fondre ? Sur nos langues
séparées de quelques vies. Oui, je t'ai
promis. J'irai, je ferai. Nous partagerons cela. Et tu en seras
heureux. Les yeux bouffis, les joues trempées, j'ai promis. J'ai tenu ma promesse...Tu me rends le plateau de ma balance en échange ?
27 janvier 2006
Etoile noire
Il regarde autour de lui, inspecte les pièces une à une. Tout est
ok. Pas nickel-nickel, mais correct. Pas trop rangé, mais au moins
propre. Il n'y a pas de slips qui traînent ou de trognon moisissant au
coin d'une étagère. Ca ira bien, quand ils viendront.
Il enfile
son blouson. Ferme un à un les fermetures et les boutons pressions.
Avec des gestes familiers et mécaniques. Pas besoin de réflexion. Il
fait cela depuis si longtemps. La cagoule et l'écharpe. Pour ne pas
avoir froid. Il se demande comment son corps fait pour y être toujours
sensible. Alors qu'il sait bien que le néant a déjà rongé un à un tous
les organes. Il y a une étoile noire, avide, qui l'habite. Mais la peau
est là. Vive et sensible à la morsure du froid. Elle n'a pas oublié les caresses douces qu'elle y déposait de ses lèvres tendres.
Sa peau qui se désquame en pellicules ternes. Elle l'aurait massé avec
de l'huile d'amandes douces, en riant doucement, de son rire de gorge
qu'il aimait tant. Sa voix serait devenue rauque et ils en auraient ri.
Tu ne peux pas dissimuler tes émotions, mon amour !
Il
prend les clés et ferme la porte. Comme d'habitude. Ils ne doivent pas
se douter de quoi que ce soit. Surtout lui. Il ne comprendrait pas, se
sentirait coupable de n'avoir pas vu, pas compris. Il n'y peux rien.
Pauvre gosse. Quand elle était morte il lui avait pris la main, sans un
mot. Et ils avaient pleuré en silence. Elle leur manquait. Pourquoi
t'es partie, merde ! Fallait pas tant nous aimer, fallait pas. Tu
n'avais pas le droit de nous planter là, nous deux. Comme deux orphelins.
Je n'y arrive pas. Je n'ai plus envie. J'ai essayé, tu sais. Mais je ne
peux plus faire semblant. D'être le papa si admirable. Quel beau veuf
que voilà. Ils s'occuperont de lui, ne t'en fais pas. Mes parents et
les tiens. Il y arrivera. Il a ton caractère. Moi je ne peux plus.
Il regarde la moto, époussette machinalement la selle, enfile le casque et les gants.
Tu me manques, accrochée à ma taille, si fine que je ne te sentais pas.
Je vais aller là-bas, près de ce lac où nous avions passé tant de
dimanches. La route en lacets est parfaite. Personne ne se doutera
que... Bien sûr que non, ils s'en douteront ! Mais personne ne pourra
jamais affirmer que... Personne. Pas lui, ne t'en fais pas. Surtout pas
lui. Je vais te rejoindre. Je vais m'oublier, comme tu nous as oubliés.
Une histoire des sens (couverture)
Sans-amour-fixe
Sans toit,
Sans Toi,
Sans Moi,
Ni bouteille, mais avec l'ivresse d'un amour transparent
Pour fêter notre chagrin !
Avant
Non, vraiment, ça ne se décide pas, c'est ainsi. Je ne peux même pas t'en demander pardon.
C'est ainsi.
Pas de palpitation du coeur, pas de mains moites de se serrer dans les poches en te guettant au coin de la rue. Rien. Même pas la première rose qui aurait été conservée comme relique d'une histoire en gestation. Je me souviens - oh je voudrais tant oublier pourtant - avoir caressé des doigts des pétales décolorés, les yeux gonflés de chagrin. Quand je savais. Ce qu'était d'aimer.
Rien de rien.
Pas envie de projet avec toi. Les orangers croulants de leurs fruits d'or, ou les vagues en parfum d'iode violent, comme j'en ai rêvé ! Mais non, vraiment pas. Pas avec toi. Juste la tasse fumante de la soirée. Même les repas avec mes amis... vois-tu, cela m'ennuie qu'ils te regardent comme si. Moi je sais que tu ne seras pas toujours là, je voulais juste partager avec toi leur amitié. Tu ne prendras pas l'odeur de ma maison, et sa poussière familière ne se parsèmera pas de tes cheveux épars. Non, je ne veux pas te dire où je range les serviettes.
A quoi bon ?
Tu es de passage. Je ne veux pas que tu t'attaches, je ne t'ai donné aucun espoir, ni dit de mot tendre. Jamais. J'ai toujours été comme il faut, avec juste de la douceur en dosettes, du respect empaqueté. M'aimer ? Moi ? Quelle drôle d'idée.
Je ne peux pas aimer, c'est ainsi.
Pas toi. Tu es mon tendre ami. Accepte le, je ne peux te donner que ce je suis capable d'offrir. N'attends rien. Rien que je ne puisse t'offrir. Mon coeur bat, comme il doit le faire. En mécanique si coutumière. Oh, comme il battait fort, avant !


