Non, je ne fais rien, rien du tout. Si je veux t'accompagner ? Mais bien sûr, j'ai encore des milliers de choses à te dire, à entendre. Oui, allons marcher un peu au Jardin. Tu as été au théâtre hier ? Raconte ! Tu sais bien raconter. Oui, j'aurais certainement ri moi aussi ! Pourquoi ne veux-tu pas aller là-bas ? Ne sois pas triste, petit scarabée. Est ce à cause de ce géant débonnaire aux écorces si belles ? Mais si, viens. Ce n'est pas grave, ce ne doit pas être un lieu de sépulture, ni un arbre maudit. Tu vois ? Nous y sommes, sans même que tu ne t'en sois rendu compte. Regarde, je touche même son tronc sans qu'il ne me brûle la paume. Tu ne veux pas essayer ? Non ? Ce n'est pas grave, vraiment. Nos mains resteront dans nos poches, en sécurité.
Allez, viens boire un café, nous resterons debouts, au comptoir. Seuls des amis peuvent faire cela. Et éclater de rire pour un rien. Juste parce que nous nous connaissons si bien. On s'en moque de l'émotion, à couper au couteau, en couleurs à délaver du doigt. On s'en moque des yeux un peu flous parfois. Tu verras, nous aurons toujours du bonheur de nous parler. Tu le sais, nous ne pouvions pas nous quitter comme eux.
Comme ceux qui poinçonnent en confettis leur histoire écrite. Comme ceux qui ferment les portes en silences épais. Et égorgent les souvenirs de mots tueurs.
Nous serons des amants désunis, tout simplement.